Browarniouck, Auguste, Victor

Biographie


Né le 24 avril 1798 (le 26 avril 1798 in Archives nationales F/1dIII/39 ; le 26 avril 1797 in Archives nationales F/15/3839) à Riom (Puy-de-Dôme). Peintre en bâtiment. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, un total de deux cent dix francs de secours, entre le 8 octobre 1830 et le 10 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (son nom est apostillé de la mention Belle conduite). Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Browarniouck mais le seul prénom de Victor). Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il comparut, le 24 février 1831, devant le maire du (ancien) IXe arrondissement, pour attester que le père de Lemonnier, Pierre, François (voir ce nom), Lemonnier, Pierre, âgé de quatre-vingt-un ans, ancien peintre en décors, était « dans un état complet d’indigence ; que par son grand âge il ne peut plus vaquer à aucun travaux et qu’il recevait beaucoup de soulagement de son fils, avant l’événement qui l’en a privé ». Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 21 mai 1831 à la mairie du IVe arrondissement, reçut sa croix le 21 juin et son brevet le 16 août 1831. Il fut un des décorés de Juillet qui signèrent, en septembre 1831, la pétition envoyée par Arrachart, Louis, Jules, Benoît, pour recouvrer les droits à la décoration, dont il avait été privé par une malveillance de Delanoy, commissaire à la Commission des récompenses nationales, et qui l’accusait d’intempérance. Cette pétition était ainsi rédigée : « […] S’est particulièrement distingué aux mémorables journées, où il fut blessé. […] Le jury a reconnu que par son patriotisme et son courage à combattre il a mérité la médaille ; mais, lui imputant calomnieusement l’habitude de se livrer à un usage immodéré de la boisson, a déclaré n’y avoir lieu à la lui accorder. Pour justifier que cette dernière circonstance est contraire à la vérité, tous les décorés du (ancien) IVe arrondissement et autres attestent ici que l’exposant a droit au signe des braves, l’ayant vu combattre et ayant été blessé, et qu’il n’a pas l’habitude qu’on lui reproche. Daignez, M. le ministre interposer votre autorité et faire opérer au dossier la radiation d’un fait injurieux et préjudiciable, qui n’y a été porté qu’à la suite d’une altercation entre le réclamant et M. Delanoy, alors commissaire à la Commission des récompenses nationales. Cet acte de justice de votre part n’échappera pas plus à la connaissance du roi qu’à l’opinion publique. » En 1830, il était marié et père de deux enfants. Il était porteur d’un certificat, établi en mars 1831, qui attestait qu’il jouissait « dans le quartier qu’il habite depuis plusieurs années d’une bonne réputation et qu’il nous est connu comme un ouvrier tranquille et qu’il a fait de grands sacrifices pour faire partie de la garde nationale, qu’il est sans ouvrage depuis longtemps ». Il fut élu caporal à la 1re compagnie de chasseurs du 3e bataillon de la IVe légion de la garde nationale le 30 mai 1831 (par erreur son brevet est au nom de Browarnouck). En 1836, père de deux enfants en bas âge, soutien de son père infirme, malade depuis plusieurs mois, resté sans ouvrage les quatre mois d’hiver, il sollicita un secours. A cette occasion, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Ouvrier peintre en bâtiment. Il est dans la force de l’âge mais on le dit paresseux et en outre adonné à l’ivrognerie. Il vit en concubinage avec une femme qui a le même défaut. Son inconduite est l’unique cause de la position malheureuse dans laquelle il se trouve. » Et en 1837 : « […] Il vit en concubinage avec une femme, ouvrière en linge ; quoique bon ouvrier, il travaille rarement ; on ne lui connaît pas d’autres ressources que son état et cependant il fait beaucoup de dépenses chez les marchands de vins. » En 1838, père de trois enfants en bas âge, « se trouvant dans une pénible position par le manque d’occupation, […] honnête homme, citoyen ami de l’ordre et de la tranquillité, n’ayant obtenu que cinquante francs il y a plus de trois ans », il sollicita un secours. Il était porteur d’un certificat ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants du quartier Saint-Honoré, déclarons bien connaître le sieur Browarniouck, peintre, demeurant rue du Chantre, n° 27, comme un honnête homme, père