Calmus, Jean

Biographie


Né le 17 messidor an XI à Dekengniz (Moselle) (mais à Valmestroff en Moselle in Archives de la préfecture de police AA 376). Sans doute scieur de long mais ébéniste in Archives de Paris VD3 1-2 et in Archives de la préfecture de police AA 376. Il s’illustra à l’Hôtel de ville, au Palais-Royal et dans le faubourg Saint-Antoine. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut, après la révolution, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que dans les journées des 27, 28, 29 et 30 juillet dernier, le nommé Calmus, Jean, ébéniste, a prouvé le plus grand courage, en se battant pour la cause de la liberté, qu’il a été atteint d’un coup de baïonnette au front, le 29 juillet au Palais-Royal et qu’il n’a encore reçu aucune récompense nationale. » Signé le 14 septembre 1830 : Mary, demeurant 160, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Guntz, demeurant 25, rue Saint-Nicolas ; Goedecke ; Goujon, boulanger, demeurant 156, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Saumon, demeurant 20, rue Saint-Nicolas ; Duval, horloger, 156, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Pichenot, marchand de vins, 154, rue du Faubourg-Saint-Antoine. Le deuxième certificat, daté du 7 avril 1831, signé de Duval, Nicolas, Romain, horloger, demeurant 156, rue du Faubourg-Saint-Antoine, de Pichenot, Jacques, Urbain, marchand de vins, 154, rue du Faubourg-Saint-Antoine, de Goedecke, Frédéric, ébéniste, demeurant 20, rue Saint-Nicolas-Saint-Antoine, certificat dans lequel ils attestaient connaître parfaitement Calmus et savoir qu’il avait été blessé d’un coup de baïonnette reçu au front le 29 juillet au Palais-Royal. Calmus était indiqué par cette Commission comme « sans fortune et sans emploi ». Il déposa une demande devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. La lecture de ce dossier laisse plusieurs indications sur sa participation aux différents soulèvements républicains du régime de Louis-Philipe. Ainsi, Calmus participa à l’insurrection républicaine des 5 et 6 juin 1832 et y reçut sept blessures. De la même manière, il fut soigné à l’hôpital Saint-Louis entre le 14 avril et le 27 juin 1834, suite à une plaie de baïonnette qu’il avait reçu pendant l’émeute républicaine d’avril 1834. Il était porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, docteur et agrégé de la faculté de médecine de Paris, médecin des hôpitaux civils, certifie que le 14 avril 1834 vers 9 heures du matin, le nommé Calmus, Jean, alors ébéniste et âgé de trente et un ans, fut apporté à l’hôpital Saint-Louis dans le service de M. Jobert, où j’étais attaché en qualité d’interne en chirurgie. Ses mains encore noircies par la poudre et l’existence dans la poche de son gilet d’une certaine quantité de poudre et de plusieurs morceaux de balles coupées pouvant attester qu’il venait de se battre. Dans la lutte il avait reçu un coup de sabre sur la tête, plusieurs coups de crosse de fusil sur le côté gauche de la poitrine et plusieurs coups de baïonnette, dont un plus fortement appliqué avait pénétré dans le flanc gauche, au niveau de la dernière côte. Calmus semblait entrer en convalescence après deux semaines lorsque, dans les premiers jours de mai, il se déclara un abcès situé profondément dans le ventre. Cet abcès fut ouvert le 6 mai et laissa écouler une grande quantité de pus. Grâce à des pansements soigneux, l’écoulement diminua chaque jour ; dès le 6 juin, l’ouverture artificielle était cicatrisée et, quelques jours plus tard, Calmus quitta l’hôpital, entièrement guéri. » Signé, le 18 mai 1848 : Barth. Enfin, il participa au soulèvement républicain du 12 mai 1839, selon le certificat suivant : « Je, soussigné, fabricant d’ébénisterie, demeurant à Paris, rue du Rocher n° 18 et actuellement rue de la Pépinière n° 116, atteste que le nommé Calmus, Jean a travaillé chez moi en qualité d’ouvrier et qu’il a été blessé en 1839, le 12 mai, d’une balle à la jambe gauche, rue des Prouvaires, d’après sa déclaration. Je le connais depuis 1824 (ou 1834 ? illisible) pour un bon citoyen et il montrait des opinions hostiles à la royauté. » Signé, le 23 mai 1848 : Klaeckner. Dernier certificat enfin : « Nous, soussignons et attestons que le citoyen Jean Calmus, domicilié rue Saint-Nicolas-d’Antin n° 51, s’est montré avec zèle et courage en juillet, 27, 28 et 29, qu’il a combattu avec courage et sans crainte d’exposer ses jours pour notre liberté et qu’il a été blessé d’un coup de baïonnette au front droit et un coup de pointe au bras droit. De plus en 1832, il s’est montré avec la même ardeur et a été, cette fois encore, victime d’un coup de feu à la main droite, qui l’a privé de deux doigts. » Signé, le 31 mars 1848 : Maréchal, peut-être sous-lieutenant dans la garde nationale ; Leconte Minor (frère de Leconte, Henri, Yves, voir ce nom), « démocrate », demeurant 1, rue du Faubourg-Saint-Antoine. Calmus fut proposé par cette Commission pour une pension de trois cent cinquante francs. Il signa, le 15 mars 1848, un certificat en faveur de Noul, Louis, né le 21 février 1806 à Mélin-l’Evêque (Belgique), garçon restaurateur ou apprêteur de chapeaux de paille, demeurant 342, rue Saint-Denis, et comme quoi ce dernier avait combattu « avec eux et à leur tête, comme un brave républicain, notamment à la poudrière du boulevard de l’Hôpital, à la prise de la caserne des Vétérans rue Saint-Victor, aux postes de la place Maubert et du petit pont de l’Hôtel-Dieu, le 5 juin 1832, que ce même jour à 9 heures et demie du soir il a été blessé de deux coups de baïonnette, un coup de pointe de sabre et d’un coup de crosse de fusil sur la tête, qui l’ont laissé pour mort, dans le combat rue de la Cité, en face la maison numéro 22. Il demeurait à l’époque rue Servandini n° 21. D’avoir en outre coopéré aux glorieuses journées de février 1848, comme chef de la barricade de la rue Richelieu à 11 heures du matin. En foi de quoi, nous lui délivrons le présent certificat, à titre de reconnaissance et pour lui servir et valoir pour ce qu’il pourra désirer près les citoyens gouvernant la république française, comme récompense bien méritée. » Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 160, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1830 ; 26, avenue de Vincennes à la barrière du Trône en 1831 in Archives de la préfecture de police AA 376 mais cette adresse est rayée ; 16, rue de la Roquette en 1831 ; 51, rue Saint-Nicolas-d’Antin en 1848. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 78 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 1re classe, non classés par le jury médical, avec une indemnité de cent vingt francs) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 376 ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Othon, Marc, François, Isidore.

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