Bridet, Jacques

Biographie


Né le 23 mai 1787 (mais le 23 mai 1785 in Archives nationales F/15/3839) à Chasselas (Saône-et-Loire). Ancien militaire durant onze ans sous l’Empire, au 6e de hussard et aux Mamelucks, devenu bottier ou cordonnier en chambre. Il fut brûlé par une déflagration d’une livre poudre à canon qu’il portait sur lui et atteint au poignet, au bras, aux doigts gauches et à la face, le 29 juillet sur la place du Louvre. Il fut soigné à l’Hôtel-Dieu ; tous les doigts de chaque main étaient dénudés par les brûlures mais était en voie de guérison au 10 août 1830, selon le certificat signé du docteur Dupuytren. Il reçut (sous le nom de Bride) un secours de soixante-dix francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il fut admis (sous le nom de Bridès, Jacques) dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (pas sur les listes du Bulletin des lois). Il reçut, à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il était marié à Grosjean, Anne, blanchisseuse en fin, née le 11 mars 1791 à Vy-lès-Lure (Haute-Saône), et était père de deux enfants en 1830. En 1835, il sollicita, en ces termes, des secours auprès du ministère du Commerce et des Travaux publics : « […] Ancien militaire, plein d’honneur, sans pension ni retraite, ayant été blessé le 29 juillet 1830 à l’affaire du Louvre, il vient solliciter de vos bontés de le faire participer aux secours que le gouvernement accorde à l’honorable anniversaire des trois mémorables journées aux Français qui ont coopéré à cette heureuse révolution. L’exposant, père de famille, deux enfants en bas âge, d’une moralité reconnue, simple ouvrier, sans fortune ni ressources ose espérer que vous daignerez accueillir favorablement sa demande, ce dont il vous aura une reconnaissance infinie. » Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Le sieur Bridel [sic] […] est marié et exerce la profession de cordonnier en chambre. Sa femme est blanchisseuse. Ils ont un enfant, qu’ils ont laissé à la charge de leur famille. Leurs ressources sont assez bornées. Néanmoins on ne leur connaît point de dettes. Ils paient régulièrement leur loyer et possèdent un mobilier de quelque valeur. Ils ont la réputation de gens probes et fort tranquilles. Le sieur Bridel [sic] n’est point décoré de Juillet ; mais il paraît certain qu’il a pris une part active aux combats des trois jours et qu’il a reçu plusieurs blessures pour lesquelles M. Dupuytren lui a donné des soins, ce qui est attesté par un certificat de ce dernier. » Bridet reçut, cette année-là, un secours de quarante francs, et un secours de cinquante francs en 1837. En 1838, « blessé et décoré de Juillet (sic) […] grièvement blessé par une explosion de poudre à canon, dont il était porteur en assez grande quantité, […ayant] totalement perdu l’œil gauche, outre les douleurs incessantes qui le font continuellement souffrir », père de famille, dans une « position déplorable », inscrit au bureau de charité, il sollicita un secours. Le préfet de la Seine donna, à cette occasion, comme renseignement qu’il était « digne d’intérêt ». Il reçut un secours de quarante francs en 1838. Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Il reçut un secours de soixante-cinq francs en 1840. En 1841, la préfecture de police donnait comme renseignements sur son compte qu’il était marié, sans enfant, que lui et sa femme gagnaient bien leurs vies, ne paraissaient pas dans le besoin et que les renseignements recueillis sur leurs comptes leur étaient favorables. Il reçut un secours de quarante francs en 1841, un secours de vingt-cinq francs en 1842, un secours de quarante francs en 1843, un secours de quarante francs en 1844. En 1845, « ses infirmités croissantes et incurables le privent de travailler. Il n’a d’autres moyens d’existence que ce qu’il reçoit de l’indigence, il est à la veille de se trouver sans asile faute de moyens pour payer son loyer » En 1847, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié et père d’un fils âgé de treize ans, qui est élevé par un de ses parents, la position nécessiteuse du sieur Bridet ne lui permettant pas de supporter cette charge. Il jouit d’une bonne réputation sous tous les rapports. » Il reçut un secours de soixante-cinq francs en 1847, un secours de quarante francs en 1848. Le dossier de Bridès, Jacques, a été dans le classement du ministère de l’Intérieur, la victime d’un employé facétieux, qui, l’ennui devant sans doute le disputer à la malice, a transformé au crayon à papier les indications officielles et imprimées de Commission des récompenses nationales des journées de Juillet en Commission des récompenses nationales des journées de juin 1848, et certifiant que Bridès avait été atteint dans les journées de juin 1848 au lieu de dans les journées de Juillet. En 1849, la préfecture de police donnait comme renseignements sur son compte qu’il était dans une position précaire et jouissait « d’une fort bonne réputation sous tous les rapports ». Il reçut un secours de quarante francs en 1849, à titre de blessé de Juillet, deux secours de cinquante francs en 1851. En 1852, la même administration rapportait qu’il était médaillé de Juillet, sous le nom de Bridet, Jean-Jacques, et ajoutait : « Il est ouvrier à façon et gagne environ deux francs par jour. Sa femme est blanchisseuse et le produit de son travail n’est que de soixante-quinze centimes à un franc par jour, eu égard au manque d’ouvrage qu’elle éprouve quelquefois. Ce ménage, qui n’a qu’un fils, âgé de quatorze ans, élevé chez sa grand-mère, est dans une position supportable sinon aisée. Le sieur Bridet est un ancien militaire de l’Empire, qui est représenté dans son voisinage comme un brave homme sous tous les rapports. