Burnet, Jean-Baptiste

Biographie


Né le 3 mars 1797 à Sérancourt ou Surancourt (seule la commune de Sénancourt semble exister…) (Meuse). Ancien sous-officier instructeur au 53e de ligne, congédié en 1821. Cabaretier à Neuilly. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il devait donner, en 1843, les explications suivantes sur les circonstances qui lui avaient valu la médaille de Juillet : nommé capitaine provisoire lors de la formation de la garde nationale de Neuilly, dès « le 28 juillet par les personnes les plus notables de la commune de Neuilly, pour former des postes afin de rétablir l’ordre et de faire respecter les propriétés, ce qu’il fit avec zèle. Blessé d’un coup de baïonnette (parfois aussi d’un coup de sabre, N.D.A.) ce même jour, qui lui traversa la cuisse, en s’opposant contre les pillards, ce qui lui valut la décoration de Juillet. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis (par erreur sous le nom de Burnet, Baptiste sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin 1831. En 1830, il était père de quatre enfants. Il fut par la suite nomme lieutenant en premier et, en cette qualité, instructeur de la garde nationale et spécialement du corps des officiers de Neuilly, qui, en reconnaissance, lui offrirent le grade d’adjudant-major. « Il le refusa parce qu’alors il était à son aise et que, d’un autre côté, en l’acceptant, il ôtait le pain au titulaire, qui n’avait que les appointements affectés à cette charge, pour ressources », expliqua-t-il par la suite. Il resta instructeur pendant sept ans, « se trouvait au 5 et 6 juin et a fait rétablir l’ordre. Il a eu l’honneur, plusieurs fois, en commandant la compagnie de service au château de Neuilly d’être admis à la table » du roi. Le 9 janvier 1841, n’ayant jamais rien réclamé mais aujourd’hui dans « la plus extrême détresse avec sa femmes et cinq enfants, sans aucunes ressources », il adressait la lettre suivante au ministre de l’Intérieur : « Victime de faillites et de pertes de toutes espèces, qui m’ont totalement ruiné, j’ai pris la liberté d’exposer, il y a quelques mois, ma détresse, et, dans les premiers jours de décembre dernier, deux délégués du ministère sont venus constater ma position, mes états de service, mon brevet d’officier de chasseurs de la garde nationale de Neuilly, mon mobilier, dont il manque une forte portion, retenue à la mairie de La Villette, pour un restant de loyer, mes cinq jeunes enfants, qu’ils trouvèrent intéressants, ma correspondance, qui prouve combien je fus utile à mon pays et surtout pendant les émeutes, où, toujours à mon poste et zélé partisan de l’ordre, je parvins toujours à l’établir (j’eus la cuisse traversée d’un coup de sabre dans une semblable occasion). Ces messieurs me dirent : “Soyez sans la moindre inquiétude, M. Burnet, un mois ne se passera pas sans que M. le ministre, d’après le rapport que nous allons lui faire sur vos titres à la sollicitude du gouvernement, ne vienne à votre secours d’une manière efficace… Comptez sur ma parole d’honneur et attendez avec confiance le résultat de nos promesses.” Venus séparément à trois jours d’intervalle, ces messieurs me dirent la même chose. L’année est écoulée et comme mes besoins s’aggravent au lieu de diminuer, je viens, monsieur le ministre, vous supplier de faire droit à ma demande et vous dire que de votre décision dépend l’existence de sept personnes, dont le chef, ancien sous-officier de l’armée et officier de la garde nationale, ose se dire etc. » Le 12 décembre 1840, sa position avait fait l’objet du rapport suivant : « Burnet, Jean-Baptiste, quarante-sept ans, marié, père de cinq enfants, marchand de vin rue Drouin-Quintaine, 4, barrière de Pantin, médaillé. Il a déjà été établi marchand de vin mais, ayant fait de mauvaises affaires, il s’est défait de tout ce qu’il possédait pour payer ses créanciers. Les renseignements recueillis sont extrêmement favorables sous tous les rapports. Sa position est tellement malheureuse en ce moment qu’il peut à peine donner du pain à ses enfants. Ses antécédents sont excellents : comme garde national il a rendu plusieurs services contre les émeutiers. » Il reçut un secours de cent francs le 4 février 1841, un secours de cinquante francs en octobre 1841, un secours de vingt-cinq francs en 1842. Le 1er avril 1843, il sollicitait un nouveau secours, expliquant ainsi sa position : « […] Ruiné par des revers de commerce, qui l’ont mis sans aucun moyen d’existence, menacé par son propriétaire d’être expulsé, devant son loyer de trois termes, père de famille de quatre jeunes enfants […]. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs le 24 juillet 1843 et un autre de cinquante francs en octobre de la même année. Le 3 octobre 1844, il sollicita de nouveau un secours, avançant les mêmes titres et décrivant une situation qui ne s’était pas arrangée. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1844 ; un secours de quarante francs et un secours de vingt-cinq francs en 1845 ; un secours de quarante francs et un secours de vingt-cinq francs en 1846 ; un secours de quarante francs en 1847. En 1849, l’administration donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Journalier. Il a été établi seize ans à Neuilly comme restaurateur et a été officier de la garde nationale de 1830 à 1838. Père de quatre enfants, dont trois sont à sa charge, ayant en outre sa femme malade depuis deux ans, il se trouve dans une position des plus nécessiteuses. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, un secours de soixante-quinze francs en 1850, un secours de soixante francs en 1849 (à titre de décoré de la Croix de Juillet), un secours de soixante-quinze francs en 1851. En 1852, les renseignements suivants étaient recueillis sur son compte : « […] Il a épuisé toutes ses ressources dans la dernière maladie de sa femme. Il a deux enfants qui gagnent leur vie. Bien qu’arriéré pour son loyer, son propriétaire l’a gardé comme locataire. Il est dans une position précaire. Bons renseignements sous tous les rapports. Burnet ne s’occupe pas de politique. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1852 et en 1853, un secours de soixante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855, un secours de quarante francs en 1856. En 1857, les renseignements suivants étaient donnés sur son compte : « […] Veuf, est aujourd’hui homme de peine dans les ateliers de mécanique du chemin de fer d’Orléans. Ses journées s’élèvent à deux francs cinquante mais il est souvent forcé d’interrompre son travail, faute de santé. Sa famille ne peut lui venir en aide et sa position est souvent nécessiteuse. Sa conduite ne laisse rien à désirer. » Il reçut un secours de quarante francs en 1857, un secours de quarante francs en 1858, un secours de quarante francs en 1859 et un secours de quarante francs en 1860. Il demeurait à Neuilly (Hauts-de-Seine) en 1831 ; 4, rue Drouin-Quintaine à La Villette en 1841 ; 23, rue de Jessaint, un trois-pièces cuisine au rez-de-chaussée, à La Chapelle-Saint-Denis en 1843-1854 ; 35, rue du Chevaleret à la gare d’Ivry en 1856-1859 ; 6, rue de l’Elysée à Tours en 1860. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, idem Récompenses nationales, remise des brevets de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Saint-Denis (on trouve aussi ces mêmes listes deux fois in Archives de Paris VK3 39) ; Archives nationales F/15/3782 secours à divers titres. Cest par erreur que son dossier est apostillé croix spéciale sous le nom de Brunet, Jean; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116 (curieusement à titre de décoré de la Croix de Juillet), idem, Proposition, en date du 25 mai 1851, d’accorder à 34 décorés, médaillés, veuves et combattants de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 1.895 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 186-188 (aussi à titre de décoré de la Croix de Juillet), idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852 (aussi à titre de décoré de la Croix de Juillet).

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