de famille, ouvrier paisible et partisan de la tranquillité publique, que depuis plusieurs années qu’il habite le même domicile, nous ne pouvons lui adresser aucun reproche ni sur sa conduite ni sur sa moralité, qu’il jouit avec justice de l’estime des personnes qui le connaissent. » Signé, le 2 février 1838 : Pinelle, boulanger, demeurant 22, rue Fromanteau ; Leblanc, demeurant 207, rue Saint-Honoré ; Patrelle, marchand épicier, demeurant 205, rue Saint-Honoré ; Drot, demeurant 28, rue du Chantre ; Blottière, demeurant 27, rue du Chantre. Il obtint un secours de vingt francs en 1839, de vingt-cinq francs en 1840. En 1841, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] A rarement de l’occupation ; sa femme est marchande sur éventaire dans les halles ; leur position est nécessiteuse. Les renseignements recueillis ne leur sont pas défavorables. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1841, un secours de soixante-cinq francs en 1842, un secours de vingt-cinq francs en 1843, un secours de vingt-cinq francs en 1844, un secours de soixante-cinq francs en 1845, un secours de soixante-cinq francs en 1846, un secours de vingt-cinq francs en 1847. Il participa à la révolution de Février et était porteur de très nombreux certificats, la plupart en double exemplaire, la Commission des récompenses nationales les ayant perdus. Le premier : « Nous, anciens membres de la Société des Droits de l’homme, déclarons sur notre honneur, que le citoyen Browarniouck, Victor, Auguste, peintre, était chef de section, qu’il tenait les séances chez lui en 1832, rue de la Grande-Friperie, 6, en 1833, rue du Chantre, que plusieurs sections se sont formées de la sienne ; attestons qu’il est un vrai et sincère républicain, tout dévoué, qu’il a été bien tourmenté par la police, que plusieurs visites ont été faites chez lui, ce qui lui causa beaucoup de tort. » Signé, le 22 mars 1848 : Feydas illisible, membre de la Société ex-facteur, demeurant 7, avenue de Neuilly ; Arbin, Alexis, détenu politique, membre de la Société, demeurant 31, rue Neuve-Saint-Martin ; Altmeyer, centurion dans ladite Société, demeurant 22, rue de la Tannerie en mars 1848 et 16, rue de la Tannerie en septembre 1848 ; Brocadet, détenu politique d’avril 1834, commissaire de quartier du (ancien) IIIe arrondissement des Droits de l’homme, demeurant 16, rue du Chantre ; Boirard, détenu politique, membre de la section, demeurant 32, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Boirard, détenu politique, demeurant bd des Vertus en mars 1848 et 15, avenue des Vertus en septembre 1848 ; Clémency, membre de la Société, demeurant rue de Reuilly. Le duplicata de ce certificat était ainsi rédigé, en septembre 1848 : Les citoyens soussignés, anciens membres de la Société des Droits de l’homme (1832), attestent et affirment que le citoyen Browarniouck était chef de section, qu’il tenait ses séances chez lui, que bien des sections se sont formées de la sienne, qu’il nous est connu comme un ancien et dévoué républicain, que bien des visites domiciliaires ont été faites chez lui, ce qui lui occasionna la perte de son établissement et que c’est un citoyen tout dévoué. » Signé, le 9 septembre 1848, les mêmes, auxquels s’ajoutait Niret, membre de la Société, demeurant 8, rue des Martyrs. Le deuxième certificat était ainsi rédigé : « Nous, habitants de la rue de la Tonnellerie, quartier de la halle, déclarons à la Commission du gouvernement que le citoyen Browarniouck, peintre, est bien connu de nous comme un bon patriote, honnête citoyen, que ses opinions républicaines sont bien attestées dans notre quartier, qu’il a demeuré dix années dans notre rue au numéro 42, que la police lui a causé beaucoup de torts. » Signé, le 22 mars 1848 : Ribot, propriétaire-épicier, 44, rue de la Tonnellerie ; Demenancourt, propriétaire, 42, rue de la Tonnellerie ; Borie, marchand de café, demeurant 40, rue de la Tonnellerie ; Boulot, propriétaire et marchand de vin en gros, demeurant pilier des halles, 73, rue de la Tonnellerie ; Borie, propriétaire, demeurant pilier des halles. Le duplicata était ainsi rédigé : « Nous, habitants de la rue de la Tonnellerie, quartier de la halle, (ancien) IVe arrondissement, déclarons sur l’honneur et sur notre responsabilité de bons citoyens, que le nommé Browarniouck, peintre, a