Cadet de Gassicourt, Charles, Louis, Félix

Biographie


Né le 11 octobre 1789 à Paris, fils aîné de Cadet de Gassicourt, Charles, Louis, avocat, homme de lettres et pharmacien de Napoléon. Pharmacien. Une réunion fut organisée à son domicile, dès le 27 juillet, « pour concerter les moyens et prendre vent », selon le récit que fit Barthe, Charles, Laurent, Emile (voir ce nom), sur sa propre participation aux événements, ou pour organiser l’insurrection selon le récité de Boileu, Jacques, Marie (voir ce nom). A cette réunion, étaient présents entre autres Thiers et Beranger. Alexandre Dumas un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet, et qui en laissa un récit impartial et bien renseigné, donnait sur cette réunion les précisions suivantes : « L’une [des réunions, N.D.A.], libérale pure, presque républicaine, se tenait rue Saint-Honoré, dans la maison du pharmacien Cadet de Gassicourt. Les membres principaux de celle-là étaient Thiers (voir Thiers, Adolphe), Charles Teste (voir Teste, Charles, Antoine), Anfous, Chevalier, Bastide (voir Bastide, Jules), Cauchois-Lemaire (voir Cauchois-Lemaire, Louis, Auguste, François) et Dupont (voir Dupont, Jacques, François) ; on y débattait cette motion, de créer dans chaque arrondissement un comité de résistance chargé de se mettre en communication avec les députés. » Dans le témoignage de sa propre participation aux combats de Juillet, que rédigea Giraud-Dulong, François, il laissait comme information sur Cadet de Gassicourt, que des avis aux élèves des Ecoles avaient rédigé pour les avertir qu’on se rassemblait, le mercredi, chez Cadet-Gassicourt. Dans le récit que fit de sa propre participation aux combats un combattant dont le nom est illisible in Archives de Paris VD6 281 n° 1, il est fait aussi allusion à cette réunion : « […] [Le mardi soir] Nous nous dirigeâmes ensuite sur la demeure de M. Cadet de Gassicourt pour assister à une réunion, nous prîmes en passant M. Duclos-Blerzy (voir Duclos-Blerzy, Pierre, Louis, Joseph, Etienne) […]. » Dans ses Mémoires, Rémusat donne l’avis suivant sur la teneur de la réunion : « Ce qui se dit de paroles inutiles dans ce genre de réunion ne peut s’imaginer par qui n’en n’a pas l’expérience. Il y a les ardents et les impétueux, qui veulent parler pour satisfaire leur tempérament et qui se soulagent en déclamant au hasard. Il y a les badauds, qui veulent raconter ce qu’ils ont vu et entendu, le croyant très important parce que c’est tout ce qu’ils savent. Il y a les vaniteux, qui préoccupés d’eux-mêmes, tiennent absolument à expliquer leur conduite… » Dans Lafayette et la révolution de 1830, Sarrans donne les indications suivantes sur l’activité de Cadet de Gassicourt : « Dès le mardi matin, 27, des comités avaient été formés, à cet effet, dans les (anciens) XIe et XIIe arrondissements, par les soins empressés de M. Boulay de la Meurthe. Cet honorable citoyen qui, depuis plusieurs années, s’occupait assidument de l’épuration des listes électorales, put facilement dresser une liste de cinquante des électeurs les plus énergiques et les plus influents. Ces électeurs convoqués pour midi, se réunirent sous la présidence de M. Chardel, et procédèrent à la formation des deux premiers comités. On nomma ensuite cinq commissaires faisant partie du comité central, et chargés en outre de convoquer les comités particuliers, aussitôt qu’ils le jugeraient convenable. On verra dans les pages suivantes ce que firent ces électeurs réunis, dans la nuit du mardi au mercredi, chez M. Cadet-Gassicourt. [Puis le mardi 27 à 19 heures, dans la réunion où étaient aussi présents les journalistes Thiers, Rémusat et Cauchois-Lemaire, Béranger, Jules de Lasteyrie] Aussitôt que la séance fut ouverte, M. Boulay de la Meurthe rendit compte à l’assemblée du résultat de la mission que la députation des électeurs de Paris avait remplie auprès des députés réunis chez M. Casimir Périer. Il fit part aussi de l’organisation des comités des (anciens) XIe et XIIe arrondissements, et demanda instamment qu’il en fût formé de pareils dans tous les arrondissements où il n’en existait pas encore. Cette proposition, énergiquement appuyée par M. Cauchois-Lemaire, donna lieu sur-le-champ à toutes les mesures nécessaires à son exécution ; un commissaire, chargé de veiller, sous sa responsabilité personnelle, à l’accomplissement de toutes ces mesures et de