Buisson, Anne, Jacques

Biographie


Né vers 1781. Cultivateur. Il sollicita, le 6 décembre 1830, la Croix de Juillet, pour la part qu’il avait prise à la révolution de Juillet. Sa demande, adressée au roi, était ainsi formulée : « Le soussigné, Anne, Jacques Buisson, natif de Montlouet (département d’Eure-et-Loir), âgé de quarante-neuf ans, cultivateur à Cernay-la-Ville, département de Seine-et-Oise, ose implorer la bonté et la justice de Votre Majesté. Animé par le plus pur patriotisme et l’amour de la bonne cause, il n’a jamais voulu reconnaître un gouvernement despotique et a éprouvé des malheurs sans nombre. Il est une malheureuse victime, sous l’ex-gouvernement, des persécutions exercées envers les patriotes imbus de bon principes. En février 1815, le soussigné ayant fait un pari d’un chêne à lui appartenant, évalué à 150 francs destiné pour la construction du château du roi de Rome, avec le nommé Arrault, Martin, cultivateur de ladite commune, contre un peuplier évalué à 20 francs que Bonaparte aurait pris les rênes du gouvernement avant le 28 avril même année, il fut arrêté et condamné à trois années de prison, cinquante francs d’amende et aux frais, liquidés à la somme de 108 francs et 70 centimes. Tous les renseignements et les pièces à l’appui seront donnés par M. Caillot, procureur du roi à Chartres et, à cette époque, son défenseur. Il ajoutera en outre qu’au mois de décembre 1829 il a été dénoncé à tous les gendarmes des environs par M. le maire de Cernay-la-Ville pour avoir publié que Charles X ne ferait ne serait plus sur le trône avant la moisson de 1830. Dans les immortelles journées des 27, 28 et 29 juillet, trouvant l’occasion la plus favorable et la plus propice à ses opinions, il a pris les armes et a fait tout ce que son devoir et l’honneur lui dictaient, n’étant pas guidé par le vil intérêt puisqu’il n’a rien réclamé, trop heureux d’avoir, au risque de sa vie, défendu la cause qui seule occupe ses pensées. Depuis ce temps, il a présenté deux mémoires à M. le général Lafayette, en réclamant sa bienveillance, sa justice et celle du gouvernement ; mais ils sont restés sans réponse. ce qui m’a décidé à importuner un moment Votre Majesté, pour la prier de prendre en considération les malheurs sans nombre qui ont accablé ce zélé patriote. Il s’adresse en toute confiance à un roi, l’élu de la nation, qui, en acceptant les rênes du gouvernement, a épargné le sang des français et à qui la France entière aura d’éternelles obligations. Si Votre Majesté juge le suppléant digne de ces royales bontés, veuillez lui accorder la décoration destinée aux vrais patriotes et aux zélés défenseurs de la bonne cause, ce qui lui rappellerait sans cesse qu’il doit être prêt, au moindre signal, à verser son sang pour le meilleur des rois et pour le salut de la patrie. Si son patriotisme et son entier dévouement à Votre Majesté lui ont acquis des droits à vos royales bontés, c’est avec la plus vive reconnaissance qu’il accepterait une place où il puisse employer utilement sa fidélité à toute épreuve, rien dans le monde ne pouvant faire changer les opinions qu’il conservera jusqu’à son dernier soupir. Le suppliant, plein de confiance en votre justice et osant espérer que vous daignez accueillir gracieusement sa très humble demande est avec le plus profond respect, Sire, de Votre Majesté le très humble serviteur et très fidèle sujet. » Il faisait adresser la réponse à cette lettre chez son ancien avocat, maintenant procureur du roi à Chartres (Eure-et-loir), M. Caillot. Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur la médaille de Juillet que demandait Buisson : « Les faits allégués ne sont pas prouvés ; la plupart sont étrangers au département ; mais d’ailleurs la conduite de M. Buisson ne présente rien de saillant qui mérite une récompense nationale. » Le Catalogue de l’Histoire de France, Bibliothèque nationale, département des imprimés, sous la cote cote Lb48 2926, signale un imprimé ainsi conçu : « Jugement du tribunal de Chartres, qui condamne Anne, Jacques Buisson à trois années de prison, pour avoir affiché sur la porte de sa demeure : Ici, on crie Vive Napoléon ! daté du 29 août 1816 et commençant par ces mots, par jugement rendu audit tribunal. Chartres, imprimerie de Lacombe, septembre 1816, in-f° plano. » Buisson demeurait à Cernay en 1831. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise ; Catalogue de l’Histoire de France, Bibliothèque nationale, département des imprimés, tome onzième, Firmin-Didot, Paris, 1879 (cote Lb48 2926).

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