Bussière, Nicolas, Charles
Biographie
Né en 1797 à Paris. Relieur. Il adressa, le 31 janvier 1831, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Je déclare que le 28 juillet 1830 j’ai sorti de mon travail à 11 heures du matin avec un fusil. Je suis allé dans Saint-Jean-de-Latran, où j’ai eu des cartouches. De là, j’ai descendu à la place Maubert, où j’ai vu brûler tout ce qui était dans le corps de garde. J’ai acheté des cartouches pour vingt sous à la place Maubert. De suite, je suis parti à la Grève, il était 1 heure après midi, où tout le monde demandait des armes. Peu de temps après, j’ai vu apporter deux sacs de balles à l’Hôtel de ville. Nous nous sommes trouvés un bon nombre. Nous avons entendu des cuirassiers. Nous avons couru pour aller à leur rencontre. Mais, voyant qu’ils s’en retournaient du côté du pont Marie, nous sommes revenus sur la place de Grève. Les lanciers sont arrivés sur le quai en face le pont d’Arcole. Après eux sont venus des cuirassiers. Il était entre 2 et 3 heures. Ce sont eux qui ont commencé à tirer sur nous. Il y a eu un jeune homme d’environ vingt ans qui a été blessé dans l’aine droite. J’ai aidé à le ramasser. Nous l’avons porté dans la rue de la Tannerie (ou Vannerie ? illisible). Nous l’avons remis à des gens qui n’avaient pas d’armes. Nous nous sommes mis en embuscade au coin de la rue de la Tannerie (ou Vannerie ? illisible). Environ une demi-heure après nous avons vu arriver les Suisses et les gardes royaux. Nous nous sommes battus contre eux jusqu’à environ 5 heures. De là, je suis allé rue Planche-Mibray. Il est passé sur le quai environ quinze cuirassiers, qui ont fait feu sur nous en passant. Sitôt leur décharge faite, nous les avons poursuivis sur le quai de Gesvres. Nous en avons tué quatre et blessé un cheval à la cuisse droite. Peu de temps après il est passé un caisson de munitions, qui allait à la Grève. Nous n’avons pas pu l’empêcher de passer parce que la ligne était tout autour et en tirant sur les conducteurs du caisson nous aurions pu blesser des soldats de la ligne, ce qui n’était nullement notre intention puisqu’ils ne tiraient pas sur nous. Nous nous sommes mis en embuscade derrière le parapet du pont Notre-Dame et nous tirions sur les troupes qui étaient sur la Grève. J’ai été longtemps avec un jeune homme qui avait une blouse bleue. M. Dubosse, marbrier, rue des Sept-Voies n° 7, m’a vu à la Grève dans l’instant où je me battais. Le 29 au matin, j’ai été m’embusquer sous les arcades près l’Institut, il pouvait être à peu près 11 heures. Depuis 5 heures jusqu’à la prise du Louvre où nous avons passé sur le pont des Arts, j’ai été le long du quai des Tuileries. J’ai passé sous la voûte qui est en face la descente du port Saint-Nicolas. J’ai été pour me réunir aux autres pour prendre le château mais ma belle-mère, qui demeure place du Carrousel n° 10, m’ayant vu passer, elle m’a fait entrer chez elle et n’a plus voulu me laisser sortir. Elle m’a dit : “Pense que tu es veuf avec trois enfants.” C’est la même raison qui m’a empêché d’aller à Rambouillet, parce que si ma belle-mère ne m’eût pas vu, j’aurais poursuivi l’ennemi jusqu’à la fin. Messieurs, je réitère la demande que j’ai déjà faite à la Commission pour un emploi dans l’octroi. » Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 12 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28 à la Grève. Le 29 au pont des Arts. Père de trois enfants et veuf. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 12 janvier 1831, à une voix pour la croix, cinq voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Bussières, Nicolas, Charles sur les listes de la mairie). Il est répertorié (sous le numéro 910) dans la liste des demandes diverses et (sous le numéro 990) dans la liste des demandes concernant un poste dans l’octroi, posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Il fut proposé, sachant lire et écrire, pour un emploi de sergent de ville. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Bunierre, Nicolas, Charles), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Sa veuve reçut un secours de quarante francs en 1850, un secours de cinquante francs en 1851 et en 1853, à titre de veuve d’un médaillé de Juillet. Il demeurait 1, rue des Sept-Voies en 1831 ; sa veuve, 47, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève (par erreur de l’administration, parfois indiquée comme demeurant 17, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève) en 1850-1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la méd Il était père de trois enfants en 1830. aille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité trois fois dont la deuxième sous le numéro 910, la troisième sous le numéro 990) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés (sous le nom de Bussières, Nicolas, Charles), liste des demandes diverses, liste des demandes de poste dans l’octroi ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 12 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 41 (plus indiqué voir dossier Vandershelden) ; Archives de Paris VK3 54 in dossier Vandershelden, Léonard ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Bussières, Nicolas, Charles, faire le changement ?) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem rapport du 18 juin 1850 et suivants, minutes 120-126, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à cinquante-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.100 francs, minutes 260-262, en date du 29 janvier 1853.