Brouet, (J ?)

Biographie


Dans une réclamation adressée au roi, le 3 août 1831, et apostillée de plusieurs décorés de Juillet, il énumérait ainsi ses droits à la décoration de Juillet, droits qu’il n’avait pu faire valoir à temps, étant absent de Paris : « Après avoir cherché tous les moyens possibles pour n’être pas militaire sous un gouvernement que je ne croyais pas libéral, je n’ai pas hésité un seul instant pendant les trois journées à m’armer, à passer trois jours au poste de la barrière de Bonshommes, dont M. Migon (voir Migon, Alexandre) était le chef. Nous occupions ce poste plutôt comme camp que comme corps de garde puisque le jour nous faisions des sorties et que la nuit nous veillions à la sûreté publique, que pendant le jour, j’ai combattu sur le pont d’Iéna contre les chasseurs à cheval de la garde qui s’étaient embusqués au petit poste du Champ-de-Mars contre le pont. Le 29, lorsque le 6e régiment de la garde, les Suisses et autres détachements battant en retraite des Tuileries se sont repliés sur les Champs-Elysées, le corps des volontaires philippistes dont je faisais partie s’est avancé contre eux pour s’opposer à leur passage, à moins qu’ils ne missent bas les armes parce que nous ne voulions pas qu’il se rendissent à Saint-Cloud armés et que la nuit le poste a empêché plusieurs voitures chargées de marchandises prohibées de passer que, me trouvant en faction devant les armes le 28 au soir, j’ai arrêté un homme qui s’avançait sur moi, le pistolet chargé à la main, je ne sais dans quelle intention et deux cuirassiers montés qui voulaient passer la barrière ; que le 31, juillet au château de Saint-Cloud j’ai arrêté et conduit à la mairie un individu qui en sortait avec des rideaux et un habit richement brodé. Le 3 août, craignant que les troupes royales ne revinssent à Paris, je me suis empressé de courir à Rambouillet pour augmenter le nombre des vrais Français qui s’y trouvaient ; après y avoir passé la nuit et une partie du lendemain, je n’en suis sorti qu’avec les derniers et bien persuadé que l’ex-roi était parti et que les troupes de Charles X étaient disséminées et que, par conséquent, il n’y avait plus aucune crainte à avoir et que notre succès était certain. Qu’aussitôt que la garde nationale a été établie, j’ai tout sacrifié pour avoir l’honneur d’en faire partie comme grenadier. » Sa demande était revêtue des signatures de : Viard fils ; Robert ; Migon (voir Migon, Alexandre), décoré de Juillet ; Robin ; Chabasseur (voir Chabasseur, Pierre) ; Guitelle (voir Guitelle, Jacques, Charles). Il demeurait 18, rue de la Montagne à Passy en 1831. Archives nationales F/1dIII/47.

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