Brunet, Claude, Gérard

Biographie


Né en 1778 à Reims. Brasseur et aubergiste en 1816, ouvrier raffineur en 1830. Il fut tué de plusieurs coups de feu tirés par des Suisses, le 29 juillet 1830, vers midi, quai Billy au coin de la rue Saint-Pierre, alors que le capitaine Aubry du 15e léger venait de se retirer avec sa troupe, crosse en l’air. Sa femme, Witier, Marie, Jeanne, Eugénie, Sébastienne, venait de décéder le 28 juillet 1830, et il laissait une fille Marie, Charlotte, Eugénie, née le 23 février 1816 (par erreur le 24 février 1816 deux fois in Archives de Paris VD6 92 et une fois in Archives de Paris VK3 28) à Matongues (Marne). Il fut enterré le 30 juillet au cimetière de Passy, avec les honneurs (mais au cimetière de Montmartre selon le commissaire de police de Chaillot en 1839 in Archives de la préfecture de police AA 420 ; bien au cimetière de Passy dans la même source selon le procès-verbal dexhumation). Le dossier des droits que le décès de Brunet entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le 14 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ier arrondissement, comparurent : Quevreux, François, Victor, né vers 1776, commis, demeurant 3, rue de Chaillot ; Ancelot, Pierre, Joseph, Amable, né vers 1782, rentier, demeurant 3, rue de Chaillot ; Merlac, Victor, né vers 1801, coiffeur, demeurant 1, rue de Chaillot (sic) ; Lhotte, François, Maxime, né vers 1805, employé, demeurant 26, rue de Chaillot. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Brunet « demeurant rue de Chaillot n° 7 (sic), ouvrier raffineur, veuf de dame Marie-Jeanne Eugénie, Sébastienne Wittier […] savoir que ledit sieur Claude, Gérard Brunet a été blessé le 29 juillet 1830, quai de Billy au coin de la rue Saint-Pierre, en combattant pour nos libertés et que le même jour 29 juillet il est décédé vers midi par suite de plusieurs coups de feu qu’il avait reçus ». Le tuteur, Ancelot, Pierre, reçut cent francs le 26 août et cent francs le 7 octobre 1830, pour Marie, Charlotte, Eugénie. Elle fut reconnue comme orpheline de Juillet (sous le nom de Bruner, Marie, Charlotte, Eugénie sur les listes du Moniteur universel), pensionnée et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille de l’orpheline était composé du côté paternel : de Ancelot, Pierre, Joseph, Amable, raffineur, demeurant 3, rue de Chaillot, à titre d’ami ; de Quevreux, François, Victor, commis, demeurant 3, rue de Chaillot, à titre d’ami ; de Veron, Jean-Louis, tourneur, demeurant 3, rue de Chaillot, à titre d’ami. Du côté maternel : de Merlac, Victor, coiffeur, demeurant 1, rue de Richelieu (sic), en qualité d’ami ; de Lhotte, François, Maxime, domestique, demeurant 26, rue de Chaillot, en qualité d’ami ; de Ribot, Simon, Théodore, épicier, nommé subrogé-tuteur, demeurant 5, rue de Chaillot, en qualité d’ami. Le tuteur de Marie écrivait en novembre 1830 à son sujet : « […] Elle mérite par sa position malheureuse et par la bonne conduite qu’elle tient chez les personnes chez qui elle demeure, les bontés du gouvernement ; ses père et mère ne lui ont rien laissé ; le produit de leur petit mobilier, qui était toute leur fortune, ne lui produira pas plus de cinquante francs. […] Elle est placée en Angleterre, chez des personnes très recommandables qui sont on ne peut plus satisfaits de sa conduite et qui paraissent lui porter intérêt. » En 1833, Marie était toujours placée en Angleterre, mais le tuteur désirait la faire revenir en France afin de parfaire son éducation. Le 24 mai 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ou du mariage de la fille du roi, son ancien tuteur, Ancelot, sollicita en sa faveur auprès du maire du (ancien) Ier arrondissement de Paris que le mariage qu’elle projetait fût doté par la Ville de Paris, ajoutant : « […] Elle le mérite sous tous les rapports. Sa fâcheuse position, n’ayant plus ni père ni mère, point de parent en position de lui être utile, sa bonne conduite et son âge sont autant de titres qui me font espérer que vous voudrez bien l’appuyer de tout votre pouvoir. » Elle devait épouser Blin, Edme, Ambroise, né le 7 décembre 1810 à Sens (Yonne), fabricant de cols, demeurant 7, rue du Cadran. En 1838, Eugénie était mariée à Blin ; ils demeuraient 7, rue du Cadran, étaient commerçants et désiraient vendre les cent cinq francs de rentes qu’elle possédait : « […] Nous ne sommes pas fortunés et faisons un commerce qui ne demande qu’à prospérer. Ces rentes nous seraient donc d’un grand secours et je pense que le gouvernement ne pourrait mieux placer un bienfait qu’en nous autorisant à les vendre. Si vous désirez prendre quelque renseignement sur mon commerce, ma conduite et mes mœurs, vous pouvez vous adresser, dans votre arrondissement, chez M. Ancelot (son ancien tuteur), rue de Chaillot, n° 3, et dans le mien, chez M. Jullien, mon propriétaire, 7, rue du Cadran. » Brunet demeurait à Matongues en 1816 ; 7, rue de Chaillot (mais 3, rue de Chaillot in Archives nationales F/1dIII/47, in Archives de Paris VK3 26 et in Archives de Paris VD6 121 et in Archives de la préfecture de police AA 420) ; sa fille, chez son tuteur 3, rue de Chaillot en 1831-1837 ; 7, rue du Cadran en 1838. Le nom de Brunet (C.-G. Brunet) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 102 ; Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ier arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 93 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 21 ; Archives de Paris Vbis8Q3 1, orphelins et orphelines de Juillet, (ancien) Ier arrondissement, séance du 12 février 1832, séance du 27 avril 1833 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des orphelins de Juillet du (ancien) Ier arrondissement (séance du 6 juillet 1838) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives de Paris VD6 92, idem in dossier Denis, Lucien, Paul, Marie, idem liste des orphelins au-dessus de sept ans, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon, idem liste des personnes secourues, idem liste des orphelins au-dessus de sept ans, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux orphelins des victimes de Juillet, au-dessus de l’âge de sept ans, idem dossier Douelle, Dominique, Nicolas, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois de juillet aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 4 500 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 11 juin 1831, idem décompte des paiements faits par la mairie depuis le 1er août 1830 jusqu’au 30 août 1831 aux orphelins de Juillet au-dessous de sept ans pensionnés par la Commission des récompenses nationales ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 1, (ancien) Ier arrondissement, état des morts et des blessés dans les journées de juillet 1830 (liste des tués et morts à la suite de blessures) (qu’on retrouve aussi dans Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 4, état des individus domiciliés dans le [ancien] premier arrondissement tués ou morts des suites de blessures), idem liasse 7, orphelins ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur lexécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de lordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de lEtat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 30 ; Archives de Paris VI1 1, 1837, mariages de Juillet ; Archives de Paris VK3 10 ; Archives de Paris VK3 25 (ancien) Ier arrondissement, liste de citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des personnes domiciliés dans le premier arrondissement tuées ou mortes des suites de blessure et état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, orphelins, idem même référence un registre de pensionnés (orphelins au-dessus de sept ans) ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) Ier arrondissement et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, Ier arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés) ; Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Aubry veuve ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins et aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ier arrondissement, orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Archives de la préfecture de police AA 420 ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841. Il faudrait retrouver de quoi est morte la mère le 28 juillet 1830.

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