Bruel, Antoine

Biographie


Né le 2 vendémiaire an IX à Saint-Servant (Ille-et-Vilaine). Ouvrier ébéniste. Il sortit de son domicile, armé d’un fusil que lui avait donné son logeur, le 29 juillet et ne reparut plus depuis. A la demande de M. Parent, Auguste Ribot, entrepreneur en bâtiments, demeurant, 18, rue d’Enghien, rue des Petites-Ecuries, établit le certificat suivant : « J’atteste que le 29 juillet dernier vers midi, j’ai rencontré au coin de la rue Montmartre et du boulevard, se dirigeant sur les Tuileries, environ deux cents individus armés de piques, bâtons, sabres et fusils. Parmi eux se trouvait le nommé Antoine Bruel, ouvrier menuisier ébéniste que je connaissais. Il était affublé d’une cuirasse et d’un casque, armé d’un fusil et d’un sabre. Ledit Bruel en m’apercevant quitta son rang et m’adressa la parole en ces termes : “Nous allons prendre les Tuileries. Si vous voyez M. Parent, dites-lui, je vous prie, qu’il ne soit pas inquiet sur l’ébénisterie que je lui ai entreprise. Après toutes ces affaires finies, j’achèverai mon travail.” Je lui promis de m’acquitter de sa commission et il rejoignit ses camarades. Je ne l’ai point revu depuis ce moment ayant pourtant assisté aussi à la prise du château, où je restai jusqu’à cinq heures. Sa famille et ses amis n’en n’ayant plus entendu parler depuis les mémorables journées, il est à présumer que ce malheureux aura comme tant d’autres succombé pour la cause de la liberté. » Il laissait une mère, Mongenon, Marguerite, Louise, veuve Bruel, âgée de quatre-vingts ans, domiciliée en Gironde et indigente. La famille reçut, après la révolution, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Les négligences successives de la Commission des récompenses nationales la privèrent de faire établir à temps ses droits à une pension, qui, malgré les protestations du maire de Bordeaux, ne furent pas reconnus. Finalement, en 1833, elle accepta les cinq cents francs qu’on lui donnait contre la promesse d’abandonner toute prétention au versement d’une pension, qui lui était pourtant due. Bruel, Antoine demeurait depuis le 22 mars 1830, chez Lenoble, logeur 11, rue des Tournelles. Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), cahier contenant les noms de personnes tuées ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives nationales F/1dIII/49 in dossier Chevallier, F. J.

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