Bro, Louis

Biographie


Né le 17 août 1781 à Paris, fils de Bro, Jean-Louis, notaire, et de Pelletier, Francine, Angélique, son épouse. Colonel. Nommé chevalier de la Légion d’honneur le 1er octobre 1807, officier le 25 février 1814. On peut lire dans les Mémoires du maréchal de Castellane les faits suivants le concernant : « Le lendemain [23 mars 1817], un grand nombre de gardes du corps, d’officiers de la garde royale, ayant pour signe de ralliement un ruban blanc noué à la boutonnière, se réunirent au Palais-Royal. Ils se promenaient en bourgeois avec de gros bâtons ; plusieurs duels eurent lieu entre eux et des officiers à demi-solde. Ils firent ôter des bouquets de violettes à des femmes et insultèrent plusieurs personnes dont quelques-unes avaient la croix. Les colonels Moncey et Jacqueminot furent mis en prison à l’occasion de ces désordres. Ce fut une mauvaise affaire. On avait bien tort de permettre à des officiers de la garde de délibérer. Un bourgeois portant innocemment, aux Tuileries, un bouquet de violettes eut les dents cassées. La pluie fut, le 25, favorable à la cessation des rixes. Le 27, un capitaine d’infanterie de la garde royale de ronde cria au factionnaire vis-à-vis de la place Vendôme qui avait laissé passer un homme avec un bouquet de violettes : “Vous n’exécutez pas votre consigne. Il fallait lui passer votre baïonnette au travers du corps.” Beaucoup de monde se rassemble ; un monsieur sur le trottoir, donnant le bras à une dame, contemplait l’attroupement ; cet officier le fixe et lui dit : “Ne me regardez pas, cela me déplaît. Le passant lui demande le pourquoi ; le capitaine se précipite sur lui, lui donne un soufflet ; l’insulté lui demande son adresse, l’officier la refuse. Le monsieur lui remet la sienne en lui disant : “Vous ne serez pas assez lâche pour ne pas venir me trouver, quoique vous ayez fait une platitude, étant armé, d’attaquer un homme qui ne l’est pas.” Le capitaine lui répond : “Je vais vous faire arrêter ; je n’irai pas vous trouver.” Le passant réplique : “C’est tout ce que je demande.” L’officier le prend au collet, appelle des gardes du jardin ; ils l’emmenèrent. L’histoire me fut racontée par un témoin oculaire, chacun s’empressa de secourir la dame. L’insulté était M. de Bro, fils d’un ancien notaire de Paris, colonel à demi-solde. Le capitaine du 3e régiment d’infanterie de la garde se nommait Lallemand. Ils se battirent le 29 mars, tirèrent chacun trois coups de pistolet l’un sur l’autre ; les témoins trouvèrent que c’était assez. Au second coup, M. de Bro avait reçu une balle dans la jambe ; le capitaine Lallemand s’écria alors : “Ce n’est pas juste. J’aurais dû être blessé ; j’avais tous les torts. Un ordre de la garde défendit les bouffettes blanches, et tout rentra dans l’ordre. » Il fut nommé, dès les premiers jours qui suivirent la révolution, colonel de la IIe légion de la garde nationale. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Barré, Jean, Joseph, Josse, dans une lettre qu’il adresse au général Jacqueminot, chef d’état-major de la garde nationale, pour tenter d’obtenir une promotion dans la garde nationale, rappelait les conditions dans lesquelles Bro apparut à la tête de la IIe légion de la garde nationale : « Les fameuses ordonnances parurent. Je n’hésitai point à me mettre à la tête du mouvement qui éclata dans mon quartier. C’est moi qui, dans ce moment difficile, fut chargé le premier de l’organisation périlleuse et de la direction des détachements de gardes nationaux, dont plus tard le colonel Bro prit le commandement, à son arrivée à la place du Palais-Royal. » Dans une lettre adressée à la Commission des récompenses nationales par Bidon, Joseph, pour obtenir un emploi, ce dernier écrit : « Le vendredi 30 juillet, l’exposant prit M. Jacques Laffitte à son hôtel et l’escorta jusqu’à la Chambre des députés, où il fit le service toute la journée sous les ordres d’un commandant de la Vieille Garde impériale, nommé à ce qu’il croit M. Bro. Lhéric, Brunswick, dans le récit qu’il faisait de sa propre conduite pendant les événements de Juillet, donnait les informations suivantes sur Bro : « […] Revenu sur les boulevards et entré le premier, mais en