Brocard, Antoine
Biographie
Né le 30 frimaire an XIV à Echamey (Côte-d’Or). Ancien militaire, devenu ouvrier tourneur en bois. Il est répertorié (sous le numéro 171) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 7 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, à la rue Saint-Antoine et place de Grève. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 7 janvier 1831, à une voix pour la croix, trois voix pour la médaille et trois voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut condamné à dix-huit mois de prison, le 29 novembre 1832, par la cour d’assises de la Seine, pour sa participation à l’émeute des 5 et 6 juin 1832, pour « soustraction frauduleuse d’un fusil appartenant à autrui et port d’armes apparentes ». En 1836, journalier, père de trois enfants, sans ouvrage depuis plusieurs mois, « la mauvaise saison de l’hiver [ayant] augmenté sa profonde misère, se trouvant aujourd’hui sans aucune ressource », il sollicita des secours. Les renseignements de police précisèrent alors à son sujet : « Ne paraît pas à son aise, l’état qu’il exerce de tourneur en chaises lui étant d’un faible rapport ; sa réputation est bonne ». Il reçut soixante francs. En 1837, « dans un dénuement complet, manquant de tout, la majeure partie de ses effets au Mont-de-Piété, ne pouvant payer son loyer », il sollicita de nouveau des secours. Les mêmes sources de police précisèrent : « A été marchand fruitier dans le même quartier, mais il n’a pas réussi. Il a vendu alors tout ce qu’il possédait pour payer ses dettes. Maintenant il exerce la profession de tourneur en bois et sa femme est rempailleuse de chaises. Leur position n’est pas heureuse. Ils jouissent d’une bonne réputation. » Il reçut, pour cette année, cinquante francs. Il demeurait 28, rue de la Juiverie en 1830-1831 ; quai du Canal en 1832 ; 8, rue des Gobelins en 1836 ; 124, rue Saint-Victor en 1837. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le numéro 171) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 et idem demandes de secours ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 7 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives nationales BB/18/1330.