demeuré nombre d’années dans notre rue depuis 1828 jusqu’en 1847. En avril 1834, il fut blessé à la figure. Attestons qu’il nous est connu comme un bon citoyen, bon patriote, que sa conduite et sa moralité sont sans reproche, qu’il est considéré dans notre quartier comme un vrai républicain, qu’il a perdu sa clientèle et son avenir par suite des visites domiciliaires, faites à son domicile, comme suspect au règne de Louis-Philippe. En foi de quoi, nous lui accordons ce deuxième certificat pour la Commission, en remplacement de celui perdu, pour lui servir ce qu’il lui appartiendra et ce que de droit. » Signé, le 14 septembre 1848 : les mêmes, auxquels s’ajouta Tirel, cordonnier, principal locataire, demeurant 42, rue de la Tonnellerie. Le troisième certificat était ainsi rédigé : « Les soussignés, peintres en bâtiment, déclarent et affirment bien connaître le citoyen Browarniouck, peintre, qu’il a été en butte à bien des tourments dans notre état, depuis les affaires du 5 juin [1832, N.D.A.] ; que la propagande qu’il faisait parmi nous dans nos ateliers lui a causé bien des pertes de temps et d’ouvrage ; qu’il a été blessé par les assommeurs à la Bourse ; que son système républicain lui a valu le surnom de Républicain. » Signé, comme délégués et en présence de trois cents ouvriers peintres, à Paris, place du Châtelet, le 22 mars 1848 : Cressonnier, demeurant 29 bis, rue du Temple ; Turpin, demeurant rue Saint-Dominique au Gros Caillou ; Thoyer, demeurant 23, rue Saint-Placide ; Lanoue, demeurant 18, rue Chabrol ; Moreau, demeurant 222, rue Saint-Martin ; Oyer, demeurant 39, rue Aubry-le-Boucher ; Jacob, demeurant 14, rue … ; Stanislas, demeurant 12, rue des Nonandières ; Lhomme, demeurant 28, rue du Faubourg-Montmartre ; Voivenel, demeurant 3, rue de la Bûcherie ; Juteau, demeurant 23, rue du Bon-Puits ; Aimé, demeurant 12, rue Montdétour ; Carré, demeurant 18, rue de la Vieille-Place-aux-Veaux ; Thommeret fils, demeurant 7, rue d’Arcole ; Hedouin, demeurant rue Saint-Maur ; Metrate illisible, demeurant place aux Veaux ; Brissaud, demeurant 11, rue Jean-Pain-Mollet ; Guay, délégué des peintres, demeurant 29, rue de la Tixéranderie ; Lefebvre, Edme, délégué des peintres en bâtiment. » Le duplicata était ainsi rédigé : « Nous tous peintres en bâtiment, déclarons bien connaître le nommé Browarniouck, peintre aussi en bâtiment, attestons que la propagande républicaine qu’il faisait dans nos ateliers où il travaillait avec nous, lui a fait un tort considérable, en lui faisant perdre et manquer souvent d’ouvrage ; qu’il est considéré parmi nous, peintres en bâtiments, comme bon républicain, que les tourments de la police lui ont fait perdre sa clientèle et son avenir. En foi de quoi, nous lui avons signé ce deuxième certificat pour remplacer celui égaré à la Commission. » Signé, en présence de trois cents peintres, place du Châtelet, le 10 septembre 1848 : Cressonnier (cité plus haut) ; Rasetti, demeurant 63, rue du Faubourg-Poissonnière ; Risse, demeurant 83, rue du Temple ; Brissaud (cité plus haut) ; Altemeyer, peintre, demeurant 16, rue de la Tannerie (voir plus haut) ; Ledreux, demeurant 18, boulevard Pigalle ; Sorer illisible, demeurant 79, rue du Faubourg-Poissonnière ; Houine, demeurant 28, rue Vieille-du-Temple ; Sirette, demeurant 78, rue de Clichy ; Forest, demeurant 18, rue de la Cité ; Juteau (cité plus haut) ; Bourgoin, demeurant 2, cité Bergère ; Vaillant, demeurant 17, rue Saint-Antoine ; Mangin, demeurant 15, rue de la Bûcherie ; Courapied, L., demeurant 21, rue Marivaux ; Plantade, demeurant 4, place du Palais-de-Justice ; Roger, demeurant rue Saint-Antoine ; Bacheley, demeurant 61, rue du Temple ; Varon, demeurant 35, rue .des Gravilliers. Le quatrième certificat était ainsi rédigé : « Les citoyens Brocadet, demeurant à Paris, rue du Chantre, n° 16, détenu politique, affaire d’Avril, et le citoyen Noul, L., demeurant à Paris, rue Saint-Denis, n° 342, combattant de juin [1832, N.D.A.], déclarent et attestent sur l’honneur avoir vu le citoyen Browarniouck, décoré de Juillet, avec nous au combat du Palais-Royal et au coin de la rue de Richelieu et celle Saint-Honoré, qu’il est un des citoyens qui se sont opposés au passage du général Lamoricière, attendu que ce dit général voulait faire abandonner les barricades en induisant nous autres