ami, dans un carré d’infanterie de ligne, dont un officier me promit de ne pas tirer. C’est ce même régiment qui se rendit ensuite chez Laffitte. Mon ami Frédéric Soulié (voir Soulié, Frédéric, Melchior) et moi étant avec le colonel Bro au poste de la rue Cadet, lui proposâmes de nous emparer avec les quatre ou cinq cents hommes qui nous suivaient des hauteurs de Montmartre, d’où l’on disait que l’armée royale voulait bombarder Paris. Patrouilles de nuit jusqu’aux Champs-Elysées, où nous nous attendions à trouver de la garde royale avec Leuven, Livry, Courtin, etc. » Comme colonel de la IIe légion de la garde nationale, il joignit « avec plaisir » son témoignage à celui de tous ses camarades concitoyens et recommanda Rudeau, Messidor, Brutus à la bienveillance des autorités pour l’emploi d’une place. Dalmont, François, Michel, Elisabeth, devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, quand il rappelait la conduite qu’il avait tenue en juillet 1830, donnait les précisions suivantes concernant Bro : « […] Lorsque la première étincelle éclata, je retrouve mon ancien uniforme, mon fusil et fourniment et sur la place publique la première personne que je rencontre, place Cadet, fut le colonel Bro, portant l’habit de garde national, couvert d’un chapeau bourgeois, qui m’offrit sa cocarde tricolore et me constitua chef de poste de la place Cadet avec quelques volontaires sous notre main et nous avons maintenu constamment l’ordre dans le quartier […]. » Il signa, le 9 août 1830 et comme « colonel de la IIe légion de la garde nationale », le certificat suivant en faveur de Pautrier, Jean, Joseph, Jacques : « Je certifie que M. Pautrier, Jean, Joseph, Jacques, élève en médecine, logé rue des Martyrs n° 21, a, sous mes yeux, pris et porté les armes dès le 28 au matin ; qu’il a été faire le coup de fusil dans le quartier du Palais-Royal, après quoi, rentré au poste central de la légion, il a concouru à la défense du quartier et a pris part avec constance et dévouement à toute espèce de service militaire, de nuit et de jour et presque sans interruption. M. Pautrier, de plus, a prodigué des soins à plusieurs de nos blessés. C’est avec grand plaisir que je donne ce témoignage de satisfaction au neveu d’un homme célèbre à juste titre, de feu Manuel, député de la Vendée. » Il signa, le 25 novembre 1830, certificat suivant en faveur de Gauvenet, Napoléon : « Le colonel commandant le régiment des chasseurs de Nemours, ex-colonel du 29 juillet au 14 août de la IIe légion de la garde nationale, certifie que le sieur Gauvenet, Napoléon a fait partie, le 29 et jours suivants, du rassemblement sous son commandement ; qu’il a servi avec zèle et dévouement, notamment rue de Richelieu (où il a perdu son frère, mort à l’hôtel-Dieu dans les premiers jours d’août). Ce jeune homme, Gauvenet, Napoléon, avait été blessé, le 28 d’un coup de sabre au genou mais légèrement. Il a fait partie du détachement que la IIe légion a envoyé à Rambouillet. » Huet signa le certificat suivant en faveur de Hertz, Georges, et dans lequel il est fait mention de Bro : « Je déclare que dès le 30 juillet M. le colonel Bro me recommanda le nommé Georges Hertz comme l’un des hommes les plus méritants parmi ceux qui avaient pris part aux journées du 28 et du 29 juillet. Il venait d’être blessé et était confié aux bons soins de M. Hermé. » Un certificat délivré en faveur de Gillet, Jean-François donne les indications suivantes concernant Bro : « Nous certifions que Jean-François Gillet, jardinier à Montmartre, a constamment combattu à nos côtés, qu’il ne nous a point quitté un seul instant pendant tout le temps qu’a duré le danger et qu’il s’est empressé de se réunir à nous avec la troupe qu’il avait recrutée, pour nous suivre rue de Richelieu, le 29 du mois dernier, où nous avions reçu l’ordre de M. le comte de Laborde et le colonel Bro de nous rendre pour repousser l’ennemi qui occupait cette position […]. » Une déposition de Hurez, Félix, Désiré, faisait ainsi mention de Bro : « Le 29 au matin, après avoir passé la nuit à l’état-major de la place Cadet, je me portai au Louvre, d’où je ne revins qu’après y être entré et avoir chassé les Suisses. De retour chez moi, je