Callais, Pierre

Biographie


Né le 18 janvier 1796 à Latombe (Seine-et-Marne). Ouvrier serrurier. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions avoir vu le 28 juillet à 10 heures du matin, le nommé Callais, Pierre à la tête d’un peloton de gardes nationaux, commandé par un capitaine de ladite garde, venir en parlementaire au colonel du 15e léger, devant deux pièces de canon, qui furent à l’instant même braquées sur eux, place des Trois-Maries, au bout du Pont-Neuf ; que ce même ouvrier s’est trouvé place du Louvre et rue de l’Oratoire, même jour, et au feu qui a eu lieu marché des Prouvaires ; que le lendemain nous l’avons vu à la tête du premier peloton à l’attaque du Louvre, commandé par les élèves de l’Ecole polytechnique. » Signé : Bartet, marchand d’or et d’argent, demeurant 7, place des Trois-Maries ; Ratté, layetier, demeurant 6, rue de la Monnaie ; Besse, bijoutier, demeurant 8, rue de la Monnaie ; Pasteur, bijoutier, demeurant 4, rue de la Monnaie (tout quatre mêmes témoins que pour Brichard, Augustin) ; Thuillier, demeurant 15, rue Traînier illisible. Brichard, Augustin (voir ce nom) apostilla ainsi ce certificat : « M. Callais est venu avec moi place des Trois-Maries, en présence du 15e régiment de ligne le 28 juillet à 9 heures du matin. J’allais en parlementaire de la part du maire. » Poirier, Adolphe, Joseph (voir ce nom) délivra, le 31 août 1830, l’attestation suivante : « Je certifie que le sieur Callais a fait partie de la garde nationale que j’ai commandée le 28 juillet et du détachement que j’ai laissé à la Caisse d’amortissement. » Des habitants de la ville de Versailles lui délivrèrent l’attestation suivante : « Nous, soussignés, certifions que MM. Callais, Rose, serrurier-mécanicien, et Guy, graveur en taille douce, sont trois des sept premiers braves Parisiens que nous avons rencontrés, marchant hardiment, sans craindre le danger qu’ils affrontaient, vers les barrières de notre ville, en dedans desquelles leur approche, qui faisait présumer celle d’une armée considérable, avait refoulé les avant-postes de l’armée royale, qui avait aussitôt pris une attitude de guerre sur toutes nos grandes avenues jusque sur la place d’armes, où la nombreuse artillerie était en batterie, ce qui avait jeté la stupeur dans la ville. Pour nous, toujours sous les armes et qui n’avions pu seconder le courage des Parisiens qu’en arrêtant vingt-cinq mille rations destinées à la garde royale, désarmant bon nombre de gendarmes et de soldats et forçant cette même armée à bivouaquer hors nos barrières, nous fûmes heureux de saisir l’occasion d’aller au-devant de ces dignes Parisiens en nous offrant aux ordres de notre colonel d’aller aux barrières au travers l’armée royale leur porter la parole d’honneur du général remplaçant Bordelaut qu’il y avait une suspension d’armes et que l’armée évacuerait sans tirer un seul coup de fusil si les Parisiens arrêtaient leur marche. C’est alors qu’avec un juste orgueil, nous décorant de notre vieille cocarde tricolore, nous eûmes bientôt la satisfaction de dépasser nos barrières et surtout d’embrasser ces heureux conquérants de nos libertés, qui, pleins d’honneur autant que de bravoure, prirent d’autant plus de confiance dans nos paroles qu’il s’agissait du sang français, devenu désormais inutile puisque leur noble ouvrage était achevé. Après quelques heures de repos avec nous, pendant lesquelles l’armée royale évacuait, ils entrèrent les premiers dans notre ville aux cris de Vive la Charte ! Vive la liberté et le duc d’Orléans ! Leur dévouement, comme leur présence, augmenta l’enthousiasme des Versaillais et bientôt le drapeau national fut arboré. Nous n’oublierons jamais la loyauté, le désintéressement de ces courageux citoyens qui, ne songeant qu’à la cause sacrée, se contentaient de désarmer les soldats qu’ils rencontraient même alors qu’ils faisaient résistance. Nous les avons vus arrêter un soldat déguisé, chargé d’un paquet enveloppé d’une toile et qui cherchait à se soustraire à leur vigilance pour rentrer en ville où était son corps. Paraissant un espion nuisible, ils cherchèrent, pour s’en assurer, dans son paquet, où ils trouvèrent son sac, dans lequel étaient ses habits, son bonnet à poil, ses nombreuses cartouches (dont ils s’emparèrent avec avidité, comme le seul trésor qui leur semblait nécessaire) et dans un mouchoir un rouleau de près de cent francs et quelques pièces de monnaie, que ce soldat tremblait de perdre. Alors, le regardant avec une fierté dédaigneuse, ils lui dirent :“Tu nous connais mal. Tiens, malheureux, cet argent te fut donné pour t’encourager à massacrer tes frères, reprends-le. Va-t’en avec. Nous le méprisons, comme toi.” Aussi ces dignes citoyens, ces bons Français que nous retrouvâmes bientôt sur la route de Rambouillet méritent, selon nous, d’être considérés comme des plus honorables. » Signé : Fisannes, sous-lieutenant de la garde nationale ; Larpenteur, artiste peintre et sergent de la garde nationale, demeurant 123, rue de la Paroisse à Versailles ; Orange illisible, capitaine d’état-major du général Lafayette. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, un total de cent francs de secours, entre le 8 octobre 1830 et le 10 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Son dossier est apostillé de la remarque suivante : « Il s’est bravement battu pendant les trois jours. Il était à Rambouillet. C’est un ouvrier fort estimé. » Il fut médaillé de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le nom de Calais, Pierre). Sa médaille lui fut délivrée le 28 juin, et son brevet le 7 octobre 1831. Il reçut cent francs en 1831, sur les fonds de souscription. En 1830, il était veuf, sans enfant. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1852, presque aveugle, il sollicita un secours « pour améliorer sa triste position ». A cette occasion, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « D’une constitution maladive et affecté d’un asthme qui l’oblige à garder le lit une partie de l’hiver, cet individu se trouve souvent sans travail. Il est occupé depuis trois mois chez M. Hory, quincaillier rue Saint-Antoine, qui lui donne deux francs par jour et se loue de ses services. Il est marié, sans enfant. Sa femme est marchande de pain d’épice sur la voie publique ; on estime que le produit de cette industrie ne peut être pour elle de plus de deux cents francs par an. Au fond, ce ménage est dans une position assez difficile. [ …] De bons renseignements sont recueillis sur la conduite morale et politique du sieur Callais. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, au titre de médaillé de Juillet. En 1853, il expliquait qu’il avait été obligé, de par son infirmité, d’abandonner son état de serrurier et d’accepter un emploi d’homme de peine, qui lui « donnait faiblement de quoi se procurer la nourriture de chaque jour ». Il reçut un nouveau secours de cinquante francs. Il mourut vers 1855. En 1856, sa veuve sollicita un secours. Il demeurait 2, rue du Plat-d’Etain en 1830-1831 ; 10, rue des Lions-Saint-Paul, un logement de cent quarante francs par an en 1852 ; 21, rue de l’Ecosse à Vaugirard en 1853 ; sa veuve, 11, rue Mont-Blanc à Vaugirard en 1856. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Calais, Pierre) ; Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à quarante-quatre décorés et veuves de blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 2.375 francs, minutes 254-256, en date du 11 décembre 1852.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.