correspondre, à cet effet, avec le comité central, fut désigné dans chaque arrondissement. Toute la soirée et une partie de la nuit furent consacrées à cet important travail, et quoique nous fussions, pour ainsi dire, sur un champ de bataille, la terreur ne s’était emparée d’aucun de nous ; l’indignation était, au contraire, dans toutes les âmes ; chacun sentait qu’il ne pouvait plus être question de s’en tenir aux moyens légaux ; que la tyrannie ayant tiré le glaive et le peuple commencé la résistance, il était temps de courir aux armes. Aussi proposa-t-on unanimement d’aviser, pour le lendemain, aux moyens d’armer la garde nationale. Les comités furent chargés de l’exécution de cette mesure, et tous leurs membres prirent l’engagement de se présenter eux-mêmes en uniforme, munis de leurs armes, et appelant leurs concitoyens à suivre leur exemple. Cette résolution prise, l’assemblée se sépara pour aller se préparer aux grands événements du lendemain. » La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation à la révolution de Juillet : « Un grand nombre de blessés ont été accueillis à la pharmacie de M. Cadet-Gassicourt. Toute espèce de soins et de secours leur ont été prodigués. Des moyens commodes de transport étaient organisés d’avance. Des gens de l’art y sont en permanence. Ce trait d’humanité patriotique n’étonnera aucun de ceux qui savent avec quel dévouement M. Cadet-Gassicourt a consacré son temps et sa maison aux premières comme aux plus récentes réunions électorales, et à des assemblées d’une nature beaucoup plus délicate et plus dangereuse. » Et aussi dans Le Temps du 6 août 1830 : « Un grand nombre de blessés ont été portés chez M. Dubois, qui se trouvait aux eaux pendant les événements des 27, 28 et 29 juillet ; mais les deux gendres de M. Dubois ont suppléé à l’absence de leur beau-père. M. Cadet-Gassicourt, pharmacien, rue Saint-Honoré, a ouvert sa maison aux blessés que venait panser assidûment M. Férus, médecin en chef de l’hospice de Bicêtre. M. Dubois, à son retour, apprendra que sa famille s’est montrée digne de lui. » Et enfin dans Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades : « Il est impossible de se figurer à combien de traits d’héroïsme et de dévouement les affaires des derniers jours de juillet ont donné naissance : sur tous les points, des ambulances avaient été ouvertes pour recueillir les blessés, auxquels les femmes s’empressaient de prodiguer les soins les plus tendres. La maison Cadet-Gassicourt, rue Saint-Honoré, n° 108, a été, pour ainsi dire, une des premières à donner l’exemple : parmi les locataires de cette maison, une quête a été faite au profit des blessés ; les dames qui se sont le plus distinguées par leur dévouement sont mesdames Jéneau, Formanoire, Lambert, Potier et Boucher. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il signa un certificat en faveur de Fabre, Honoré, pour attester que ce dernier, au premier coup de tambour, s’était présenté à la mairie pour demander des cartouches et des armes, pour participer à l’expédition de Rambouillet, et que lui-même lui avait prêté son propre fusil. On trouve dans le dossier de Bousquet de Rouveix, Elie, le certificat suivant, délivré le 19 avril 1831 et où il est fait mention de Cadet de Gassicourt : « Je, soussigné, certifie que le sieur Elie Bousquet, commis voyageur en vins, a été reçu dans l’ambulance établie rue Saint-Honoré chez M. Cadet de Gassicourt et qu’il y est décédé à la suite d’une blessure reçue à la tête dans la journée du 28 juillet 1830. » Il délivra le certificat suivant en faveur de Duplessis, Jean-Baptiste : « Nous, maire du [ancien] IVe arrondissement, nous plaisons à rendre un juste témoignage de la conduite honorable du sieur Duplessis, pharmacien-herboriste, rue de la Lingerie, au coin de celle de la Poterie, dans les grands événements qui viennent de rendre la liberté à la France. Après avoir fait son devoir comme garde national et comme bon Français, ce citoyen philanthrope a prodigué ses soins aux blessés. La maison dans laquelle il demeure se trouvant vis-à-vis l’endroit où ont été enterrés, au marché des Innocents, les braves qui ont péri pendant le combat et qui étaient en grand nombre déposés depuis plusieurs jours rue de la Poterie, dans une des serres de la halle aux draps, il a pourvu de lui-même et à ses frais à tout ce qui était nécessaire pour assainir l’air et pour préserver la santé de ceux qui transportaient et enterraient les morts. Il a montré en toutes choses un zèle infatigable et après avoir fait les avances de tout ce qui était nécessaire, il n’a voulu d’autre dédommagement que la satisfaction de s’être rendu si utile à ses concitoyens. Sa conduite au-dessus de tout éloge lui donne des droits à la reconnaissance de ses compatriotes et c’est pour lui exprimer la nôtre que nous nous empressons de lui donner le présent certificat. A Paris, en mairie, le 21 août 1830, Cadet de Gassicourt (voir ce nom), adjoint. » En 1831, il était maire du IVe arrondissement. Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses... ? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 16 mai 1831 à la mairie du IVe arrondissement, reçut sa croix le 21 juin et son brevet le 8 août 1831. Son petit-fils devait donner dans la Revue d’histoire de la pharmacie, la notice biographique suivante sur son grand-père : « Fils aîné de Charles-Louis Cadet de Gassicourt, avocat, politicien, homme de lettres, pharmacien de Napoléon Ier, Félix naquit à Paris le 11 octobre 1789. Il se destinait à la médecine et soutint, le 6 novembre 1817, une thèse fort documentée sur le jalap. Mais son père étant décédé le 21 novembre 1821, il se hâta de faire sa pharmacie pour lui succéder : il passa ses deux premiers examens le 1er mai 1822 et les deux autres le 1er juin de la même année. Comme son père l’avait été lors de la Révolution de 1789 (Président de la Section Le Peletier, il s’était mis en opposition avec la Convention le 13 vendémiaire an IV [4 octobre 1795] et fut condamné à mort par contumace. Il ne dut son salut qu’à la fuite), Félix fut tenté par la politique : il adopta avec passion les idées libérales qui commençaient à se faire jour vers la fin du règne de Louis XVIII. Membre de l’association des Amis de la liberté de la presse, dissoute à la suite d’un procès et de la défection de nombre de ses membres, il jeta, avec quelques amis, les bases du Comité central des élections. De 1822 à 1824, il fit partie de tous les bureaux définitifs du 1er collège électoral auquel il appartenait et qui comprenait le Ier et le IVe arrondissements municipaux de Paris. Il fut à la tête de ceux qui voulaient, aux élections de 1824, porter la candidature de Manuel, exclu et expulsé manu militari de la Chambre des députés le 4 mars 1823. L’entente n’ayant pu se faire sur ce nom, ce fut Dupont (de l’Eure) qui fut présenté et élu. A la mort de Manuel, en 1827, c’est Cadet de Gassicourt qui prend l’initiative d’une souscription destinée à l’érection d’un monument à ce patriote. En 1829, à la constitution du ministère Polignac, c’est Cadet de Gassicourt qui crée l’Association parisienne pour le refus de l’impôt. En 1830, après l’Adresse au roi du 16 mars, c’est encore Cadet de Gassicourt qui fait décider par le Comité central l’offre d’un banquet aux 221 votants et la frappe d’une médaille commémorative. Enfin, lorsqu’eurent paru dans le Moniteur les ordonnances du 25 juillet, c’est chez Cadet de Gassicourt qu’eut lieu, le 27 au soir, une réunion du Comité central et de la Société Aide-toi, le Ciel t’aidera, réunion au cours de laquelle furent arrêtées les dernières dispositions destinées à imprimer au mouvement insurrectionnel la cohésion et l’unité. Pendant les Trois Glorieuses, Cadet de Gassicourt installa chez lui, 108, rue de Richelieu, et à ses frais, une ambulance où furent soignés, sans distinction, les blessés des deux partis en présence. Tout ce dévouement à la cause révolutionnaire reçut sa récompense : dès son avènement, Louis-Philippe nomma Cadet de Gassicourt adjoint au maire, puis maire du IVe arrondissement de Paris (l’ancien IVe arrondissement correspondait à peu près au Ier arrondissement actuel. La mairie était l’ancien hôtel du Chevalier du Guet, situé dans la rue du même nom, tous deux détruits en 1855 par le prolongement de la rue Jean-Lantier. La mairie actuelle et la tour qui la sépare de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois ont été construites de 1857 à 1859 par l’architecte Hittorf) et lui décerna la Croix de Juillet. Pendant le temps qu’il remplit les fonctions municipales, Cadet de Gassicourt ne cessa de donner des preuves de son civisme. Au moment des troubles qui éclatèrent dans Paris à l’occasion de la condamnation des ministres de Charles