Briquet, Pierre
Biographie
Né le 12 janvier 1796 à Châlons-sur-Marne (Marne). Médecin, reçu à la faculté de Paris le 11 septembre 1804. Il établit une ambulance avec les docteurs Raffin, Olivier (d’Angers), Favroit et Bézian, dont la maison tout entière fut mise à la disposition des blessés. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le seul nom de Briquet sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Dans le témoignage de sa propre participation aux combats de Juillet, que rédigea Giraud-Dulong, François, étudiant en médecine, il donnait les indications suivantes sur Briquet, à l’occasion de l’attaque du Louvre, le 29 juillet : « Je recueillis et pansai plusieurs blessés dans les allées et je les fis transporter dans une petite ambulance qui s’était formée dans la cour de M. Colin, cul-de-sac Sourdis, mais elle fut bientôt encombrée. Non loin de la palissade, un de ces hommes qui paraissaient diriger le mouvement, décoré du ruban rouge, redingote bleue, chapeau rond, fut frappé d’une balle à l’épaule. Je le transportai avec des ouvriers rue Baillet, chez M. Briquet. Ce monsieur me remarqua, voulut bien m’adresser des félicitations, me supplia de lui procurer des brancards et des moyens de transport. Je retournai à l’Hôtel-Dieu. Je demandai des brancards à M. Dupuytren, qui n’eut d’autre chose à me dire Sinon vous a-t-on remarqué et me refusa. » Giraud-Dulong, dans ce même récit, précisait qu’on pouvait invoquer son témoignage pour certifier sa conduite. Dans le récit que fit Tardieu, Pierre, Antoine de sa propre participation aux combats, on trouve les indications suivantes concernant Briquet : « […] Le sieur Sandoz (voir Sandoz, Jean-Baptiste), horloger, dont la carabine venait de crever dans sa main, rentrait en même temps que moi et comme je perdais beaucoup de sang, il me donna le bras pour me conduire rue Baillet, n° 5, à une ambulance, où je vis une vingtaine de blessés, tous atteints dans le corps. Je fus pansé par les docteurs Briquet, Besian (voir Bezian, Dominique) et Olivier (voir ce nom) […]. » Jardy, Auguste (voir ce nom), se recommandait de lui comme l’ayant remarqué ramassant des blessés et les portant à l’ambulance de la rue Baillet. Il signa, le 17 août 1830, le certificat suivant en faveur de Darbourg, François : Je, soussigné, docteur médecin, professeur agrégé près la faculté de Paris, demeurant rue Baillet, n° 5, certifie avoir reçu chez moi le 29 juillet dernier le nommé Darbour, François (sic), âgé de cinquante-deux ans, lequel venait d’être frappé d’une balle qui, après avoir fracassé l’épaule droite et brisé la colonne vertébrale, était sortie au-dessous de l’épaule gauche. Certifie de plus que cet homme est mort vers 4 heures de l’après-midi, peu d’instants après avoir été transporté de chez moi dans l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. » Il signa, le 26 août 1830, le certificat suivant en faveur de Etienne dit Heurtaux, Antoine : « Je, soussigné, docteur médecin, professeur agrégé de la faculté, demeurant rue Baillet n° 5, certifie que le nommé Heurtaux, Antoine, a été reçu chez moi le 29 juillet 1830 pour y être soigné d’une blessure grave qu’il venait de recevoir près du Louvre. » Il signa, le 11 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Saint-Romain, Jean-Pierre : « Je, soussigné, docteur médecin, professeur agrégé de la faculté, demeurant rue Baillet n° 5, certifie que le nommé Saint-Romain, Jean-Pierre, âgé de trente et un ans, ouvrier, a été reçu chez moi, le 29 juillet dernier, pour y être pansé à raison d’un coup de feu qu’il venait de recevoir au Louvre, en combattant et qui avait traversé la partie supérieure de l’avant-bras droit, en fracturant l’un des os de cette partie. » Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 12 septembre 1832. Il demeurait 5, rue Baillet en 1830-1833. Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 192-193 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 334-335 ; Le Réveil du lion ou Paris dans les immortelles journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; précis des événements, heure par heure… suivi d’un chant triomphal… par un patriote de 89, Paris, Lerosey, 1830, p. 200 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusqu’au 31 mai 1833 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Giraud-Dulong, François ; Archives de Paris VK3 53 in dossier Tardieu, Pierre, Antoine ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/52 in dossier Darbourg, François ; Archives nationales F/1dIII/58 in dossier Etienne dit Heurtaux, Antoine ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Saint-Romain, Jean-Pierre ; Archives de la préfecture de police AA 394 in dossier Jardy, Auguste. Il y a, in Archives de la préfecture de police AA 366, un Briquet, Pierre, décédé en avril 1844, condamné politique sous la Restauration, domicilié dans le département du Rhône, dont le préfet demande la suppression des secours qui lui sont habituellement distribués, à raison de son décès. Est-ce lui ?