Bugny, Pierre, Joseph, Raymond
Biographie
Né vers 1788. Ayant servi dix ans dans les armées de l’Empire puis dans les grenadiers à cheval de la garde royale, renvoyé avec un simple congé de réforme, suite à une blessure qu’il avait reçue. Peintre en bâtiment. Il fit une chute à la barricade de la rue Saint-Paul le 24 février 1848. Il souffrait d’une rupture de fibres musculaires par suite d’efforts faits pour renverser une voiture pour les barricades. Dans la demande de récompenses qu’il présenta, il rappelait sa participation aux journées de Juillet, en joignant à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Dubigny (sic), Raymond, peintre en bâtiment, ancien militaire, s’est conduit honorablement dans les mémorables journées de Juillet et qu’il a contribué de tout son courage aux heureux résultats de ces trois jours. Qu’il est constamment resté en tirailleur au marché des Innocents jusqu’à l’expulsion des troupes le mercredi 28. Que le lendemain 29, il se trouva, ainsi que nous, à l’Institut, et qu’il y est resté depuis 6 heures du matin jusqu’à 8, luttant contre le feu terrible et meurtrier des Suisses qui étaient dans le Louvre. Que de là, il nous a accompagnés à l’attaque du Louvre, où il a montré tout le sang-froid d’un ancien militaire. Nous eûmes à regretter, à cette attaque, la perte de trois de nos camarades de sept qui ne nous sommes pas quittés et dont faisait partie Debugny ; ce sont les nommés Corbeille (voir Corbel, Pierre, Michel), peintre en bâtiments, rue de la Montagne, n° 25, Brasser et Duchemain (voir Duchemin, Louis, Charles). » Signé : Nicole, demeurant 2, rue de la Ferronnerie ; Arbin illisible, demeurant 57, rue de la Grande-Truanderie ; Guillemin, demeurant 6, rue de la Calandre ; Basquin ; Deladrene, demeurant 45, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Huet fils aîné, demeurant 14, quai de la Mégisserie ; Hebert, marchand épicier, demeurant 57, rue Saint-Germain-l’Auxerrois. Il expliquait ainsi sa participation, en février 1848, à la révolution : « J’ai voulu faire en 1848 ce que j’ai fait en 1830. Je suis donc sorti le 24 pour me joindre à mes frères qui allaient au désarmement de la caserne du Petit-Musc. En passant par la rue Saint-Antoine, nous vîmes des citoyens en train de former une barricade au coin de la rue Saint-Paul et de celle Saint-Antoine. Nous nous joignîmes à eux et nous allâmes chercher à cet effet trois voitures de déménagement qui se trouvaient dans l’hôtel Saint-Paul. Et c’est en renversant une de ces voitures que je fis une chute assez grave pour être obligé de faire appeler le docteur Levasseur, rue Bar-du-Bec, n° 9, qui me donna ses soins en ce moment. » Le 14 juin, il dut rentrer à l’hôpital Beaujon et ne put répondre à la convocation de la Commission des récompenses nationales. A la seconde lettre datée du 21 juin, que lui envoya la Commission, il sortit de l’hôpital le 23 pour s’y rendre mais l’insurrection du mois de juin commençait déjà et l’empêcha d’arriver jusqu’à la Commission. Le 26 août 1848, la Commission des récompenses nationales fit le rapport suivant, le concernant : « Il résulte de l’enquête faite avec soin que ledit Bugny serait sorti le 23 et 24 février. Les voisins, la concierge lui auraient même fait des reproches sur ce qu’à son âge il ne pouvait pas rester tranquille, qu’ils l’auraient vu revenir malade, se plaignant avoir reçu un coup de timon de voiture dans les reins, en voulant aider à en renverser une dans la rue Saint-Jacques ou les rues adjacentes ; c’est ce que leur a dit Bugny. Au bout de quelques jours, le mal empirant, il serait entré à la Charité puis en serait sorti pour voir si ses forces reviendraient et que n’allant pas mieux il a été obligé d’y retourner aujourd’hui 26 août. Ce citoyen n’est pas heureux ; il est âgé et paraît souffrir depuis les journées de Février. Il est certain qu’il était bien portant avant le 23 février. Ce ne serait donc que le résultat du coup reçu dans les reins, qui a occasionné la rechute de sa maladie. Mais je dois vous le déclarer il ne connaît personne qui l’ai vu blesser. » Bugny reçut un total de sept cent cinquante francs de secours jusqu’en février 1849. Il sollicita, comme ancien militaire, son admission aux Invalides. Il bénéficiait d’une bonne instruction selon l’inscription portée sur son dossier. Il était le frère de Bugny, Joseph, Constant. Il demeurait 7, place de l’Hôtel-de-Ville en 1848. Archives nationales F/1dIII/84.