Canlet, Nicolas, Edme, Marie

Biographie


Né le 27 floréal an X à Montereau-Faut-Yonne (Seine-et-Marne), fils de Canlet, Jean, Vincent, compagnon chapelier, et de Zinder, Geneviève, Julienne, son épouse). Chapelier. Il fut tué, les armes à la main, le 28 juillet de deux coups de feu au tourniquet Saint-Jean, près de la place de l’Hôtel de ville. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Le certificat suivant constatait les circonstances dans lesquelles il avait été tué : « Nous, soussignés, Milloir, cordonnier, rue de la Tixéranderie n° 39 ; Vincent Desage, coiffeur, susdite rue de la Tixéranderie n° 41 ; Cheilens, Jean, ferrailleur, rue de la Tixéranderie n° 43 et Jean Petit (voir Petit-Jean, Pierre, Jean), rue de la Tixéranderie n° 41, Brillon, locataire principal rue Geoffroy-Langevin n° 20 ; Dubois, boulanger, rue Beaubourg n° 23, tous demeurant à Paris, certifions et attestons pour rendre hommage à la vérité avoir parfaitement connu feu Edme, Marie Canlet, chapelier, âgé de vingt-neuf ans, demeurant à Ménilmontant rue idem n° 20, pour avoir pris les armes dans les journées mémorables de juillet et qu’il fut tué dans celle du 28 juillet 1830, étant tombé roide mort en la rue du Tourniquet-Saint-Jean, après avoir vaillamment combattu pour la cause nationale, celle de la liberté, par deux coups de feu qu’il reçut […]. » Signé, le 20 août 1830 : Brillon, fabricant de chapeaux, demeurant 20, rue Geoffroy-Langevin, qui ajoutait certifier que Canlet était mort « les armes à la main » ; Desages, Vincent (sic), demeurant 41, rue de la Tixéranderie ; Dubois, demeurant 23, rue Beaubourg ; Milloir, demeurant 39, rue de la Tixéranderie ; Petit, Jean ; Cheÿleus, Jean. Le 3 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Angot, Etienne, cordonnier, demeurant 5, impasse Berthaud quartier Saint-Avoye ; Prieur, Cyrille, cordonnier, demeurant 28, rue Geoffroy-Langevin ; Pauchon, François, cordonnier, demeurant 28, rue Geoffroy-Langevin. Ils attestèrent « savoir que le sieur Canlet a été tué le 28 juillet 1830 rue du Tourniquet-Saint-Jean près la place de l’hôtel de la ville ». Il laissait une veuve, Deruet, Marie (mais Beruet, Marie-Louise in Archives de Paris VD3 1-2), née le 8 thermidor an XII à Paris, qu’il avait épousée le 10 août 1825 à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, qui reçut un secours de cent vingt francs en août et un autre de cent francs en septembre 1830, sur les listes du Constitutionnel, un secours de trente francs le 1er septembre 1830, un secours de trente francs le 13 septembre 1830, un secours de trente francs le 27 septembre 1830, un secours de trente francs le 9 octobre 1830, un secours de trente francs 15 octobre 1830, un secours de cent vingt francs le 27 octobre 1830, un secours de quarante francs le 5 janvier 1831, un secours de quarante francs le 4 février 1831, un secours de quarante francs le 4 mars 1831, un secours de quarante francs le 2 avril 1831 auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, qui fut pensionnée (par erreur sous le nom de Deruer, Marie sur les listes du Moniteur universel) (sur la comptabilité de la Commission du [ancien] VIIIe arrondissement, elle est indiquée comme ayant reçu trois cents francs de la Commission de la mairie du [ancien] XIIIe arrondissement Sceaux ?) de cinq cents francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Un fils, Deruet, Louis, Guillaume, né vers 1823, n’avait pas été reconnu par Canlet, peut-être par négligence, et ne put bénéficier d’une pension d’orphelin. Il laissait aussi une mère, Zinder, Geneviève, Julienne, née le 9 janvier 1779 à Montereau-Fault (Yonne) (elle-même fille de Zinder, Joachim, marchand boucher, et de Pénot, Marie, Angélique, son épouse), veuve de Canlet, Jean, Vincent, né le 4 avril 1779 à Bar-sur-Ornain (Meuse), compagnon chapelier, décédé le 12 février 1820 à Bar-le-Duc, qui reçut un secours de