Brunot de Rouvres

Biographie


Né le 9 novembre 1774 à Paris, fils de Brunot de Beyre, ancien secrétaire du roi. Il donnait lui-même les indications biographiques suivantes sur les premières années de sa vie : « […] Il s’est trouvé à la prise de la Bastille, il a travaillé au terrassement du Champ de Mars pour la grande fédération du 14 juillet, a fait partie de la garde nationale de Paris jusqu’au moment de son entrée au service en septembre 1791. » Sous-lieutenant au 58e d’infanterie le 15 septembre 1791, lieutenant le 18 mai 1792, capitaine le 10 septembre 1792, aide-de-camp du général Desbrulys, chef de l’état-major de l’Armée du Nord commandée par le général Moreau, depuis le 3 messidor an III jusqu’au 19 germinal an VI, date à laquelle il fut réformé pour cause de blessure, remis en activité le 15 germinal an VIII, aide-de-camp du général Bonet le 1er messidor an IX, passé près du général Romand le 1er vendémiaire an XI, commissionné le 19 brumaire suivant, passé adjoint à l’état-major général de l’Armée du Nord le 5 frimaire an XIV, passé adjoint à l’état-major de la Grande Armée le 12 décembre 1806, chargé d’une mission importante le 11 mars 1807, dont l’objet était de transporter avec lui au quartier général impérial les portefeuilles du travail des ministres, du Conseil d’Etat et de prendre des renseignements sur la situation politique du pays qu’il avait à traverser et surtout sur l’esprit des habitants, pour en faire un rapport à l’Empereur ; passé adjoint à l’état-major des corps des grenadiers commandé par le général Oudinot le 22 mai 1807, aide-de-camp du général Tharreau le 29 juin 1809, passé en qualité d’officier supérieur chef d’état-major de la 24e division le 29 mai 1810, retraité le 1er février 1812, chargé d’un commandement supérieur à Paris le 9 février 1814, nommé colonel honoraire par le roi Joseph à la fin de février 1814. Il avait fait les campagnes des années 1792, 1793, ans II, III, IV, V et une partie de l’an VI ; la campagne de l’an XIV à l’Armée du Nord, les campagnes de Prusse et de Pologne au corps des grenadiers commandé par le général Oudinot, les campagnes de 1808 et 1809. Il fut blessé au bas-ventre à l’affaire du 22 mars 1793 en Belgique, d’un éclat occasionné par un boulet ; envoyé, le 10 mai 1809, dans les faubourgs de Vienne par le général Oudinot, pour engager les habitants à rester paisibles chez eux et s’informer pourquoi les parlementaires ne revenaient pas, a été assailli par la populace, mutilé et sabré, livré aux hussards Lichstenstein, qui l’ont conduit en ville, où il a été détenu jusqu’au moment de la reddition de la place. Dans cet événement, il a perdu l’usage du petit doigt et du doigt annulaire. A été grièvement blessé le 5 juillet 1809, première journée de la bataille de Wagram, par un obus qui lui a fracassé le crâne. Il obtint les récompenses suivantes : décoré à Friedland le 14 juin 1807, désigné par le général Tharreau sur le travail de la 1re division de l’armée d’Allemagne pour être décoré de l’ordre des Trois Toisons d’or le 12 mai 1810 ; nommé entreposeur principal des tabacs du département de la Manche le 6 avril 1811 ; reçu par lettres patentes et concession d’armoiries le titre de chevalier avec dotation de deux mille francs de rentes le 20 février 1812. Il était chevalier de Saint-Louis et chevalier de la Légion d’honneur. En 1813, il était à Saint-Lô, occupant la place d’entreposeur principal du tabac dans le département de la Manche, que l’Empereur lui avait donnée pour prix de ses services et blessures. « Il accourut à Paris à la nouvelle de l’approche de l’ennemi. Le général Hullin lui confia le commandement de la barrière la plus importante à la fin de février 1814. Le roi Joseph le nomma colonel honoraire. Il compte dix-huit ans de service effectifs, dix campagnes, plusieurs blessures graves dont une aussi extraordinaire que terrible, reçue à la tête à la bataille de Wagram ; il porte dans une boîte une partie de son crâne. C’était son passeport dans la grande semaine. » En 1830, il était manufacturier. Le 30 novembre 1830, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses : « L’abondance des matières dans le courant de la semaine dernière n’ayant pas permis aux journaux des Débats et du Constitutionnel d’insérer l’article suivant, j’ai pensé qu’en ma qualité d’ancien officier d’état-major de la vieille armée et notamment du prince de Wagram et de M. le maréchal Oudinot, il m’importait de ne pas laisser ignorer et surtout porter atteinte à l’exactitude des faits énoncés dans un rapport que j’ai eu l’honneur de remettre le 31 juillet à M. le lieutenant-général comte Gérard et le 1er août au roi, alors lieutenant-général du royaume.

