Cantel, Jean, Joseph, Alexis
Biographie
Né le 8 mai 1780 à Paris. Ancien militaire depuis l’âge de quatorze ans, porteur de sept blessures dont la dernière en l’an VII, ayant reçu un congé de réforme à dix-neuf ans. Il donnait les indications biographiques suivantes le concernant : « En 1814, je suis tombé à la tourelle de Vincennes chemin de Saint-Mandé sur trois pièces de canon chargée de mitraille qui avaient servi à l’ennemi devant nos frères de l’Ecole polytechnique. Remis au prince Joseph les pièces. J’étais par Sa Majesté l’empereur placé aux octrois, que j’ai perdu à la rentrée des Bourbons, n’ayant pas voulu porter serment […]. » En juillet 1848, il déposa une demande de secours devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, pour avoir été blessé dans les journées de Février, le pied gauche foulé et une contusion à la tempe gauche en franchissant une barricade, vis-à-vis la rue du Foin alors qu’avec d’autres ils marchaient sur le Louvre. Il précisait aussi qu’il avait déjà été blessé dans les journées de Juillet, d’un coup de baïonnette reçue le 28 juillet à l’Hôtel de ville. Le 2 mai 1849, dans une situation encore plus malheureuse, il renouvelait sa demande : « […] Ancien militaire, âgé de soixante-neuf ans, porteur de sept blessures reçues à l’armée plus une en 1830, une autre en 1828, plus d’autres infirmités qui lui ont valu la surdité, un catarrhe pulmonaire et une hernie du côté droit. J’ai mon épouse, âgée de cinquante-deux ans, infirme pour la vie. Je n’ai jamais rien demandé ni rien reçu sous aucun gouvernement. Il n’y a que la grande misère où nous nous trouvons qui me force de réclamer quelque soulagement. Au moment où je vous soumets ma demande, nous sommes tous deux au lit, moi et mon épouse, depuis quinze jours, ne pouvant sortir du lit. Nous devons deux termes, cinquante francs, vu que notre loyer est de cent francs par an. Monseigneur, j’ai été appelé au bureau des récompenses nationales le 9 octobre et l’on m’a porté pour une somme. L’on m’a dit de ne point revenir, que l’on m’écrirait, je n’ai point de nouvelles. Je vous supplie, monseigneur, prenez pitié de nous en donnant vos ordres afin que justice me soit rendue. » Il fut proposé pour un secours plus particulièrement comme ancien militaire et comme ayant pris part à la révolution de Juillet que comme combattant de Février Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 25, rue du Faubourg-Saint-Jacques puis 8, rue de la Bourbe, dans le quartier de l’Observatoire, en 1848. Archives de la préfecture de police AA 376. (aussi sous le nom de Cantel Jean, François, Alexis)