Brieux, Jean

Biographie


(sous le nom de Brieu, Jean dans son acte de naissance) le 20 ventôse an XII (11 mars 1804) à Lussac (Gironde), fils de Brieu, Emery, barbier, et de Brieu, Marie. Compagnon charpentier. Il participait à l’abattage des arbres à la porte Saint-Martin, le 28 juillet à 18 heures, quand il fut blessé d’un coup de feu à la main gauche. On trouve dans Croquis historique touchant lépoque actuelle, la mention suivante le concernant : « Jean Brieu (dit Libourne), natif de Lussac, (Gironde) compagnon charpentier, a secondé de tout son pouvoir la cause de la liberté. Ami de l’estimable Menoret (voir Menoret, Ambroise), dont la belle conduite nous est connue, comme lui il travaille aux barricades, qui peuvent servir de leçon aux tyrans ; il se dirige ensuite vers la porte Saint-Martin où il reçoit un coup de feu à la main gauche. Dans la matinée du 28, ce brave avait refusé de se rendre sur la sommation qui lui en fut faite par un bon nombre de soldats qui firent feu sur lui à diverses reprises. » Empêché, durant deux mois, de pouvoir travailler, il reçut (sous le nom de Brieu) un secours de quarante francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, attestons et certifions que le sieur Jean Brieu, compagnon charpentier, né à Lussac (Dordogne), était avec nous à l’abattage des arbres le 28 juillet. Il a été blessé à côté de nous à 6 heures du soir à la porte Saint-Martin et a été atteint d’une balle à la main gauche, qui l’a privé pendant deux mois de ses travaux habituels. » Signé, le 14 octobre 1830 (pour les noms lisibles) : Bourcier ; Rosier ; Romain, Louis ; Petit, Louis ; Laurans ; Menoret, chef d’atelier chez Bell. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris et domicilié à La Villette, certifie avoir donné mes soins au sieur Brieux, charpentier, rue de Flandre n° 151, à La Villette, pour un coup de feu (balle) reçu le 28 juillet présente année près de la porte Saint-Martin, à la face dorsale de la main gauche, où il existe encore une cicatrice très apparente et que cette blessure l’a privé pendant près de deux mois de vaquer à ses travaux journaliers. » Signé, le 14 octobre 1830 : Corsin. Il fut admis dans la 2e catégorie de 2e classe des blessés avec une indemnité de six cents francs accordée sur deux ans auprès de la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis (sous le nom de Brieu, Jean). Il reçut (sous le nom de Briex, Jean), à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la Croix de Juillet. En 1849, sans travail depuis longtemps, il sollicita des secours. La police précisait qu’on donnait sur son compte « de très bons renseignements sur sa vie politique et privée » Il reçut un secours de soixante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet. En 1850, les mêmes sources ajoutèrent : « […] Presque continuellement malade depuis quinze ans, ne peut travailler que trois ou quatre jours par semaine. Il tient un petit garni, rue Château-Landon, ce qui n’améliore pas sa position car ses locataires ne le payent pas. Il doit trois termes à son propriétaire pour un loyer annuel de cinq cents francs. C’est un honnête homme qu’on ne représente que sous de bons rapports et qui n’est pas heureux. » Il toucha cinquante francs de secours en 1850 et cent vingt francs en 1851. En 1853, toujours les mêmes sources précisaient qu’il était marié, sans enfant, et qu’il joignait à son état de charpentier, les profits d’un garni dans lequel on acceptait dix lits occupés, ce qui le plaçait dans une bonne position pécuniaire. Il demeurait 29, rue Saint-Maur puis 151, rue de Flandre à La Villette en 1830 ; 3, rue de Louvois en 1831 ; 3 (devenu 5 en 1850), rue Château-Landon de 1849 à 1853. Croquis historique touchant lépoque actuelle, chez l’auteur, rue de la Paix, n° 13 et chez Dondey-Dupré, Paris, septembre 1830, p. 29 (sous le nom de Brieu, Jean) ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 9 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 9 (sous le nom de Brieu, Jean) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe de larrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 91, liste nominative du IIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 115 (sous le nom de Brien) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves qui ont formé des demandes de secours, et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 29 mai 1849, minutes 57-61, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99 (sous le nom de Brieux, Jean), idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163 (sous le nom de Brieux, Jean). Il sagit sans doute de Brieu, Jean ?

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