Briolat, François
Biographie
Né le 8 mai 1804 à Paris. Fils d’un soldat de la république et de l’Empire pendant quinze années, lui-même cordonnier pour femme ou chaussonnier (blanchisseur in Archives de Paris Vbis7K4 2, in Archives de Paris Vbis7K4 4 et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il tua un gendarme le 27 juillet, sur la place du Palais-National, combattit les 28 et 29 juillet à l’Hôtel de ville, au Louvre, aux Tuileries et à la prise de la caserne de Babylone. Après les combats, il fit partie d’un poste pour le maintien de l’ordre, puis participa à l’expédition de Rambouillet. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Briolot, François sur les listes du Moniteur universel). Il signa, le 15 novembre 1830, le certificat suivant en faveur de Delarue, Hippolyte, Alexandre : « Nous, soussignés, certifions que M. Delarue, Hippolyte, Alexandre, régisseur, ancien lieutenant de grenadiers au 10e bataillon de la 1re cohorte de la Manche en activité à Cherbourg, (1re compagnie), présentement chasseur à la 4e compagnie du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale depuis six ans, demeurant à Paris, avenue de Breteuil n° 4, s’est conduit d’une manière vraiment digne d’éloges dans les mémorables journées des 28 et 29 juillet dernier, en se portant avec un zèle et un empressement tout particulier aux barricades des rues de notre quartier, notamment le 29 à celle de Babylone, où, sous une pluie de balles venant de la caserne des Suisses, en a su néanmoins en achever les barricades, au mépris du danger, qu’il a su braver en combattant quelques instants après contre ces mêmes Suisses, jusqu’à la reddition de leur caserne et de leur entière défaite ; d’où, incontinent, il s’est porté avec nous en tirailleurs sur l’Ecole militaire pour l’attaque du poste de cette caserne, duquel nous nous sommes rendus maîtres en le mettant en déroute, ainsi que les autres postes en dépendant ; que ledit jour 28, il a parcouru avec nous les différents points où l’on se battait, cherchant et demandant des armes pour combattre et ce tant au Louvre en traversant le pont des Arts qu’aux approches de la place de Grève ; qu’enfin, après ces jours d’orage et de gloire, l’avons vu se présenter et venir s’offrir aux premiers postes établis pour la sécurité et le maintien de l’ordre provisoire du quartier, tant pour y faire faction que pour la faire faire, comme chef de poste. Estimons que la conduite toute dévouée dans ces différentes circonstances à la liberté et à l’auguste monarchie de Louis-Philippe Ier, roi des Français, dont il s’est montré vrai partisan, doit lui mériter l’estime et la considération de tous ses concitoyens et, sous tous les rapports, des droits à la bienveillance nationale !!! » Il apostilla la lettre de Beaugas, Honoré, que celui-ci fit parvenir au roi, le 23 juillet 1831, pour tenter de faire valoir ses droits à la décoration, pour laquelle ses droits avaient été négligés par la Commission des récompenses nationales. Sa médaille lui fut délivrée le 16 juillet 1831 et son brevet le 25 août de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En février 1848, sitôt la république proclamée, son fils âgé de dix-huit ans, combattant de Février, s’enrôla dans la garde mobile. Un autre de ses fils était aussi militaire. Il reçut un secours de quarante francs en 1848. En 1849, il dit avoir été « toujours présent aux prises d’armes de ma légion, les jours de danger que nous venons de passer ». A cette époque, la police donna sur lui les renseignements suivants : « Sa conduite et sa moralité sont sans reproche. Ami de l’ordre, […] bien représenté sous tous les rapports. » Il toucha quarante francs de secours en 1849, à titre de médaillé de Juillet, de cent vingt francs (en deux fois) en 1851, soixante francs en 1852, soixante francs en 1853, cinquante francs en 1854, quarante francs en 1855, la même somme en 1856. En 1857, la police, appuyant favorablement sa demande de secours, précisait : « Position nécessiteuse. Le sieur Briolat s’est conduit en homme d’ordre pendant les événements de 1848 et il est digne d’intérêt. » Il toucha, cette année-là, quarante francs. En 1861, elle renseignait que le mari et la femme travaillaient, paraissaient gagner de quoi suffire aux besoins du ménage et que les renseignements recueillis sur leur moralité et leur conduite leur étaient favorables. En 1864 enfin : « […] Effectivement atteint depuis dix-huit mois d’une paralysie de la jambe droite, qui l’empêche d’exercer son état d’ouvrier chaussonnier ; sa femme, âgée de soixante-huit ans, ne peut non plus se livrer à une occupation lucrative, par suite des soins qu’elle est constamment obligée de lui donner. Les époux Briolat qui en 1861 étaient à l’abri du besoin se trouvent actuellement dans une position extrêmement précaire ; ils ne possèdent aucune ressource personnelle et ils en sont réduits pour vivre à vendre leurs effets mobiliers au fur et à mesure de leurs besoins. On représente le pétitionnaire sous les rapports les plus satisfaisants ; enfin il travaillait depuis vingt-huit ans pour le même négociant lorsque ses infirmités l’ont condamné à l’inaction. » Il toucha, pour l’année 1864, un secours de cinquante francs. Il était caporal à la 5e compagnie du 1er bataillon de la IIe légion de la garde nationale. Il demeurait 5 bis, avenue de Breteuil en 1831 ; 32, rue d’Argenteuil, un logement de deux cent cinquante francs par an, de 1848 à 1864. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831. Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beaugas, Honoré ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Delarue, Hippolyte, Alexandre.