vingt francs, le 4 juin 1831, un secours de vingt francs, le 2 juillet 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, qui fut pensionnée auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sur la comptabilité de la Commission du [ancien] VIIIe arrondissement, la mère est indiquée comme ayant reçu quarante francs de la Commission de la mairie du [ancien] VIe arrondissement) et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes (sur la comptabilité de la Commission du [ancien] VIe arrondissement, elle est indiquée comme ayant reçu quatre-vingt-dix francs de la Commission de la mairie du [ancien] VIIIe arrondissement). Son frère, François, mourut des suites des blessures qu’il avait reçues pendant l’émeute de juin 1832. Le National (à consulter ; les … sont des parties du manuscrit brûlé) du 4 septembre 1836, rapportait à son sujet : « Un convoi remarquable a, ces jours traversé les rues de Paris, convoi du pauvre, … plus suivi que ne l’est celui de la plupart des … L’histoire du jeune homme, dont on honorait la mémoire est simple autant que sa vie… courte. François Canlai (sic), frère d’un jeune homme tué en juillet 1830 à l’Hôtel de ville, ayant perdu son père et resté avec une mère et trois sœurs… soutenait une pension accordée par …. mort du fils aîné, était porteur de journaux en juin 1832 ; il fut gravement blessé, il reçut … de baïonnette dans les reins, deux balles … genou et une balle dans le bras droit… Il fut amputé au-dessus du coude, gardé à vue puis relâché ; sans doute on le jugea assez puni par les souffrances qu’il avait endurées. Il est mort à vingt-deux ans de la phtisie pulmonaire à l’hôpital de l’Ecole de médecine […]. » Quand une nouvelle Commission des récompenses nationales fut instituée après la Révolution de Février, la mère, âgée de soixante-dix ans, estropiée, hors d’état de gagner son existence, déposa une demande pour faire augmenter la pension qu’elle recevait comme ascendante d’une victime de Juillet. La Commission proposa d’augmenter la pension de deux cent cinquante francs à cinq cents francs. Canlet demeurait 20, rue Geoffroy-Langevin ou 20, rue de Ménilmontant en 183 (mais 20, rue de Ménilmontant et précédemment 7, rue de l’Egout au moment d’être tué in Archives de Paris VD3 1-2) ; sa veuve, 20, rue Geoffroy-Lasnier en 1831 (mais 20, rue Geoffroy-Langevin in Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives de Paris VD3 1-2 ; rue Geoffroy-Langevin in Archives nationales F/1dIII/38 B) ; 103, rue Saint-Antoine en 1832 ; sa mère, 20, rue Geoffroy-Langevin (mais 48, rue du Ponceau in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Etat nominatif des père et mère des citoyens tués en juillet 1830 au-dessous de soixante ans et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) en 1831 ; sa mère, 24, passage de l’Industrie mais aussi 64, rue Saint-Denis (un petit logement au 6e étage au loyer de cent dix francs annuels) en 1848. Le nom de Canlet (N.-E.-M. Canlet) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 15 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 16 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 44 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 104-105 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), cahier contenant les noms de personnes tuées, idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de veuves) ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Etat nominatif des père et mère des citoyens tués en juillet 1830 au-dessous de soixante ans, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (l’apostille suivante est inscrite en face de son nom : « Portée au (ancien) VIIIe arrondissement ») ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, veuves, orphelins et ascendants ; Archives de la préfecture de police AA 376 ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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