»Je ne viens pas contester les services qu’a rendus à la cause citoyenne dans nos glorieuses journées, M. le général Dubourg, mais redresser quelques assertions inexactes.

»M. le général Dubourg a dit devant la cour royale de Paris, audience du 19, et il l’a répété dans le Constitutionnel du 22 qu’il s’était mis à la tête du grand mouvement patriotique de la population de Paris etc.

»Sans craindre que les (anciens) XIe et XIIe arrondissements me démentent, j’affirme donc sur l’honneur et je l’aurais déclaré devant la cour si j’avais été appelé en témoignage : 1° que le 28 juillet à 10 heures du matin, dans les faubourgs Saint-Jacques et Saint-Marceau, où le nom de M. le général était inconnu, le succès de notre belle et noble résistance ne laissait aucun doute par le zèle et l’activité que déployaient MM. les élèves de l’Ecole polytechnique, auxquels s’étaient réunis les nombreux élèves des écoles de droit et de médecine. Ils avaient déjà donné une organisation militaire à des rassemblements considérables d’ouvriers qu’ils avaient armés avec les armes qu’ils s’étaient fait remettre par les postes de la ligne et par les officiers chargés de la garde des prisons et de la surveillance des casernes, en assez grand nombre dans ces quartiers ; toutefois ces remises d’armes et d’équipements s’étaient effectuées avec tous les égards dus à la pénible position des officiers de la ligne, et que pendant ces dispositions presque magiques, plus de trois cents citoyens armés, revêtus de leur uniforme de garde national étaient réunis sur la place de l’Odéon, faisaient patrouille et veillaient au maintien de l’ordre public.

»2° Que le 28 à 11 heures et demie du matin, j’ai vu arriver une colonne d’infanterie de la garde avec trois pièces de canon et un obusier, se dirigeant sur la Grève ; que du marché aux Fleurs, on apercevait le drapeau tricolore flottant sur l’Hôtel de ville, qu’à midi et demi le feu a commencé et qu’à 2 heures le drapeau avait disparu. Des ouvriers et autres citoyens qui se trouvaient à la place de Grève à l’arrivée des troupes s’étaient partagés et étaient venus s’embusquer dans les rues environnantes et derrière le parapet du quai opposé et qui fait suite au marché aux Fleurs. C’est avec ceux qui étaient postés dans les rues de la Tannerie et Planche-Mibray que je fus me placer pendant quelques heures.

