Capai
Biographie
« M. Leiziez, ancien officier supérieur de l’ex-garde, demeurant rue d’Orléans, nous écrit : “J’ai vu un jeune homme que l’on m’a dit être un Espagnol de distinction, et se nommer Capai, qui, le 29, posté sous les fenêtres du Louvre, dès dix heures du matin, faisait le coup de fusil avec les Suisses retirés dans l’intérieur, combat qu’il a intrépidement continué jusqu’à l’attaque générale et à la prise du Louvre, dont il fut un des plus hardis assaillants. A ses côtés combattait une petite personne à peine âge de 16 ans, vêtue d’une petite redingote bleue. Des gens qui s’en sont approchés disent l’avoir entendu nommer Maria, et que c’était la sœur du brave Espagnol. Elle était armée de deux pistolets et d’une épée. Après la prise du Louvre et des Tuileries, j’ai revu de nouveau ce même étranger avec la jeune personne, escorter sur le Pont-Royal, et défendre contre la juste exaspération du peuple deux soldats de l’ex-garde royale. Les sabres étaient déjà levés sur la tête de ces soldats, lorsque le généreux Espagnol s’est écrié : “Soyez jaloux de votre victoire et du nom français ; gardez-vous de les ternir par l’assassinat de vos compatriotes sans armes.” Ces mots ont suffi pour apaiser le peuple et sauver les prisonniers.” Des tirailleurs racontaient, sur le Pont-Royal, qu’ils avaient vu ce même étranger, le 28, posté sur le pont des Arts, près de la cabane du péage, du côté du Louvre, faire feu sur un officier d’ordonnance à cheval, qui venant des Tuileries, se dirigeait vers le Pont-Neuf, sans doute pour transmettre des ordres aux troupes qui y stationnaient en réserve. Le poste du Louvre tira plus de vingt coups de fusil sur l’étranger, et, fort heureusement, quoique ce brave fût à découvert, aucun ne l’atteignit. » Le Constitutionnel, 18 août 1830 ; Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusqu’au 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 187-189 ; Le Temps, 4 août 1830 ; Le National, 5 août 1830 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 143-144.