Camus, Charles, Fructidor ou Pierre

Biographie


Né vers 1796. Ancien militaire au 62e régiment de ligne, il était établi cultivateur à Boulogne « de quelques petits champs, dont le revenu foncier est estimé d’après le rôle des contributions, à une somme de quatre-vingt-huit francs », selon le maire de la commune de Boulogne. Le 29 juillet vers 5 heures du matin, il quitta son domicile de Boulogne, en compagnie de François Megret ou Maigret, compagnon cordonnier, pour se rendre à Paris avec « la résolution d’aller se battre ». Après avoir traversé divers quartiers de la capitale, il laissa son compagnon, vers 9 heures du matin rue de la Monnaie. Peu après sur la place du Louvre, Laviolette le vit frappé d’une balle, dont il ne se releva pas, alors qu’il escaladait les palissades. Son père, qui savait que son fils n’avait pas l’habitude de découcher, l’attendit inutilement, avant d’en faire la déposition à la mairie de la commune de Boulogne. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Le 7 août 1830, devant le maire, Megré, François, Sylvestre (il signe ainsi), affirmait que « le 29 juillet à 5 heures du matin il est parti à Paris avec ledit Camus et qu’après s’être promené avec lui dans divers quartiers il avait laissé ledit Camus dans les environs du Louvre et qu’il était dans la plus ferme résolution de se battre s’il pouvait rejoindre une arme et qu’il ne l’a revu depuis ». Le 25 octobre 1830, devant le maire de la commune de Boulogne, comparurent : Maigret, François, Sylvestre (voir ce nom), cordonnier, demeurant à Boulogne ; Laviolette, Pierre, Gervais (voir ce nom), maçon, demeurant à Boulogne. Ils déclarèrent « le sieur Maigret, que le 29 juillet dernier de bonne heure il est allé à Paris avec le sieur Camus fils, demeurant chez son père à Boulogne ; qu’en route et à Paris ledit sieur Camus l’a constamment entretenu de la résolution d’aller se battre et qu’il l’a quitté rue de la Monnaie vers 9 heures du matin ; que depuis il ne l’a point revu. Le sieur Laviolette a dit avoir vu le sieur Camus sur la place du Louvre le même jour 29 juillet et qu’au moment où il escaladait les palissades il avait été atteint d’une balle qui l’avait renversé et qu’il ne s’était pas relevé, ce qui donnait au déclarant la conviction que Camus avait été tué du coup ». Il laissait des parents, Camus, Claude, Charles, né le 13 mars 1761 à Dampierre (Aube) (lui-même fils de Camus, Jean-Baptiste et de Troublé, Edmée, Angélique son épouse), vigneron à Boulogne, et Julien, Marie, Marguerite, Reine (mais Reine, Marie, Marguerite) in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet), née le 26 mars 1769 à Saint-Ouen ; le maire de la commune attesta que le père était infirme et que leur fils, unique, était le seul qui pût leur procurer l’existence par la culture de quelques petits champs. La famille reçut un total de soixante-dix francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Les parents furent pensionnés de trois cents francs et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Sa mère reçut (sous le nom de dame Camus, née Marie, Marguerite, Reine Julien), à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Camus demeurait chez son père, à Boulogne ; son père, à La Villette en 1831 ; sa mère, à Boulogne en 1831. Le nom de Camus (P.-C. Camus) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 91, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Saint-Denis, p. 112, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 24 ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses national, état nominatif des personnes dont la mort n’a pu être constatée et pour lesquelles la Commission demande qu’il soit fait une enquête (sous le nom de Camus, Pierre, Charles) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis (sous le seul nom de Camus) ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (35 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Cataigne, Pierre ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Camus, Pierre, Charles) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, cas exceptionnels et ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80 (sous le nom de Camus, Pierre, Charles), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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