Brière
Biographie
Libraire. Le Constitutionnel, en date du 12 août 1830, rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « M. Brière, libraire, est le premier garde national en armes qui se soit montré dans le faubourg Saint-Germain. Dès le 27 juillet, 7 heures du matin, il parcourait les quartiers de la Monnaie et de l’Ecole de médecine ; sa marche fut une sorte de triomphe, et son exemple ne tarda pas à être suivi. L’enthousiasme qu’il avait excité était tel, qu’environ cent cinquante chasseurs envoyés rue Dauphine, avec ordre de l’arrêter, ouvrirent leurs rangs et le laissèrent passer librement. Le même jour, à 9 heures, accompagné de M. Delaplace, ancien avoué et secrétaire définitif aux dernières élections, il s’empara du poste de l’Odéon, occupé par quatorze chasseurs et un sergent du 15e de ligne, qui firent leur soumission. Durant toute la journée du 28, M. Brière a combattu à la Grève ; il s’était retranché dans la maison du marchand de vin qui fait l’angle de la place et du quai. Dans la même soirée, il a habilement dirigé le mouvement de la colonne qui s’est emparée de la manutention des vivres et enlevé le convoi de pain et de vin destiné pour la garde royale. Le premier ordre du jour, du 29, sur l’organisation du gouvernement provisoire a été imprimé et affiché par ses soins et sur sa responsabilité. Dans la nuit du 29 au 30, il a accompagné les malles postes, et il a efficacement contribué à assurer leur départ, si nécessaire au repos de la France entière. Peu de citoyens ont fait davantage. » Et Le Temps, en date du 29 août 1830 : « Nous ne devons pas passer sous silence un exemple de patriotisme et de désintéressement dont nous avons été l’objet au jour du danger. Le 27 juillet, au moment où les gendarmes et les agents du dernier gouvernement envahissaient notre domicile, et s’apprêtaient à briser nos presses et à détruire notre propriété, un honorable citoyen s’empressa aussitôt de se faire inscrire au nombre de nos actionnaires ; nous dirons le nom de ce citoyen : c’est M. Brière, libraire. C’est le seul éloge qu’il nous soit permis de lui adresser, maintenant qu’il est au nombre de nos amis. » Le Constitutionnel, 12 août 1830 ; Le Temps, 29 août 1830.