fus envoyé par le colonel Bro, commandant notre quartier, en reconnaissance à Montmartre. Après avoir rempli ma mission, je continuai de monter la garde aux différents postes qui me furent désignés. Le samedi, je marchai sur Vincennes, sous les ordres du colonel Bro, lorsqu’on battit le rappel pour aller à Rambouillet. » Dans le récit que fait Opigez de sa conduite pendant les événements de Juillet, il y a les faits suivants qui peut-être se rapportent à Bro : « […] Dans la journée du 29, on le (lui, Opigez) vit à la caserne Poissonnière avec le colonel Braut, aux Petits-Pères, au Théâtre-Français et enfin à la prise des Tuileries. […] » Il signa, le 6 janvier 1831, comme ancien colonel de la IIe légion de la garde nationale parisienne, aujourd’hui colonel du 1er régiment de chasseurs à cheval, le certificat suivant en faveur de Baucher, Paul : « Je certifie que M. Paul Baucher a fait partie du rassemblement sous mes ordres, dans les journées de Juillet, et qu’il a commandé avec intelligence et dévouement une vingtaine d’hommes que je lui avais confiés. Lorsque, plus tard, j’ai été chargé du commandement et de l’organisation de la IIe légion de la garde nationale, il a continué à se rendre utile. Je crois qu’il est de toute justice de le bien traiter et je prends la liberté de le recommander à MM. les membres de la Commission. » Il signa, en juin 1831, le certificat suivant en faveur de Lotineaux, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie que le sieur Lotineaux faisait partie du rassemblement armé que je commandais le 29 juillet et jours suivants et qui a servi de noyau à la IIe légion de la garde nationale parisienne. Ce brave homme mérite l’intérêt que je prie le général Jacqueminot de prendre à lui. » En 1831, Bro était colonel aux chasseurs de Nemours. En 1837 il était inspecteur de la cavalerie en Afrique et commandant d’une brigade à Alger. Il fut nommé commandant de la Légion d’honneur le 21 mars 1831, grand officier de la Légion d’honneur le 24 décembre 1837. Il mourut le 20 décembre 1844. Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862, tome premier (1804-1823), paris, Plon, 1895, p. 337 ; Le Constitutionnel, 31 juillet 1830 ; Le Moniteur universel, 1er août 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juit, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Hertz, Georges ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Hurez, Félix, Désiré ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Opigez, Pierre, Joseph ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Bidon, Joseph ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Gouvenet, Napoléon, idem in dossier Gillet, Jean-François ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lhéric, Brunswick ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Rudeau, Messidor, Brutus ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries, décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 in dossier Barré, Jean, Joseph, Josse ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Baucher, Paul ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Boyaud, Louis ou dans le récit que fait ce dernier de sa propre participation aux combats, il dit que « Le colonel Bro, alors capitaine ou chef de bataillon, peut se rappeler un jeune homme qu’il envoya chez M. Laffitte demander les ordres du général qui s’y trouvait et que plus tard il détacha en avant-garde pour prendre ceux du général Lafayette qui passait dans la rue Montmartre pour aller à l’hôtel de ville » ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Catelin, Henry, Louis (dans lequel Catelin se plaignait d’avoir été victime de sa part pendant les combats des trois jours d’une « lâche et scandaleuse arrestation ») ; Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier Dalmont, François, Michel, Elisabeth ; Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Dediot, Léon, Napoléon (Dediot combattit sous ses ordres) ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Lotineaux ; Archives de la préfecture de police AA 406 in dossier Pautrier, Jean, Joseph, Jacques ; Base Léonore de la Légion d’honneur LH/369/36.

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