Brun, Claude, François
Biographie
Né le 25 août 1797 à Grenoble (Isère). Fabricant de chapeaux de paille. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1832, il fit de la détention préventive, dans le cadre des événements de juin. En 1838, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié, a deux enfants à sa charge et exerce la profession d’ouvrier en chapeaux de paille. Il manque quelquefois d’ouvrage et il a beaucoup de peine à subvenir aux besoins de sa famille. On fait l’éloge de sa conduite et de sa moralité. » Il reçut un secours de quarante francs en 1838. En 1840, ses deux enfants venant de sortir d’apprentissage, lui-même venant de faire une maladie de trois mois à la suite d’une fluxion de poitrine, il sollicita de participer aux secours. Il reçut un secours de quarante francs en 1840. En 1841, retenu au lit depuis quatorze mois « par six maladies différentes », n’ayant reçu « depuis onze ans que deux fois, dans des positions semblables », il sollicita de nouveau des secours. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1841. En 1842, la préfecture de police donnait sur son compte comme renseignements qu’il était père de deux enfants en bas âge, venait de faire une longue maladie, qui l’avait privé de toutes ressources, que sa femme travaillait dans les jouets d’enfants et que le ménage jouissait « d’une excellente réputation ». Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842 et en 1843, de quarante francs en 1844 et en 1845, de vingt-cinq francs en 1846 et en 1847. En 1848, il était toujours apprêteur. Il reçut une allocation de quarante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet. En 1850, la préfecture de police donnait comme renseignements sur son compte qu’il devait deux termes de son loyer, qu’il faisait toujours des chapeaux de paille et ajoutait : « […] Mais, étant atteint de deux hernies, il est souvent obligé de suspendre son travail. Sans les secours qu’il reçoit d’un de ses fils, il ne pourrait subsister. On s’accorde à dire du bien de lui dans son voisinage. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1850. En 1852, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] D’après les renseignements recueillis, […] la conduite morale et politique de Brun est excellente. Sa position est des plus malheureuses par suite du manque d’ouvrage et aussi à raison de la mauvaise santé de sa femme, qui garde le lit depuis quinze jours. […] Il est réellement digne d’intérêt. » Il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. En 1854, toujours apprêteur de chapeaux de paille, dans une « misère la plus critique » à cause « de l’inconstance du temps », il sollicita d’être secouru et reçu cinquante francs, puis quarante francs en 1855 et la même somme en 1856. En 1857, il demandait la continuation du secours qui lui était accordé tous les ans et reçut quarante francs puis la même somme en 1858. En 1859, atteint depuis quatorze mois d’un rhumatisme goutteux, qui ne lui permettait de se servir de son pied droit qu’avec beaucoup de peine, « ouvrier laborieux et travailleur », il sollicita un secours et reçut trente francs. En 1860, il sollicita un secours, expliquant : « Ma famille et moi, nous sommes des proscrits de 1816. Mon oncle, M. Paques illisible, était inspecteur général de la haute police, nommé par l’Empereur, et son fils Julien Paques fut nommé par l’Empereur, contrôleur général des droits réunis. Mon oncle était mon tuteur. Place, fortune et tutelle, tout fut perdu avec les revers de notre beau pays. Et moi, décoré de la médaille de Juillet, fils d’un ancien officier, resté sans état et sans avenir, fort jeune, ma position m’offrait de l’espérance mais tout a fui sinon la misère. Devenu père d’une nombreuse famille, j’ai toujours soutenu l’adversité avec courage. Toute ma famille est morte et j’existe seul depuis vingt années. Je suis d’un âge avancé, soixante-cinq ans, et ma femme, soixante-six, est perdue par la douleur et la goutte. La cherté des loyers et des vivres nous mettent dans une affreuse misère. » Il reçut, cette année-là, un secours de trente francs. En 1861, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Dans une position d’autant plus précaire qu’atteint de douleurs rhumatismales il se trouve souvent dans la nécessité d’interrompre son travail. Sa femme, avancée en âge et infirme, ne peut se livrer à aucune occupation lucrative. Ce ménage est endetté pour le logement. Le pétitionnaire est favorablement représenté sous le double rapport de la conduite et de la moralité. Il se tient à l’écart des intrigues politiques. » Il reçut un secours de trente francs en 1861, de trente francs en 1862, de trente francs en 1863 et de trente francs en 1864. En 1865, il présentait un certificat médical, attestant qu’il souffrait d’un eczéma chronique à la jambe droite, avec légère ulcération, et de deux hernies inguinales. Il reçut un secours de trente francs en 1865, de trente francs en 1866, de trente francs en 1867. En 1868, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Le sieur Brun, actuellement âgé de soixante-quinze ans, demeure depuis un an avec sa femme à la maison de retraite pour les vieillards. Le domicile qu’il a indiqué dans sa pétition est celui d’un de ses amis. Les époux Brun n’ont absolument pour vivre que les allocations de l’hospice et paraissent être dans le dénuement le plus complet. On les représente comme étant dignes d’intérêt. » Il reçut un secours de trente francs en 1868, de trente francs en 1869, de trente francs en 1870 et de trente francs en 1871. Il perdit sa femme à la fin de l’année 1870 ou au début de l’année 1871. En 1840, il était chasseur à la 3e compagnie du 3e bataillon de la VIe légion de la garde nationale. Il demeurait 25, rue des Postes en 1831 ; 354, rue Saint-Denis en 1838-1840 ; 13, rue Jean-Robert en 1841 ; 76, rue des Couronnes à Belleville en 1848 ; 109, chaussée Ménilmontant (un loyer annuel de cent trente francs) en 1847-1852 ; 95, rue de Ménilmontant à Belleville du 8 avril 1852 à 1854 ; 101, rue des Amandiers à Belleville en 1857 ; 90, rue de Ménilmontant en 1859-1861 ; 77, rue des Amandiers, un loyer annuel de cent quarante francs à Belleville en 1860-1866 ; 9, rue de Charonne à Belleville (9, bd de Charonne ?) en 1867 ; 45, rue Constantine à Belleville en 1868 ; 180, rue Pelleport en 1869-1870. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/15/3839 secours à divers titres ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 2e catégorie, pensions ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852.