Calame, François-Xavier
Biographie
Né le 29 floréal an VI (par erreur le 30 floréal an VI in Archives nationales F/1dIII/34, in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension et in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831) (4 ou 14 mai 1798) à Lapoutroie (Haut-Rhin), fils de Calame, Jean-Baptiste (qui devait décéder le 14 février 1812 à Lapoutroie), aubergiste, et de Sontag, Catherine son épouse. Sellier. Il fut blessé d’un coup d’arme à feu qui lui fractura les trois derniers doigts de la main droite, le 28 juillet rue de Richelieu. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Dans une lettre adressée à la Commission, il récapitulait ainsi sa participation aux combats : « Le 28 juillet, l’un des jours mémorables, il avait, en combattant pour la légitimité de nos droits contre le despotisme, reçu une balle à la main droite qui lui en a fracturé les trois derniers doigts ; qu’étant sans fortune, fils d’une veuve avancée en âge dont il était le soutien, et cette blessure le privant pour toujours de l’usage de ses doigts, il se trouve sans ressources, ne pouvant espérer pouvoir continuer son état, et à la charge de M. Battandier son maître [sellier, 5, quai Voltaire, N.D.A.] qui depuis lors lui a porté tous les soins nécessaires et sous les yeux mêmes duquel il combattait le 28, rue Richelieu, au moment où il fut atteint du coup de feu. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fut admis dans la 4e classe des blessés et pensionné de cinq cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il se maria, le 20 novembre 1833 à Aspach-le-Bas (Haut-Rhin) avec Frick, Catherine, née le 28 décembre 1807 (elle-même fille de Frick, Léonard, cultivateur, décédé le 26 février 1818 à Aspach-le-Bas, et de Koepflin, Anne-Marie, née vers 1775), sans profession. Il mourut le 25 mars 1851 à Aspach-le-Bas, laissant une veuve, mère de trois enfants en bas âge et soutien de sa vieille mère. La veuve sollicita des secours, ayant déjà eu le malheur, précisait-elle « il y a quelques années de voir notre habitation réduite en cendres, de perdre le bétail et les meubles par suite d’un incendie qui a ravagé une partie notable du village d’Aspach-le-Bas. Elle reçut un secours de soixante francs en 1851. En 1853, le maire d’Aspach-le-Bas lui délivra un certificat comme quoi elle était « digne de toute la sollicitude du gouvernement ». Elle reçut deux cent quarante francs de 1852 à 1855, dont soixante francs en 1853, soixante francs en 1856, la même somme en 1857. En 1856, la préfecture du Haut-Rhin donna sur son compte les renseignements suivants : « La pétitionnaire est sans aucune fortune ; elle est à la charge de ses trois enfants, dont les ressources sont nulles. Sa conduite est, du reste, irréprochable. » Les secours furent, comme pour toutes les autres personnes qui sollicitaient, coupés à partir de 1858 ; le chef de division au ministère de l’Intérieur en donnait l’explication, le 3 juin 1858 : « Les secours alloués jusqu’à présent à un certain nombre d’individus qui ont pris les armes pour le renversement du gouvernement en 1830 et en février 1848 constituent en réalité une récompense accordée à l’émeute et un encouragement à l’insurrection. J’ai décidé, en conséquence, que ces allocations seraient supprimées à l’avenir, sauf en ce qui concerne les individus blessés par accident ou en combattant dans les rangs de l’armée ou de la garde nationale. Toutefois, malgré leur passé, je pourrais accorder des secours à ces individus ou à leurs familles s’ils ont à l’intérêt du gouvernement d’autres titres qui seuls seront relatés. » Calame demeurait 13, rue du Chabannais en 1830-1831; à Aspach-le-Bas (Haut-Rhin) en 1851 ; sa veuve toujours à Aspach-le-Bas en 1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 95 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 23 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 183 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIe arrondissement, blessés de 4e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 206, idem Proposition d’autoriser l’ordonnancement d’une somme de 455 francs pour être répartie, à titre de secours, entre six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 en résidence dans les départements, minutes 263-264, en date du 10 février 1853.