Canon, Anselme, Isidore

Biographie


Né le 21 avril 1798 à Châlons-sur-Marne (Marne). Militaire en 1814 (il avait seize ans), il fut blessé à l’affaire de Péronne, mutilé, désarmé et dépouillé à Arras, mais réussit à s’enfuir. Il n’accepta pas de reprendre du service sous le nouveau gouvernement. En 1830, il était garçon tailleur. Il combattit en juillet 1830 « avec toute l’énergie d’un militaire pour la conquête de la liberté ». Il eut le pied droit contusionné. Il reçut un secours de soixante francs en août et un autre de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, un total de quatre-vingt-cinq francs de secours, entre le 8 octobre 1830 et le 10 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 8 septembre 1830, il adressa au roi une demande d’emploi, lui rappelant ses promesses qu’il lui avait faites à la revue de la garde nationale le 29 août dernier. Il lui expliquait qu’il était désormais sans travail, père de deux enfants en bas âge et dans une situation désespérée. Il désirait aussi que ses deux enfants fussent élevées aux frais de l’Etat. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Son dossier auprès de la Commission des récompenses nationales fut « victime de la négligence de M. Delannoy, qui avait égaré ses pièces et ne les lui a rendues que sept mois après », selon sa fiche à la Commission des réclamants du 10, rue Bourg-Labbé, devant laquelle il déposa un dossier, afin d’obtenir la Croix de Juillet et une place. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Canon, Anselme s’est présenté le 29 juillet à l’ambulance que j’avais établie rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 47, pour y être pansé d’une forte contusion sur le pied droit, laquelle contusion provenait, suivant sa déclaration, de la chute d’une table du marché des Prouvaires renversée sur lui pendant le combat qu’il soutenait en tirailleur dans ce marché. Je certifie que cette blessure légère est maintenant guérie et n’exige que des ménagements dans la marche. » Signé, le 11 août 1830 : Gendrin (voir Gendrin, Augustin, Nicolas) ; ce certificat était en possession de Frémicourt, négociant, demeurant 7, rue Montesquieu, qui le conservait supprimer si pas autre chose). Le deuxième certificat, ainsi rédigé par Viguier, Auguste (voir ce nom), adjoint au maire du (ancien) IVe arrondissement : « Canon, Anselme, Isidore a été l’un des premiers à prendre les armes pour la défense des lois contre les ordonnances ministérielles du 25 juillet. Il s’est battu avec courage les 28 et 29 à la rue des Prouvaires et à la halle au blé ou dans les environs et il a sa part dans la victoire. Sa bonne conduite dans le danger doit le recommander auprès de tous les bons citoyens et j’espère qu’il trouvera facilement à se placer, comme concierge, dans une bonne maison. Il est marié et père de deux enfants. Sa probité et les sentiments honnêtes qui l’animent lui mériteront la confiance des personnes qui seraient disposées à lui prêter leur appui. » Signé, le 15 novembre 1830 : Viguier, Auguste. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, chevalier de la Légion d’honneur, certifie à qui il appartiendra que le nommé Anselme Canon, âgé de trente-deux ans, demeurant à Paris, rue Sartine n° 8, marié et père de famille, a fait partie d’un détachement que j’ai commandé pendant les glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, qu’il a combattu avec énergie et intrépidité contre les troupes qui s’opposaient à la conquête de la liberté, partout où le danger l’appelait ainsi que ses camarades dudit détachement, qui se composait de vingt-quatre hommes dont douze sont morts et cinq, dont il en est un, ont été blessés en combattant. En foi de quoi, voulant rendre hommage à la vérité, à sa bravoure et à sa noble conduite, je lui ai, sur sa réquisition, délivré le présent certificat, que j’atteste sincère et véritable pour valoir ce que de droit. » Signé, le 13 septembre 1830 : Vicard, Louis (voir ce nom), demeurant 25, rue des Vieux-Augustins. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, propriétaires, marchands patentés et domiciliés à Paris, certifions, pour avoir vu, que le sieur Anselme Canon, ancien militaire, actuellement ouvrier tailleur, demeurant rue de Sartine n° 8, marié et père de famille, a, pendant les journées des 28 et 29 juillet dernier, combattu avec courage et opiniâtreté contre les troupes qui s’opposaient à la conquête de la liberté ; qu’il s’est montré aux affaires de la rue Saint-Honoré, de celle des Prouvaires, de la halle à la viande et qu’il a constamment fait preuve d’une intrépidité héroïque et digne d’éloges ; Enfin, qu’après avoir été blessé à la jambe droite et pansé à l’hôpital ambulant de la rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 47, n’écoutant que son courage, il a retourné au combat et n’a posé les armes qu’après la reddition des troupes et alors que toute défense était inutile. » Signé, le 11 août 1830 (aucun des noms n’est parfaitement lisible) : Lhoest ; Martinier, Auguste ; Guadon ou Guedon. On trouve aussi cette note, le concernant : « Le soussigné, inspecteur de police, attaché au commissaire de Bonne-Nouvelle, déclare par les présentes donner un plein et entier désistement de la plainte par lui formée en août 1830 entre les mains de M. le commissaire Basset, contre le sieur Canon, Anselme, tailleur, demeurant rue Sartine n° 8, laquelle plainte il retire et consent qu’elle soit regardée comme nulle et non avenue. » Signé, le 18 août 1831 : Cauvel. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « Canon, Anselme. Parmi plusieurs certificats dont les signataires méritent la plus grande confiance, on en distingue un de M. le maire du (ancien) IVe, attestant qu’il s’est battu avec courage les 28 et 29 du 15 novembre 1830, un autre du 13 septembre du sieur Vicard (voir plus haut), chevalier de la Légion d’honneur, rue des Vieux-Augustins, n° 25, attestant qu’il faisait partie d’un détachement qu’il commandait pendant les trois journées et qu’il a combattu avec énergie et intrépidité. Un autre, du 12 août, légalisé, de M. de Frémicourt, négociant, rue Montesquieu, n° 7, constatant les mêmes faits. Un autre du 11 août du médecin constatant sa blessure. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, un secours de soixante francs en 1851, à titre de blessé de Juillet. Il reçut un secours de soixante francs en 1850, un secours de cinquante francs en 1852 et en 1853, à titre de combattant de Juillet. Il demeurait 8, rue de Sartine en 1830 ; 23, rue de la Poterie à la halle en 1831 ; 15, rue Jannisson en 1850-1853. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 17 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 18 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 71 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes (sous le nom de Canon, Isidore), idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104 (sous le nom de Canon, Isidore), idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184 (sous le nom de Canon, Isidore), idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 (sous le nom de Canon, Isidore), idem Proposition d’accorder à cinquante-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.100 francs, minutes 260-262, en date du 29 janvier 1853 (sous le nom de Canon, Isidore) ; Archives de la préfecture de police AA 376.

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