Bureaudau, Jean-Marie
Biographie
Né le 3 septembre 1787 (par erreur le 4 janvier 1787 à Paris sur un certificat d’indigence in Archives nationales F/15/3782) à Paris, de Burodeau, Jean, Etienne, et de Fallet, Félicité, Pierrette (sur son relevé de service du ministère de la Guerre in Archives nationales F/15/3782). Ancien militaire des armées de l’Empire, d’abord engagé volontaire sur le Jean-Bart, puis ayant fait un congé de marine, il entra au 12e régiment d’infanterie légère le 3 mai 1806, et fut blessé d’un coup de feu le 14 juin 1807 à la bataille de Friedland, parti pour Bayonne le 12 janvier 1808 et rayé le 30 septembre 1808 de ce régiment, totalisant dix-huit années de service (à vérifier ailleurs parce que son relevé de service ne correspond pas), devenu marchand des quatre-saisons. Il fut blessé à la main droite et eut l’artère coupée pendant les combats de Juillet. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut (sous le nom de Burandot ou Buraudot) un secours de vingt francs le 1er décembre 1830, un secours de vingt francs le 15 décembre 1830, un secours de vingt francs le 15 janvier 1831, un secours de vingt francs le 15 février 1831, un secours de vingt francs le 15 mars 1831 auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Burandot sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39, faire le changement ?). Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1835, père d’une famille de six enfants en bas âge, « sans ressources et dans l’impuissance de subvenir en ce moment que le travail est rare aux besoins de sa nombreuse famille, toujours soumis aux institutions de son pays et aux vues du gouvernement, son attitude n’a pas cessé d’être calme et dévouée dans toutes les circonstances où le repos de la France a été menacé », il sollicita un secours. Le préfet de la Seine donna sur son compte les renseignements suivants : « Commissionnaire. Il a deux étals de marchand de fleurs et de fruitier sur le boulevard Bonne-Nouvelle ; l’un est tenu par sa femme et l’autre par une personne qu’il paye. Sa femme est très économe et laborieuse. Si Burandeau avait lui-même une pareille conduite il serait à son aise. Néanmoins, en raison de sa nombreuse famille, M. le maire du IIIe arrondissement pense qu’il peut y avoir lui à lui accorder un secours. » Le préfet de police précisait : « Il n’exerce aucune profession. Sa femme, qui est marchande de fruits sur les boulevards, pourvoit, seule, aux besoins du ménage ; elle a trois enfants en bas âge à sa charge. Quant au pétitionnaire, on le dit paresseux et adonné à l’ivrognerie. » Il reçut cependant un secours de soixante-quinze francs (mais le secours est indiqué femme Bureaudeau in F/9/1154). En 1836, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié et a six enfants à sa charge. Il exerce la profession de commissionnaire. Sa femme est marchande de bouquets sur le boulevard. Leur position est extrêmement gênée. Ils jouissent d’une bonne réputation sous le rapport de la probité mais le mari est adonné à l’ivrognerie. » Un autre secours de cinquante francs lui fut cependant accordé pour cette année-là. En septembre 1838, la femme Bureaudot (sic) renouvelait la demande d’un secours. A cette occasion, la même administration rapportait sur son compte : « […] Cette femme est marchande de fruits sur les boulevards. Bien que très laborieuse, elle a grand-peine à pourvoir aux besoins de sa nombreuse famille. On en dit beaucoup de bien et tout le monde dans son voisinage lui porte un grand intérêt. » Il reçut un secours de quarante francs en 1838, un secours de vingt francs en 1839, un secours de vingt-cinq francs en 1840, un secours de vingt-cinq francs en 1841. En 1842, il était ouvrier cardeur et « dans la misère » selon la préfecture de police, il reçut un secours de vingt-cinq francs. En 1843, inscrit aux indigents au bureau de charité du Ier arrondissement, « dans la plus profonde misère, ayant six enfants en bas âge à sa charge », il sollicita un secours. Au mois d’août de cette même année, « obligé de quitter une place d’étalagiste, qu’il avait obtenue dans la grille du ministère des Affaires étrangères, vu que cette grille vient d’être supprimée par ordre de police, ce qui le prive encore de la faible ressource qu’il avait pour soutenir sa famille, en y vendant des fleurs et quelques comestibles », ne pouvant plus se servir de sa main droite à cause de la blessure qu’il avait reçue en juillet 1830, il sollicita de nouveau un secours et obtint quarante francs, puis vingt-cinq francs en 1845. En 1846, il sollicita un secours et obtint un secours de quarante francs et un autre de vingt-cinq francs. En 1847, il sollicita un secours ; il était père de cinq enfants et précisait que « la longue durée et la rigueur de l’hiver et la cherté des subsistances l’a mis dans le cas d’épuiser toutes ses ressources et qu’il se trouve dans la plus cruelle indigence ». Il reçut, en 1847, un secours de quarante francs et un autre de vingt-cinq francs. Il participa à la révolution de Février, expliquant : « […] Il se montra derechef et se fit bien signaler dans son quartier et notamment du citoyen Delacharte, représentant du (ancien) Ier arrondissement. De plus il avait un fils âgé de vingt-six ans, qui fut tué pour notre patrie, dont il était un appui à son existence […]. » Il sollicita son entrée aux Invalides ou une place de gardien d’un lieux public, parce qu’ancien militaire, âgé de soixante-dix ans, blessé, père de cinq enfants et une femme à charge. Il expliquait ainsi sa position : « […] Marié et a cinq enfants. Un fils de vingt-huit ans, qui a une femme et deux enfants, qui sont en partie à la charge de leurs vieux parents. Trois filles âgées respectivement de dix-sept, quatorze, onze ans ; en ce moment elles s’occupent à vendre, conjointement avec leur mère âgée de cinquante et un ans, des fleurs et des bouquets. Un fils de sept ans. Le citoyen Burandot a perdu dans les journées de Février un fils âgé de vingt-six ans, qui vendait des fruits dans les rues de Paris. Ce fils a été tué mais son père ne peut dire d’une manière positive ni où ni comment, n’ayant pu le voir et n’ayant pas de certificats à cet égard. […] Sa famille n’est pas heureuse ; elle gagne fort peu de choses. Quant à lui, malgré ses soixante-dix ans, il est encore assez vigoureux et porte le cachet d’une vie probe et honnête. Il demande, pour éviter de mendier lorsqu’il ne pourra travailler, lui qui s’est encore battu en Février, malgré ses cheveux blancs, une place aux Invalides ou plutôt une place de gardien dans un lieu public pour pouvoir servir son pays tant qu’il en aura la force. » Sa demande était ainsi apostillée par Favre, L., membre de la sous-commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement et ancien élève de l’Ecole polytechnique : « Ce citoyen, qui a peu de certificats mais bons et qui demande une chose juste à bien des titres, mérite que l’on s’occupe de lui. » Il reçut un secours de dix francs, le 10 mars 1848, à la marie du (ancien) Ier arrondissement et un secours de quarante francs le 20 juin 1848. En 1849, il sollicita un secours ; la préfecture de police le disait « perclus de tous ses membres ; il est marié et a une femme aussi impotente que lui. Père de cinq enfants dont trois à sa charge, il se trouve dans une position affligeante et digne de commisération ». Il reçut, à titre de médaillé de Juillet, un secours de cinquante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, un secours de cinquante francs en 1851. En 1852, la préfecture de police rapportait sur son compte : « […] Est de bonnes vie et mœurs. Il est sans ressources. Il ne s’occupe pas de politique. Il est infirme de la main droite et il a trois enfants en apprentissage. Il est très digne d’intérêt. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, en 1853, en 1854, un secours de quarante francs en 1855, en 1856. En 1857, toujours la préfecture de police rapportait sur son compte : « […] Tient aujourd’hui une boutique de fleurs pour les cimetières. Son commerce est peu lucratif. Bien qu’il ait subi une condamnation en 1843, à un mois de prison, pour coups et blessures, le nommé Burandeau se conduit bien et sa position inspire de l’intérêt. » Il reçut un secours de quarante francs en 1857, un secours de cinquante francs en 1858 et un secours de cinquante francs en 1859. En 1860, ne pouvant se livrer à aucun travail manuel pour gagner sa vie, dans « une position on ne peut plus précaire », sa femme infirme, ayant engagé la plus grande partie de son linge et de ses effets pour vivre, ayant dû quitter Paris et vivre à Grenelle à cause de la cherté des loyers, il sollicita un secours et reçut un secours de cinquante francs. En 1861, arriérés dans le paiement de ses loyers, infirmes, « réduits à la détresse la plus poignante », les deux époux sollicitaient un secours et reçurent cinquante francs. En 1862, sa femme atteinte de cécité, devant deux termes de son loyer et menacé de voir ses meubles vendus s’il ne pouvait s’acquitter de ses dettes, il sollicitait un secours et reçut un secours de cinquante francs. En 1863, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Pensionnaire depuis deux ans dans l’hospice des vieillards, rue Popincourt, n° 60 (sic) ; il est marié et père de trois filles, qui lui font une pension de quinze francs par mois. Quant à sa femme, gardeuse de boutiques, elle n’a pas de loyer à payer et gagne un franc par jour. Cette famille est bien représentée sous tous les rapports. » En 1865, en signant Brissaudot, médaillé de Sainte-Hélène, « infirme et presque aveugle », il sollicita un secours, comme décoré de Juillet. A cette occasion, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié, père de trois filles qui ne peuvent l’aider, il a été admis à l’hospice des vieillards, rue Popincourt, n° 66, et sa femme se trouve dans une maison des Petites-Sœurs des pauvres du Xe arrondissement (ancien ou nouveau ?). Il résulte des recherches faites aux sommiers judiciaires que le sieur Burodeau, accusé de vol, a été mis en liberté en vertu d’une ordonnance de non-lieu le 31 mars 1824 mais qu’il a été condamné pour coups et blessures à six mois de prison à Paris le 6 mai 1843. Les renseignements sur sa conduite depuis cette époque lui sont favorables. » Il demeurait 10, rue du Faubourg-Poissonnière (un logement au loyer annuel de deux cents francs) en 1831-1835 ; 23, rue Sainte-Appoline, un logement au loyer annuel de deux cent cinquante francs, en 1838 ; 47 ou 47 bis, rue de la Chaussée-d’Antin en 1843 ; à la fois 19, rue Saint-Nicolas-d’Antin et 2, rue Neuve-de-la-Victoire en 1846-1849 ; 7, rue de Clichy en 1850-1858 ; 13, rue du Marché à Grenelle en 1859 ; 7, bd de Grenelle en 1860-1861 ; 37, rue de Clichy en 1862 ; 1, rue de Clichy, chez M. Félix, fruitier, en 1863 ; 79, avenue de Saint-Ouen aux Batignolles puis 118, avenue de Saint-Ouen en 1864 ; 14, rue Sertier chez M. Colère en 1865. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 69 (par erreur sous le nom de Burandof, Jean-Marie) ; Archives de Paris VD3 1-2, 1830 Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Pichon, J.P. ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Burandot, Jean-Marie) ; Archives nationales F/9/1154 ; Archives nationales F/9/1155 ; Archives nationales F/15/3782 secours à divers titres ; Archives nationales F/15/3839 secours à divers titres (classé à Brissaudot) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves qui ont formé des demandes de secours, et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 29 mai 1849, minutes 57-61 (sous le nom de Bureaudot, Jean-Marie), idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138 (sous le nom de Burodot, Jean-Marie), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Burandeau, Jean-Marie), idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852 (sous le nom de Buraudeau, Jean-Marie).