Buisson, Louis, Hippolyte

Biographie


Né le 11 mars 1796 à Dieppe (Seine-Maritime). Tabletier. Le Figaro, en date du15 août 1830, rapportait à son sujet : « Parmi les braves qui ont combattu les 27, 28 et 29 juillet, on peut compter M. Buisson, fabricant tabletier, qui, le premier, a combattu en uniforme de la garde nationale, et a sauvé la vie à un soldat blessé, au coin de la rue Sainte-Appoline. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs en 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il reçut, en tant que décoré non blessé et nécessiteux, un secours de vingt-cinq francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il demeurait 64, rue des Gravilliers en 1831. Le Figaro, 15 août 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Etat des sommes payées par la Commission des récompenses nationales aux sous-lieutenants et aux décorés non blessés pour l’anniversaire de juillet 1830 du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, idem Souscription nationale, secours accordés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet aux décorés de la croix ou de la médaille, non blessés et nécessiteux, lettre de M. le préfet du 25 juillet 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement. In Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mennecier, Georges, cest presque sûrement lui qui signait comme « sergent de la 2e compagnie du 3e bataillon, un des premiers en uniforme, a combattu à la porte Saint-Martin, mention honorable dans le Figaro du 16 août » le certificat suivant en faveur de Mennecier, Georges, le 3 octobre 1830, et qui nous donne sans doute un aperçu de sa propre participation aux combats : « Détails de la journée du 28 juillet 1830 pour semparer du poste du Château-deau. A 10 heures et demie, le nommé Chaillard, Pierre, Alexis (voir ce nom), ayant servi huit années en qualité de tambour au 58e régiment de ligne, passé au 2e régiment, 2e bataillon, 4e compagnie de la vieille garde impériale et depuis 1816 na cessé dexercer les fonctions de tambour dans la 3e compagnie du 3e bataillon de la VIe légion de la garde nationale jusquà son licenciement par lex-roi Charles X. Lors des troubles du 28 juillet, qui seffectuaient rue Saint-Martin, ledit Chaillard, de son plein gré et dévouement à la patrie, sans aucun commandement, se présenta à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Aussitôt, il se saisit dune caisse, que le hasard lui fait trouver et quil sattache au col avec une corde. Il bat le rappel. Les dignes gardes nationaux dudit quartier, entendant le son du tambour, se sont empressés, tant en uniforme quen bourgeois, en armes de se réunir et se trouvèrent au nombre de dix. Peu à peu la compagnie se grossit. Létat-major arrive et donne lordre à ces braves de se rendre cour Batave et de se mettre sous les armes ; là, une centaine dhommes, en uniformes, était appuyée de deux cent cinquante environ, armés de sabres, de pistolets, et là lon attendait des ordres supérieurs ; quand tout à coup il sest présenté plusieurs inconnus, qui ont délivré des cartouches, dont on fit le partage. A linstant arrive un officier supérieur, qui donne lordre de se rendre rue Saint-Martin pour se saisir du poste du (ancien) VIe arrondissement, où montaient les pompiers, ainsi que celui du Château deau, poste très important. De suite, ces braves se rendirent à la mairie pour semparer dudit poste, qui fut rendu sur-le-champ par les pompiers qui y faisaient le service et accueillirent parfaitement ces gardes nationaux, en leur serrant la main, en criant Vive la garde nationale ! Après y avoir laissé les hommes nécessaires pour le garder, le tambour Chaillard conduisit le reste de sa compagnie, tambour battant, sur le boulevard en face le théâtre de la porte Saint-Martin et lon se mit en ordre de bataille. Le capitaine dit à ses soldats quil y avait une centaine dhommes du 53e régiment de ligne appuyée par un fort piquet du 1er régiment de cuirassiers et quil fallait aviser du moyen dépargner le sang des braves, tant pour la garde nationale que pour ces militaires. Aussitôt il demande un homme de bonne volonté pour marcher à eux en parlementaire. Bientôt une voix sort des rangs et dit que cest au caporal Mennecier à y aller comme le plus ancien de la compagnie. Ledit caporal se présente à linstant même à son chef, qui lui enjoint de remettre son fusil à son camarade et lui demande sil na pas un mouchoir blanc. Le brave caporal répond que oui. Eh bien ! dit le capitaine, allez trouver le commandant du poste et dites-lui que nous avons lordre supérieur de nous en emparer pour le repos et la tranquillité publique et que comme nous désirons autant que possible épargner le sang français, quil veuille bien acquiescer à notre demande. Après avoir reçu ces instructions, le caporal Mennecier partit en faisant flotter son mouchoir, en signe parlementaire, et parvint à la gauche du peloton de ligne. Le capitaine lui demanda ce quil désirait ? Il répondit quil avait ordre de parler au colonel. Ce premier le fit passer à droite et il parvint jusquà lui. Il lui dit quil était envoyé par ses chefs pour le prier de céder le poste quils occupaient, pour le bien et la sûreté publiques. Le colonel répondit au parlementaire Si nous avions la faiblesse de nous rendre, quand vous serez maîtres du poste qui me répondra que vous ne ferez pas comme vous avez fait aux gendarmes ? Vous les avez désarmés et vous leur avez foutu des coups ! (propres expressions du colonel du 1er régiment de cuirassiers). Le parlementaire dit et jura sur lhonneur de la garde nationale que lon ne les désarmerait pas et que ce noble garant devait lui suffire. Lorsque le colonel répliqua quil ne connaissait plus la garde nationale, quelle était licenciée, le brave caporal [répondit] Oui, Colonel, elle a été licenciée injustement mais jamais elle na été déshonorée... A ces mots énergiques, le colonel parla à ses officiers et se tournant vers le parlementaire, lui dit Jy consens, allez chercher deux de vos officiers supérieurs et de suite nous vous rendons le poste (il devait être 1 heure et demie). Aussitôt le parlementaire se retira en faisant flotter son mouchoir et longeant vers la gauche du boulevard pour retourner vers les siens. A peine avait-il fait cinquante ou soixante pas quils firent un feu de peloton sur lui et sur sa compagnie, dont ils eurent quatre hommes tués au premier rang et six de blessés, y compris le caporal Simon (voir ce nom), ancien militaire, qui reçut un coup de feu au bras gauche. Sitôt et sans attendre la réponse de son parlementaire, le capitaine fit battre en retraite toute sa compagnie jusquà la porte Saint-Denis. Là, on se mit en bataille et lon chargea en avant sur ledit post du Château deau. Les cuirassiers sapercevant dune marche aussi précipitée firent une charge sur eux, le pistolet au poing. Voyant quils pourraient enfoncer les rangs, les gardes nationaux se débandèrent et semparèrent chacun dun arbre, pour se battre en tirailleurs, ce quils exécutèrent avec beaucoup de succès car les cuirassiers, voyant quil ny avait plus moyen de leur résister, firent volte-face et se sauvèrent par la rue du Temple, en laissant une dizaine des leurs hors de combat. Dès lors, lon se réunit de nouveau pour marcher en avant sur le peloton du 53e, qui était encore maître du poste. Mais, se voyant abandonner par les cuirassiers, ils firent signe de cesser la fusillade et quils allaient se rendre à discrétion. Ce que nous avons fait sur-le-champ. Ces militaires nous ont remis leurs armes et nous sommes restés maîtres du poste et du champ de bataille. Nous pouvons évaluer notre perte à une vingtaine de tués et autant de blessés. »

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