patriotes en erreur, qu’il était armé d’un fusil et que sa conduite courageuse lui a valu de ceux présents des félicitations, le recommandons à la Commission. » Signé le 4 avril 1848 : Brocadet, restaurateur ; Noul, L., fabricant de chapeaux de paille ; le duplicata fut signé le 26 septembre 1848. Le cinquième certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Browarniouck, peintre, demeurant rue Beauregard, n° 12, nous est connu comme bon citoyen, qu’il s’est montré dans nos journées de Février comme un bon patriote, qu’il était armé d’un fusil ; attestons l’avoir vu partir pour le château le 24 au matin avec un détachement de la garde nationale, qu’il n’est rentré chez lui que le 26. » Signé, le 12 mars 1848 : Morel, marchand de vins, chasseur de la garde nationale, demeurant 12, rue Beauregard ; Chatillon, maître serrurier, garde national au 2e bataillon, compagnie des voltigeurs, demeurant 12, rue Beauregard ; Santiquet, marchand de vins en gros, grenadier dans la garde nationale, demeurant 6, rue Beauregard. Et ce duplicata, signé des mêmes mais le 15 septembre 1848 : « Les soussignés déclarent, sous la foi de bons citoyens, que le sieur Browarniouck, peintre, demeurant rue Beauregard, a fait son devoir de bon citoyen dans nos journées de Février, qu’il est un de ceux qui le 23 ont commencé les barricades avec dévouement ; que le 24, le matin, il était armé d’un fusil, a armé plusieurs citoyens ; qu’il a fait partie d’un détachement de patriotes et de gardes nationaux qui marchaient aux Tuileries, qu’il est à notre connaissance qu’il a assisté à la prise du château d’eau, n’est rentré chez lui que le 24 au soir. En foi de quoi, nous lui avons signé ce deuxième certificat pour remplacer celui que nous lui avons déjà signé et qu’il dit être égaré à la Commission. » Le sixième certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie bien connaître le sieur Browarniouck, peintre demeurant 12, rue Beauregard, décoré de Juillet et connu comme un bon patriote, déclare l’avoir vu armé d’un fusil à l’Hôtel de ville, le 24 février, qu’il est resté avec nous à la garde des pièces jusqu’au 26 au soir, comme un bon citoyen. » Signé, le 19 mars 1848 : Vaillant, brigadier des travaux nationaux, demeurant 82, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève. Browarniouck reçut un secours de quarante francs en 1848. Il signa (il signe Brovarniouck, V.), le 1er novembre 1848, le certificat suivant en faveur de Mercier, Maximilien, quand ce dernier fit valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Mercier, Maximilien, ouvrier cordonnier, demeurant à Paris 342, rue Saint-Denis, que lors des événements des 5 et 6 juin 1832 il ne cessa de donner les preuves les plus certaines de courage et de patriotisme en restant à la barricade Saint-Merri à la construction de laquelle il avait contribué la veille, depuis 6 heures du matin jusqu’au moment qu’elle fut prise par la troupe. Nous attestons enfin qu’il y reçut deux blessures, dont il porte encore les marques. » Il signa un certificat de notoriété en faveur de Brissaud, Auguste, André, Antoine, en 1848 et relatif à la participation de ce dernier à la révolution de Février. En 1849, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Enfant de troupe, marié et un enfant de douze ans, a son père à sa charge et manque d’ouvrage depuis plus d’un an. Il a beaucoup d’effets engagés au mont-de-piété et la misère respire dans son intérieur. Il est bien représenté sous tous les rapports. » Il reçut une allocation de quarante francs en 1849, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il reçut un secours de quatre-vingts francs en 1849. En 1850, « sans occupation depuis longtemps », il sollicita des secours et reçut soixante en 1850, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il reçut un secours de soixante francs en 1851. En 1852, la préfecture de police donnait comme renseignement sur son compte qu’il avait deux enfants, qui n’étaient plus à sa charge, et que « le secours peut sans inconvénient lui être supprimé ». Mais en novembre de la même année, le cabinet du préfet de police devait nuancer ainsi son appréciation : « Browarniouck, Victor, dit Brovanne, […] a la cheville du pied cassée et le pied lui-même tordu. Cet accident lui est arrivé en plaçant une échelle dans la salle du