»3° Qu’enfin le 29 j’ai été à 6 heures du matin à la place de Grève, qui avait été évacuée par la garde à 1 heure du matin. Le drapeau tricolore et non pas le drapeau noir avait été arboré de nouveau à l’Hôtel de ville. Les combattants étaient revenus à la place de Grève et ne s’occupaient plus que des moyens de défense. J’en suis parti à 9 heures du matin pour aller aux Tuileries, que je savais encore au pouvoir de la garde, en longeant les boulevards depuis la rue du Temple. Je lus près des Italiens un placard du général Dubourg, invitant les citoyens à se rendre en armes et en uniforme à la Bourse, au bas duquel il y avait que le duc de Raguse avait été tué par un soldat de la ligne. Je ne fus pas longtemps à arriver au pavillon de l’Horloge, car la plus grande partie du château des Tuileries était déjà, à mon arrivée, en notre pouvoir ; mais à peine y restais-je quelques instants qu’on me fit remarquer un nuage de poussière qui dérobait même à la vue l’arc de triomphe de l’Etoile ; le bruit se répandit aussitôt que c’était la garde royale qui revenait avec de nouvelles forces. Frappé de cette imprudente résolution, je me déterminai à aller au-devant d’elle, persuadé que mes observations seraient de quelque poids auprès du général en chef, puisque j’étais à même de rendre compte des principaux événements qui venaient d’avoir lieu ; mais je la trouvai en pleine retraite ; je la suivis jusqu’à Saint-Cloud. J’y rencontrai plusieurs officiers supérieurs de ma connaissance, tous me dirent qu’ils avaient été indignement trompés, que les sentiments de la garde étaient conformes à ceux de la nation, qu’elle ne pensait qu’à remplir ses serments qui lui imposaient de protéger le roi et son infortunée famille contre toute attaque. Sentant combien il était important pour la tranquillité de Paris que ces dispositions honorables y fussent connues, je revins de suite et fus à la Bourse, où je croyais trouver à son quartier général le général Dubourg ; il n’y était pas, une personne me dit qu’il y avait à l’Hôtel de ville un gouvernement provisoire dont faisaient partie les généraux Lafayette et Gérard. J’y allai immédiatement et j’eus le bonheur de leur apprendre que le sang français n’alimenterait pas la guerre civile. J’en reçus un accueil plein de bienveillance et une mission verbale que je crois avoir bien comprise et bien remplie. » Dans une autre lettre il donne quelques précisions supplémentaires sur sa journée du 29 juillet : « […] [Vers 11 heures du soir, il se rendit à l’Hôtel de ville] fut introduit par M. César (voir César, Louis, Bienvenu ?) auprès de ces officiers généraux, dont il était connu honorablement. Ils lui donnèrent des ordres verbaux qu’il croit avoir bien compris. […] A la grande revue du roi, c’est le même M. César qui y commandait les blessés et qui, l’ayant reconnu ainsi que plusieurs d’entre eux pour avoir été témoin, au milieu du feu, de leurs belles et courageuses conduites, le pria de prendre le commandement de cette troupe si digne d’intérêt et fière d’avoir versé son sang pour la patrie, et vous le savez messieurs, c’est au cri mille fois répétés de Vive le roi des Français ! qu’elle a eu l’honneur de défiler devant Sa Majesté. » Le rapport adressé au duc d’Orléans et dont parlait Brunot de Rouvres était ainsi rédigé, en date du 1er août 1830 : « Monseigneur,

