Candat, Charlemagne
Biographie
Marchand de farine. Absent de Paris après la révolution de Juillet, il ne put faire valoir ses droits. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIIe arrondissement), lui faisant parvenir la lettre suivante et sollicitant la Croix de Juillet : « […] La part active que j’ai prise aux journées de Juillet et les dangers que j’ai courus me font un devoir de soumettre à votre examen et à votre impartialité les titres qui me donnent droit aux récompenses accordées par la loi, qui n’ayant pas fixé de terme de prescription, ne peut me priver des avantages qu’elle concède aux personnes qui se sont distinguées dans ces glorieuses journées. Le mercredi 28 juillet, je me suis rendu à 7 heures du matin à la porte Saint-Denis, où j’ai contribué à arrêter deux lanciers, qui étaient chargés de porter à Vincennes l’ordre de faire marcher l’artillerie sur Paris. Nous nous sommes emparé de ces papiers et les avons envoyés à la mairie. De là, j’ai été emprunté chez madame veuve Camus, marchande boulangère, rue du Faubourg-Poissonnière n° 8, un uniforme de garde national et des armes et me suis rendu à la place de la Bourse et plus tard à la place des Petits-Pères, où mon nom a été inscrit sur une feuille volante avec ceux des autres gardes nationaux qui s’y trouvaient réunis. Rangés en bataille, nous y avons essuyé le feu de la troupe de ligne à l’instant où M. Chevalier (voir Chevalier, Antoine ?) a été tué dans sa boutique. Après avoir épuisé mes cartouches, au coin des rues Croix-des-Petits-Champs et des Fossés-Montmartre, je me suis retiré sur la place des Petits-Pères, où nous avons gardé la mairie. Jeudi 29 juillet, je me rendis dans la rue Saint-Honoré, où je courus plusieurs fois le danger d’être tué, étant vêtu de l’habit de garde national. N’ayant plus de cartouches, j’allais à la place de la Bourse pour en obtenir. Je fus menacé d’être arrêté par des agents de police. Ils ne voulurent pas m’en délivrer et je suis entré de force. Le 30 juillet, je me rendis à la mairie des Petits-Pères et je fus envoyé à l’hôtel de la poste aux lettres, où je suis resté toute la journée et la nuit […]. » Il joignait à sa lettre plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussignée, veuve Camus, boulangère, demeurant faubourg Poissonnière n° 10 (sic), déclare et affirme par ces présentes, que M. Candat, Charlemagne, marchand de farine, demeurant rue de l’Echiquier, n° 10, s’est présenté chez moi tout exalté le 28 juillet dernier à 6 heures du matin, pour me prier de lui prêter l’uniforme, accessoires et armes de la garde nationale provenant de feu mon mari, ce à quoi je me suis fait un plaisir d’obtempérer à l’instant. Je déclare en outre qu’il est parvenu à ma connaissance que M. Candin (sic) n’est rentré chez lui que le 30 juillet au soir, après s’être porté, en uniforme, sur les divers points de la capitale qui présentaient du danger et notamment aux Petits-Pères, place des Victoires et de la Bourse. » Signé, le 12 mai 1831 : veuve Camus. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Camus, propriétaire, demeurant faubourg Poissonnière n° 8 (sic), déclare également, par ces mêmes présentes, avoir une entière connaissance des faits mentionnées par elles, pour avoir moi-même habillé M. Candat en uniforme et avoir ouï dire par plusieurs personnes de connaissance qu’on l’avait rencontré aux lieux sus-indiqués et courant les plus grands dangers. » Signé, le 12 mai 1831 : Camus. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Candat, Charlemagne, mérite la récompense nationale accordée aux citoyens qui se sont distingués dans les journées de Juillet, par la conduite qu’il a tenue les 27, 28 et 29 dudit mois, en se présentant en uniforme de garde national et en armes sur différents points, où il a couru de grands dangers et exposé plusieurs fois sa vie. » Signé, le 16 mai 1831 : Henry, demeurant 27, rue de l’Echiquier ; Ségaux, entrepreneur de peinture, demeurant 8, rue de l’Echiquier ; Farbos, demeurant 11, rue de l’Echiquier ; Perel, demeurant 6, rue de l’Echiquier ; Chevillon, demeurant 27, rue de l’Echiquier ; Merlet, demeurant 10, rue de l’Echiquier. Candat demeurait 101, rue de l’Echiquier en 1831. Archives de la préfecture de police AA 376.