Buttoud, Antoine
Biographie
Né vers 1790 à Paris. Limonadier ou marchand d’eau-de-vie, rue Saint-Antoine. « [...] Vétéran des armées de la république et de l’Empire, et qui a courageusement combattu en Juillet, était depuis longtemps en butte aux injures de quelques-uns de ses voisins. Ayant porté plainte contre les époux Thil pour fait de diffamation, gain de cause a été donné à ce citoyen. Thil et sa femme ont été condamnés chacun à 30 francs d’amende et 100 francs de dommages et intérêts. M. Buttoud a fait don aux pauvres des dommages et intérêts qui lui avaient été alloués. » Il comparut, le 17 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Rigot, Louis, Jules et « savoir que le 28 juillet dernier ledit sieur Rigot était monté sur le toit de la maison rue Saint-Antoine n° 33 ; que de là il jetait des tuiles dans la rue pour arrêter la marche de la garde royale ; qu’il y a reçu un coup de feu entre les 5 et 6 heures du soir et qu’il est tombé raide mort ». Il fut condamné, les 21 et 22 novembre 1832, à la peine de la déportation par la cour d’assises de la Seine pour sa participation à l’émeute des 5 et 6 juin 1832 « pour tentative d’homicide volontaire manifestée par un commencement d’exécution » mais avec circonstances atténuantes, et entre autres pour avoir participé à la construction de la barricade de la rue Thiroux. Il lui fut fait remise de sa peine mais la surveillance maintenue, le 10 octobre 1836. Nous empruntons au Dictionnaire du mouvement ouvrier français, de Maitron, les passages suivants de sa notice biographique : « […] Incarcéré dans un premier temps à Sainte-Pélagie, il fut transféré dans le quartier politique de la maison centrale du Mont-Saint-Michel le 4 juin 1833, au même moment que Jeanne (voir Jeanne, Eugène, Charles, Prosper), Prospert (voir Prospert, Victor), Hassenfratz (voir Hassenfratz, Pierre, Henri) et autres condamnés de juin 1832. Il s’y comporta en ardent républicain, participant à de nombreuses manifestations séditieuses (chants, port du bonnet rouge, etc.), s’opposant avec fermeté aux détenus légitimistes incarcérés dans la même enceinte. En mai 1834, le directeur du Mont-Saint-Michel l’accusa d’avoir tenté de convertir au républicanisme deux détenus de droit commun. Des proclamations furent saisies à cette occasion dans sa cellule. Buttoud fut condamné à dix jours de cachot. Selon le directeur, il faisait alors partie d’un groupe d’opposants inflexibles, hostiles à toute perspective de compromis avec les autorités. Il y demeura jusqu’au 18 mai 1836. Transféré à Doullens, il bénéficia de la grâce du 6 octobre 1836. Il décéda probablement en 1850 : à compter de cette date, les secours qu’il touchait comme condamné politique du régime de Juillet furent versés à sa veuve. » L’ouvrage donne les sources suivantes, que nous n’avons pas consultées : Archives de la préfecture de police AA 367 ; Archives nationales F16/411 ; Archives nationales CC597 ; Archives du ministère de la Guerre, justice militaire (dossiers non classés) ; la Gazette des tribunaux, 30 juin 1832 ; Le Mont-Saint-Michel, prison politique sous la monarchie de Juillet, Paris, Boivin et cie, 1932. Il était marié et père d’un enfant en 1831. Il demeurait 33, rue Saint-Antoine en 1830-1832. Le Journal du peuple, 6 septembre 1840 ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Rigot, Louis, Jules ; Archives nationales CC//781 (sous le seul nom de Buttoud) ; Archives nationales BB18/1330 ; l’Ami de la religion, journal ecclésiastique, politique et littéraire, Paris, librairie ecclésiastique Le Clère et Cie, 24 novembre 1832, n° 2028, p. 171 ; Le Censeur, Journal de Lyon, politique, industriel et culturel, 11 octobre 1836 ; Bouchet, dans son ouvrage Le Roi et les Barricades, reprend la notice du Maitron et ne donne pas d’indications supplémentaires.