»Mon expérience dans la guerre m’a suggéré l’idée de voir par moi-même le genre d’attaque et de défense suivi dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet. Placé, le 28, au coin de la rue Planche-Mibray, qui donne sur le quai allant à la place de Grève, j’ai pu juger, au milieu du feu, que les troupes royales, malgré toute leur bravoure, ne pourraient résister à d’autres braves, la plupart sortis de la vieille armée, montrant à des citoyens soutenant leurs droits à défendre une ville dans laquelle l’ennemi avait eu l’imprudence de pénétrer. Me trouvant, le lendemain, à la prise du château des Tuileries, j’ai suivi la retraite de la garde par les Champs-Elysées, où j’ai vu une pièce de canon dont l’essieu était brisé ainsi que quelques soldats blessés. Mon intention était de joindre Mgr le duc d’Angoulême et de lui représenter l’insuffisance des forces du roi et l’inutilité d’ailleurs de nouveaux efforts, qui n’aboutiraient qu’à faire verser du sang. Je suis arrivé à Saint-Cloud, en traversant le village de Boulogne, que j’ai trouvé rempli de troupes harassées de fatigue et dont les propos n’annonçaient que trop la faute du prince pour qui elles venaient de combattre. J’y trouvais plusieurs officiers supérieurs de ma connaissance, et M. le comte de Saint-Pain, chef d’escadron au 2e régiment de grenadiers à cheval, mon gendre. Je leur racontais exactement tout ce dont j’avais été témoin oculaire. Je tentais de voir Mgr le duc d’Angoulême, je ne pus y parvenir. Mais, dans la conversation que j’eus avec ces officiers, ils me représentèrent combien leur position était difficile et affligeante, car, me disaient-ils, pouvons-nous abandonner le roi quand sa vie est menacée par les mouvements populaires, qu’on nous assure se manifester partout ? Mais maintenant on ne parviendra plus à nous faire battre contre nos pères, nos frères, nos enfants et nos amis. Illisible. Je revins de suite à Paris et je fus, de mon propre mouvement, à l’Hôtel de ville, me présenter, vers minuit, à MM. les généraux Lafayette et Gérard, dont j’avais l’avantage d’être connu honorablement. Je leur fis part de tout ce que j’avais vu et entendu et leur fis connaître l’anxiété de ces malheureux officiers. L’un et l’autre me chargèrent de leur porter des paroles de paix et de consolation et de leur donner leur parole d’honneur que leurs grades et honneurs seraient conservés et qu’ils seraient toujours traités comme de braves militaires. Je retournais immédiatement [à Saint-Cloud, N.D.A.]. Les officiers avec qui je m’étais entretenu la veille avaient quitté avec leurs corps les positions qu’ils occupaient dans le parc. Je fus au château pour savoir de l’état-major sur quel point on les avait dirigés. J’appris de l’aide-major général baron Gressot (que j’ai trouvé dans les mêmes dispositions que ces officiers), que la grosse cavalerie était partie pour Versailles. Je me dirigeais de suite sur cette ville, où le les rencontrais. Je leur fis connaître les dispositions bienveillantes des généraux Lafayette et Gerard. Ils en furent pénétrés de reconnaissance mais ils me répétèrent que leur devoir et leurs serments leur imposaient de protéger, autant qu’ils le pourraient, la personne du roi dans la crise actuelle. Je pense, Monseigneur, que des officiers qui tiennent un pareil langage et une pareille conduite dans des circonstances aussi graves pour leurs intérêts personnels sont plus dignes d’éloge que de blâme et méritent les suffrages du prince que les vœux de la France appelle au trône. J’ai quitté, hier, Versailles à 11 heures du matin. Toutes les armes de la garde y étaient réunies, s’attendant à en partir d’un moment à l’autre. Le roi était arrivé à 4 heures du matin à Trianon. Aussitôt mon retour à Paris, je me suis présenté chez M. le lieutenant-général comte Gerard. N’ayant pu le voir, j’ai fait un rapport à M. le chef d’état-major, le colonel Fabvier. Je regrette d’avoir à dire que je n’ai pas reçu de cet officier l’accueil que je devais attendre de celui qui a acquis, à tant de titres, une si belle distinction. Depuis les ordres de Votre Altesse Royale, j’ai fait verbalement le même rapport à son aide-de-camp, le baron Bertois, que je confirme par écrit. Je supplie Votre Altesse Royal de disposer de ma personne, si elle le juge nécessaire. Malgré mes blessures et mon âge de cinquante-cinq ans, j’ai toute la vigueur de la jeunesse. Voilà bien une cinquantaine de lieues que j’ai faites à pied par les allers et venues depuis le 27 juillet. » Le dossier d’examen de ses droits fut sans doute instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement, puis de l’arrondissement de Sceaux. On trouve une première Note relative à une demande adressée à la Commission des récompenses nationales par M. Brunot de Rouvres, manufacturier à la Glacière et ainsi rédigée par un délégué de cette Commission : « Cette demande a été remise à la Commission le 11 septembre par M. Brunot de Rouvres, officier supérieur d’état-major, retraité. Elle est appuyée de ses états de service, d’un certificat du maire de Gentilly, attestant que les habitants de la Glacière l’ont nommé spontanément leur commandant à la suite des événements de Juillet. Ladite demande a passé par les mains de M. Laugier et Guillot, alors délégué de la Commission pour toute la banlieue et se trouve aujourd’hui dans celles de M. Payen de Javel, commissaire nommé pour seconder la Commission dans ses travaux et l’aider dans la juste répartition des récompenses à accorder aux habitants de la banlieue qui y prétendent. M. Brunot de