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, un secours de cinquante francs en 1853, un secours de quarante francs et un autre de trente francs en 1855. En 1856, « décoré blessé de Juillet », dans une « position critique », sa femme âgée de soixante-six ans, infirme des deux bras, lui-même ne pouvant pas travailler comme il le voudrait, contraint de chercher un logement hors de Paris à cause de la cherté des loyers, mais « la commune où il réside ayant trop de malheureux à sa charge n’a pu continuer l’assistance à laquelle il avait droit », se flattant d’avoir toujours été « un bon ouvrier, qui cherche à faire honneur à ses affaires », il sollicita un secours. Il reçut un secours de quarante francs en 1856. En 1858, le cabinet du préfet de police rapportait sur son compte qu’il était médaillé de Sainte-Hélène, dans une situation très précaire parce que, à cause de la faiblesse de sa vue, il ne pouvait plus travailler et tenait une bonne conduite, qui le rendait digne d’intérêt. Il reçut un secours de quarante francs en 1858, un secours de quarante francs en 1859, un secours de quarante francs en 1860, un secours de quarante francs en 1861, un secours de quarante francs en 1862. En 1863, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Gagne en moyenne deux francs par jour à faire des raccommodages de chaussures ; le bureau de bienfaisance de son arrondissement lui fournit des secours en nature ; on ne lui connaît pas d’autres moyens d’existence. Sa conduite et sa moralité ne font l’objet d’aucune remarque défavorable ; il ne paraît pas s’occuper de politique. En résumé, son âge avancé et sa position précaire semblent le rendre véritablement digne d’intérêt. » Il reçut un secours de quarante francs en 1863, un secours de quarante francs en 1864, un secours de quarante francs en 1866. En 1864, dans une demande de secours, il se dit décoré de la Croix de Juillet. Il mourut le 14 février 1866. Le 13 avril 1867, sa veuve, infirme et presque aveugle, fut admise, à titre d’indigente, à La Salpêtrière, division Saint-Charles, salle Sainte-Angèle ; elle reçut un secours de quarante francs en 1866. Bridet demeurait 15, rue Planche-Mirbray en 1830 ; 5, rue de la Tacherie en 1831 (mais 15, rue de la Tacherie in Archives nationales F/1dIII/82 dans létat imprimé) ; 9, rue des Arcis en 1835 ; 12, rue de la Cité en 1837-1838 ; 14, rue de la Bûcherie en 1845-1847 ; 2, rue de l’Hôtel-Colbert, un loyer annuel de cent soixante francs, en 1847-1849 (et pourtant aussi en 1851 in Archives de la préfecture de police AA 369) ; 8, rue de Bièvres, un loyer annuel de cent quarante francs en 1849-1852 ; 42, rue de la Glacière en 1856-1859 ; 52, rue de la Glacière (il écrit 42 ou 52, rue de la Glacière) en 1860-1861 ; 42, rue de la Santé en 1862 ; 42, rue de la Glacière (mais 52, rue de la Glacière dans un rapport de police) en 1863 ; 43, rue de la Santé en mars 1864 ; 53, rue de la Glacière en octobre 1864 ; 56, rue de la Glacière en décembre 1864-1866 ; sa veuve, 56, rue de la Glacière en 1866-1867. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 13 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 14 (sous le nom de Bridé, Jacques) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du VIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 78 (sous le nom de Bridé, Jacques) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (sous le nom de Bridès, Jacques) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à des secours temporaires avec détermination de temps (deux ans) (sous le nom de Bridés, Jacques) ; Archives nationales F/1dIII/47 (sous le nom de Bridès, Jacques) ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 (sous le nom de Bridet, Jacques) ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement (sous le nom de Bridé, Jacques), p. 12-13 état des blessés indemnitaires et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 2e classe 2e catégorie (sous le nom de Bridé, Jacques) ; Archives nationales F/9/1155 (sous le nom de Bridet, Jacques) ; Archives nationales F/15/3839 secours à divers titres (sous le nom de Bridet, Jacques) ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 26 du budget de 1851 (secours à divers titres), minutes 153-155, idem Proposition d’accorder à quarante-quatre décorés et veuves de blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 2.375 francs, minutes 254-256, en date du 11 décembre 1852 (sous le nom de Bridet, Jean-Jacques). A noter que le préfet de police parle, mais une seule fois, de Bridel, Jacques…

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