trône, les madriers étant brutalement tombés. Au surplus, les renseignements recueillis sur sa conduite morale et politique constatent que depuis un certain temps il n’a donné lieu à aucune remarque défavorable. Cet homme, qui doit deux termes de son loyer, […] est dans une situation qui paraît être de nature à lui attirer la bienveillance de l’administration supérieure. » En 1856, le préfet de police toujours renseignait à son sujet : « Browarniouck est un sujet polonais, qui habite la France depuis longtemps. Il est peintre en bâtiment. Le 22 septembre 1852, il travaillait aux Tuileries, il a fait une chute dans la salle du trône, s’est cassé la jambe droite et est resté boiteux. Il ne fait maintenant que quelques corvées, qui lui sont d’un faible rapport. Il est âgé de cinquante-huit ans, marié, il a deux enfants, une fille qui est marié et un fils de dix-neuf ans, qui est peintre sur porcelaine et habite avec son père ; ce jeune homme est souvent sans ouvrage. La femme Browarniouck est marchande des quatre-saisons, son travail nourrit la famille ; elle gagne deux francs par jour, environ. […] Il doit un terme à son propriétaire, reçoit des secours du bureau de bienfaisance, son mobilier est des plus modestes, tout dans son intérieur annonce la gêne. Il jouit d’une bonne réputation dans sa maison. D’après ses dires, il aurait touché quarante francs l’année dernière. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1852, un secours de soixante-quinze francs et un autre de cinquante francs en 1853, un secours de cinquante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855, un secours de quarante francs en 1856, un secours de quarante francs en 1857, un secours de quarante francs en 1858, un secours de quarante francs en 1859. En 1860, se présentant comme médaillé de Sainte-Hélène (sous le numéro 6702), devant deux termes de son loyer, soit soixante-dix francs, « dans une position des plus malheureuses », il sollicita un secours. Le préfet de police renseigna à son sujet : « […] La fracture d’une jambe ne lui permettant pas de continuer son état de peintre, il s’est fait homme de peine et gagne deux francs cinquante par jour. Le pétitionnaire est marié, père de deux enfants : l’aîné, âgé de trente ans, est marié et vit de son travail ; quant au plus jeune, âgé de quatorze ans, il est encore à la charge de son père, qui lui fait apprendre un état manuel. La femme, âgée de soixante ans, marchande fruitière ambulante, gagne à peine sept francs par semaine. On ne connaît pas d’autres ressources à ce ménage, qui, par suite, éprouve une grande gêne. Il est endetté de deux termes de loyer. Les renseignements recueillis sur le compte du sieur Browarniouck lui sont favorables. Il n’a pas d’antécédent judiciaire et paraît nul en politique. » Il reçut, chaque année, deux secours de quarante francs entre 1861 et 1865. Il demeurait 34, rue de la Cordonnerie en 1830-1831 ; 6, rue de la Grande-Friperie en 1832 ; rue du Chantre en 1833 ; 20, rue des Deux-Ecus, maison de l’herboriste au 3e étage, en 1836 ; 27, rue du Chantre-Saint-Honoré en 1838 ; 42, rue de la Tonnellerie en 1841 ; 12, rue Beauregard en 1848 ; 51, rue Saint-Sauveur en 1849 ; 31, rue des Prêcheurs en 1850 ; 26, rue de la Cossonnerie en 1851-1852 ; 1, rue des Filles-Dieu, un logement de cent quatre-vingts francs par an, en 1853-1856 ; 26, rue de la Cossonnerie en 1852 ; 54, bd de Charonne en 1858 ; 44, bd de Charonne, un logement au loyer annuel de cent quarante francs, en 1859-1861 ; 18, impasse Ronce dans la rue des Amandiers à Belleville en 1862-1865. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 71 ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 22 novembre 1830, envoi du 7 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Arrachart, Louis, Jules, Benoit ; Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Brissaud ; Archives nationales F/1dIII/63 in dossier Lemonnier, Pierre, François ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/15/3839 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à quinze décorés et veuves de décorés ou blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.490 francs, minutes 251-252, en date du 6 décembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mercier, Maximilien.

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