Rouvres demande la médaille d’honneur et d’être présenté au roi sur le travail de la Commission comme lui paraissant avoir mérité le commandement d’une légion de garde nationale mobile ou de commander en cas de guerre un poste important. M. Brunot de Rouvres, dans les trois journées, a prouvé qu’il n’était mû que par les sentiments patriotiques les plus purs. Car dans tout ce qu’il a fait il n’a suivi que ses propres inspirations. On ne peut nier qu’il n’y ait pas eu quelques dangers pour lui à aller seul dans Paris, la nuit et le jour, à se trouver dans les endroits les plus périlleux, comme à suivre la retraite de la garde royale au milieu des traînards, dont la plupart étaient ivres et furieux de leur défaite et qu’il n’ait rendu un véritable service en revenant de Saint-Cloud, le 29 dans la nuit, rassurer le gouvernement provisoire sur les dispositions de la garde, dont il paraissait avoir encore de vives inquiétudes. On se demandera peut-être comment passait-il ? il dira qu’il n’a jamais quitté ses décorations de la Légion d’honneur et de Saint-Louis, qu’aux questions défensives des citoyens, il leur montrait, pour toute réponse, ses cicatrices et une partie de son crâne, qu’il porte toujours avec lui dans une boîte, en leur disant que ce n’était pas le canon français qui avait brisé sa tête. Ils l’embrassaient et lui disaient Passez notre vieux brave ! Il faisait la même réponse aux vedettes et aux avant-postes de la garde royale, en ajoutant qu’il y avait ses enfants et beaucoup d’amis dont il était très inquiet, et il passait. Car, lui disait-on, avec des blessures aussi honorables, vous ne pouvez pas être un mauvais Français. » Puis une deuxième note, était ainsi rédigée à l’intention de Laugier, Adolphe, délégué de la Commission des récompenses nationales : « Le délégué, après avoir pris connaissance des services qu’a rendus à la cause citoyenne pendant les mémorables journées le sieur Antoine, François Brunot, […], est d’avis que la conduite franche et loyale de cet officier, digne en tout d’un brave soldat citoyen, lui mérite la médaille d’honneur destinée à consacrer le souvenir de l’immortelle semaine. Cet ancien militaire, blessé plusieurs fois, qui compte trente-neuf ans de grade d’officier, arrêté à la fleur de l’âge par une blessure aussi extraordinaire que terrible, reçue à la tête à la bataille de Wagram, a prouvé qu’il pouvait encore être utile au gouvernement. Il témoigne le plus vif désir d’être présenté au roi par la Commission pour le commandement d’une légion de garde nationale mobile. M. Brunot atteste avoir vu, le 28 juillet dans la rue de la Tannerie et au coin de la rue Planche-Mibray, qui donne sur le quai, le jeune Robert Petit, né à Choisy, âgé de quatorze ans, distribuant des balles et de la poudre aux braves tirailleurs, dont le feu soutenu faisait tant de mal aux troupes royales postées à la place de Grève. M. Brunot appelle sur cet enfant toute la bienveillance de monsieur le délégué. Il demeure à la Glacière, n° 33, chez son père, ouvrier, qui a cinq enfants, tous en bas âge. M. Brunot désigne à l’attention particulière de monsieur le délégué le sieur Louis Rousseau, blanchisseur, sapeur de la garde nationale de la Glacière, y demeurant n° 25, où il est connu des autorités locales sous les rapports les plus avantageux. Le premier de la commune, animé du plus pur patriotisme, il a donné l’élan et s’est rendu, armé, avec bon nombre d’habitants dans les lieux les plus périlleux. Il demande pour récompense de son zèle et de son dévouement que la Commission veuille bien le proposer à M. le préfet de police pour une place de syndic ou de fort à la halle. » Aucune suite ne fut semble-t-il donné à la demande de décoration formulée par Brunot de Rouvres, puisqu’il n’apparaît dans aucune des listes de décorés. On retrouve la trace de Brunot de Rouvres, au moment de l’émeute d’avril 1834 ; et il fit la déposition suivante devant la Cour des pairs, déposition relative à la participation ou nom d’un accusé à l’émeute mais qui nous informe en tout cas sur ses dispositions à l’égard du nouveau régime : « […] Ayant appris les événements de Paris, il s’empressa de mettre son dévouement à la disposition de l’autorité. Il arriva rue Michel-le-Comte le lundi 14 avril, au moment où les militaires de la ligne s’emparaient de la maison n° 34. » Dans une de ses lettres adressée au général Fabvier, il présentait le colonel Jacqueminot comme son « ancien et brave camarade ». Il apostilla, en tant que « officier supérieur en retraite », ainsi la demande de décoration de Langlumé, présentée le 8 août 1831 : « J’atteste de nouveau que j’ai rencontré Charles Langlumé dans les journées de Juillet, donnant des preuves de son dévouement, notamment à la prise des Tuileries. » Il demeurait 23, barrière de Lourcine à la Glacière en 1828-1830. Archives de Paris VK3 41 ; Archives de Paris VK3 51 in dossier Rousseau, Louis, Marie ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Langlumé, Charles, Quentin, Joseph ; Dictionnaire des anoblissements, contenant lindication des anoblissements,…, Gourdon de Genouillac, première partie, Paris, chez Bachelin-Deflorenne, 1869, p. 88 ; Bulletin de la Société dencouragement pour lindustrie nationale, Paris, chez Mme Huzard, imprimeur-libraire 7, rue de l’Eperon-Saint-André-des-Arts, 1828, p. 404 ; Cour des pairs, affaire du mois davril 1834, rapport fait à la Cour par M. Girod de lAin, tome troisième, faits particuliers, Paris, Imprimerie royale, 1834, p. 289.

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