Cabanne, Jean-René

Biographie


Né le 13 frimaire an X (4 novembre 1801), fils de Cabanne, Jean, marchand, et de Demarque, Marie, Anne, son épouse. Ancien militaire, devenu bottier. Il fut blessé, pendant l’affaire de la place Louis XVI, par un coup de feu reçu à la partie postérieure et inférieure de la jambe droite pendant les combats de Juillet à Nantes (Loire-Atlantique). Il resta estropié pour la vie. Il fut décoré de la Croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831. Réduit à « un état voisin de l’indigence et dans l’impossibilité de se livrer à des travaux qui nécessitent de la force et de l’agilité », il fut pensionné de huit cents francs par la Commission des récompenses nationales de la ville de Nantes. Il était célibataire en 1830. Il avait des parents, cabaretiers et dans une position fort gênée, et six frères et sœurs dans le plus grand besoin. Il apostilla, avec de Hersant (voir Hersant de, Jean, Fidèle), blessé et membre de la députation et Hyrvoix (voir ce nom) la demande de Lahaye, François (voir ce nom), quand celui-ci demanda pour récompense d’obtenir de l’avancement dans le 14e léger, où il venait de s’engager : « Je certifie que M. F. Lahaye était au cours le 30 juillet dernier et qu’il a supporté le feu du 10e de ligne. En foi de quoi, je lui ai signé cette pétition. » Il délivra, le 7 décembre 1830, en faveur de Rissel, Auguste et avec Petit, Léon, Gustave (voir ce nom), Bodet-Lacroix, Louis (voir ce nom), Mermier (voir Mermier, Pierre, Balthazard), Cholet (voir Cholet, Vincent), Catheaugrue (voir Catheaugrue aîné). le certificat suivant quand il sollicita une sous-lieutenance dans la cavalerie : « Nous, soussignés, citoyens blessés et présents à l’affaire du 30 juillet, certifions avoir vu M. Auguste Rissel dans nos rangs et qu’il a assisté au combat qui a eu lieu sur la place Louis-XVI, maintenant place des Martyrs, entre les jeunes gens et les soldats du 10e. En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent certificat. » Il signa, le 4 août 1831, avec Trastour (voir ce nom), décoré de Juillet, Durand, C., Bond, décoré de Juillet, Rocher ; Cupin, P. (voir Cupin, Prosper), décoré de Juillet, Jeanjot, Louis (voir ce nom) et Ageron (voir Ageron, Joseph), décoré de Juillet, le certificat suivant en faveur de Humbert, Jacques, Etienne : « Les habitants de la ville de Nantes, faisant partie de la garde nationale, soussignés, certifient à qui de droit que le sieur Jacques, Etienne Humbert a été un des douze premiers citoyens qui, dans la journée du 30 juillet 1830, ont pris les armes pour la défense de nos libertés ; que, s’étant fait remarquer par sa bonne conduite, il fut nommé capitaine de la garde nationale provisoire et que, par les suffrages de ses concitoyens, il a été maintenu dans ce grade dans l’organisation définitive qui a eu lieu dernièrement, conformément à la loi. En témoignage de quoi, ils délivrent avec plaisir audit sieur Humbert la présente attestation pour lui servir au besoin. » Il fut un des très nombreux (deux pages de nom, voir la liste à Catheaugrue, Frédéric, Julien) qui, en mai 1832, apostillèrent la lettre que Catheaugrue fit parvenir à son député, afin d’obtenir, en raison des blessures qu’il avait reçues, une pension du gouvernement : « Lorsque le peuple parisien détruisait en quelques heures une insupportable tyrannie, de généreux citoyens, s’associant à ces périls, luttaient au même instant contre un pouvoir exécré qui ne fut trop longtemps que l’opprobre de notre belle patrie. Partout en France comme à l’étranger, des souscriptions furent ouvertes pour venir au secours des hommes que leurs blessures mettaient hors d’état de pourvoir aux besoins de leurs familles, et des veuves de ceux qui étaient restés sur le champ de bataille. Le roi, que nos vœux appelaient au trône et que nos bras y avaient placé, créa pour nous une décoration spéciale et mit à la disposition de ses ministres un fonds destiné aux pensions qui furent accordées depuis. De tous les blessés de Nantes, je suis, par une étrange fatalité, resté seul dans l’oubli pour la pension annuelle. Ce qui m’a convaincu de la chose c’est que j’ai vu mes frères d’armes du 30 juillet toucher tout récemment leur trimestre, et, sans vanité, Monsieur, je peux me compter au nombre de ces braves défenseurs de nos libertés. Retenu longtemps par mes graves blessures et qui se sont rouvertes le 24 septembre dernier, je fus, pendant ce temps, obligé de confier à des ouvriers la direction de mon établissement, qui a depuis beaucoup perdu de sa valeur : aussi je me demande pourquoi je n’ai pas eu part à la munificence du gouvernement. Est-ce pour avoir distribué des armes à plusieurs de mes concitoyens et qui ont combattu avec moi ? je ne le pense pas. Mon dévouement a été trop louable. Cependant, par mes blessures, je me vois sur le point de réduire ma famille à la plus affreuse misère, à laquelle j’ai, pour ma patrie, volontairement contribué. Je vous prie donc, Monsieur, de prendre en considération l’exposé sincère de ces faits. C’est avec toute la franchise d’un bon patriote que j’ai l’honneur de vous adresser ma demande. J’ai l’honneur, etc. » En 1832, il lui fut accordé un secours afin de pouvoir se rendre à Barèges, pour y prendre les eaux et soigner ainsi les séquelles que lui avait laissées sa blessure. Il demeurait 13, rue des Carmes (mais 13, rue Saint-Léonard, chez son père dans un certificat de notoriété) à Nantes en 1830. Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 23 ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831.

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