X (décembre 1830), il fit tout son devoir. Le 14 février 1831, eut lieu, à Saint-Germain-l’Auxerrois, un service anniversaire de la mort du duc de Berry, que le curé de Saint-Roch avait refusé de célébrer. A l’issue de la cérémonie, un jeune homme eut l’inconvenance d’exposer et de couronner un portrait du duc de Bordeaux. Il n’en fallut pas plus pour irriter le peuple et le porter à de regrettables excès : Saint-Germain-l’Auxerrois fut saccagé et aurait été détruit de fond en comble, sans la présence d’esprit du maire. Celui-ci fit abattre la croix fleurdelisée qui surmontait le faîte de l’église donnant ainsi satisfaction à ceux qui voulaient supprimer les emblèmes royalistes, et fit inscrire sur le fronton : Propriété nationale. Monument placé sous la sauvegarde du Peuple. Deux jours après, une pancarte, portant : Mairie du IVe arrondissement, fut apposée par ses soins au-dessus de la porte principale du sanctuaire. Sans ce stratagème, il ne serait pas resté une pierre de ce remarquable édifice (Ces incidents ont été rapportés avec exagération et partialité par Chateaubriand Mémoires d’Outre-Tombe et par Maxime Du Camp Paris sous la Commune). En 1832, le choléra, venu de Perse et entré en Russie deux ans plus tôt, fit son apparition en France : de mars à septembre, on compta 18.400 décès, parmi lesquels celui de Casimir Perier. Cadet de Gassicourt se dépensa en cette circonstance : il surveilla les bureaux de secours, prodigua ses soins aux malades et fournit gratuitement des médicaments aux nécessiteux, ce qui lui fit attribuer la médaille du choléra. Au printemps de cette même année, la duchesse de Berry avait chargé Chateaubriand de remettre une somme de mille francs, à chacune des mairies de Paris, à titre de secours, aux indigents victimes de l’épidémie. Ce n’était qu’un prétexte. Il s’agissait, en réalité, d’un moyen, de propagande imaginé par la belle-fille de Charles X pour créer un mouvement d’opinion en faveur du rétablissement de la branche aînée, Personne ne s’y trompa. A l’exempte du Préfet de la Seine, Cadet de Gassicourt ne voulut point accepter le don et le retourna à l’auteur d’Atala, avec une lettre où il affirme avec force son attachement à la royauté, constitutionnelle [on lira avec intérêt la version de Chateaubriand dans les Mémoires d’outre-tombe, N.D.A.[. Il fut décoré de la Légion d’honneur le 1er mai 1833 ; peu après il donna sa démission de maire et rentra dans la vie privée. Il se consacra exclusivement à sa profession jusqu’au 1er juin 1859, date à laquelle il vendit sa pharmacie à Jules Bretonneau, et mourut à Paris le 22 décembre 1861. » Il demeurait 108, rue Saint-Honoré en 1831. Voir Prospert, Victor. Le Constitutionnel, 31 juillet 1830 ; Le Temps, 6 août 1830 ; Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de l’ambulance et soumis à l’autorité municipale, imprimerie de Sétier, s.d., p. 6, 8, 12 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 272, 365, 329 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, liste des personnes qui ont prodigué leurs soins aux blessés p. 116 ; Lafayette et la révolution de 1830, Histoire des choses et des hommes de Juillet, Sarrans, Thoisnier-Desplaces, Paris, 1833, tome premier, p. 243, 248-250 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Mémoires de ma vie, Rémusat, tome II, p. 321 et suivantes ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 1 Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Carrière, Balthazard, idem in dossier Fabre, Honoré ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Barthe, Charles, Laurent, Emile ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Boileu, Jacques, Marie ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Giraud-Dulong, François ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/46 in dossier Bousquet de Rouveix, Elie ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Jouguet, Pierre, François (pour lequel il signe un certificat) ; Archives nationales F/1dIV/C/1 (le dossier de demande de la décoration de la Légion d’honneur, demande présentée par son père, et qui en conséquence n’est pas traité) ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, tome 3, p. 316-318 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations ; Revue d’histoire de la pharmacie, 1946, volume 34, pp. 98-100.

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