Caravet, Jacques, Toussaint
Biographie
Né le 4 frimaire an VI à Paris, (ancien) Ve arrondissement. Cocher de fiacre chez Linderman, loueur de voitures au 72, rue du Faubourg-du-Temple en juillet 1830. Il fut blessé de deux coups de feu, l’un à la jambe droite et l’autre à la jambe gauche, près de la rue des Filles-du-Calvaire, le 28 juillet. Il reçut un secours de quatre-vingts francs et un autre de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Son patron, lui délivra le certificat suivant, en date du 10 avril 1831 : « Je, soussigné, certifie que le nommé Jacques, Toussaint Caravet a travaillé chez moi en qualité de cocher de fiacre à l’époque du 28 juillet, qu’il fut blessé, qu’il m’a toujours servi avec honneur et fidélité et que je ne lui connais aucun autre moyen d’existence que cet état de cocher qu’il exerce depuis son enfance et que sa blessure le met dans l’impossibilité d’exercer ce travail. » Le 12 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Richard, Jean, maréchal vétérinaire, demeurant 1, rue Boucherat ; Michot, Edme, Sulpice, marchand de vins, demeurant 82, rue Saint-Louis-A... illisible ; Renault, Antoine, Charles, Nicolas, menuisier, demeurant 2, rue Neuve-de-Bretagne. Ils attestèrent connaître parfaitement Caravet et « savoir qu’il a été blessé près la rue des Filles-du-Calvaire le 28 juillet 1830 ». Le 12 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Lefaix, Jean, Joseph, cocher, demeurant 73, rue de Ménilmontant ; Renault, Antoine, Charles, Nicolas, menuisier, demeurant 2, rue Neuve-de-Bretagne. Ils attestèrent connaître parfaitement Caravet « et savoir qu’il est sans fortune et que le produit de son travail est son unique ressource ». Il fut admis dans la 6e classe des blessés et pensionné (par erreur sous le nom de Caravel, Jacques, Toussaint sur les listes du Moniteur universel) de six cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il mourut le 25 octobre 1846 à l’Hôtel-Dieu. Sa veuve, Morand, Rosine, Virginie, née le 2 juillet 1806 à Mécourt (Yonne ou Oise), qu’il avait épousée le 22 janvier 1832 à Belleville, sollicita des secours, qu’elle justifia par les soins qu’avait nécessités la maladie de son mari : « Nous avons employé tout ce qui était dans notre pouvoir, jusqu’à ce que nous ne pouvions plus rien acheter, pas même pour notre subsistance ; il s’est décidé à aller à l’hospice, où il est mort au bout de quelques jours ». Ils avaient eu ensemble neuf enfants, qui, sauf un (ou peut-être deux), étaient tous morts les uns après les autres, par suite de maladies. En 1847, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Cette malheureuse femme a à sa charge un jeune enfant de cinq ans et le produit de son travail de ravaudeuse ne suffit pas à ses besoins. Elle est bien famée. » Elle reçut un secours de quarante francs en 1849. En 1850 : « Favorablement représentée. […] La position de cette dame est très nécessiteuse. » Elle reçut un secours de cinquante francs en 1850, un secours de quarante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, à titre de veuve d’un pensionné de Juillet. En 1856 : « La veuve Caravet […] est concierge de la maison rue Claude-Vellefaux, 3, depuis dix-huit mois. Elle reçoit du propriétaire une somme de soixante francs par an, de plus elle encarte des boutons, travail qui lui rapporte environ soixante-quinze centimes par jour, et reçoit des secours du bureau de bienfaisance. La veuve Caravet a eu neuf enfants ; il ne lui reste qu’un fils de quatorze ans qui est en apprentissage chez un organiste et lui est à sa charge. Elle ne jouit pas d’une bonne santé, elle a une maladie qui la fait souffrir presque continuellement. » En 1862 : « Elle est atteinte d’infirmités qui la mettent dans l’impossibilité absolue de se procurer des ressources par le travail et elle est entièrement à la charge de son fils, qui gagne trois francs par jour comme ouvrier facteur de pianos. La pétitionnaire est représentée favorablement sous tous les rapports et se trouve dans une position réellement digne d’intérêt. » En 1869 : « Elle a une fille restée veuve, qui exerce l’état de blanchisseuse, et un fils, ouvrier facteur d’orgues, qui gagne cinq francs par jour et vit en commun avec elle. La pétitionnaire, atteinte d’un tremblement nerveux, ne peut se livrer à une occupation lucrative. On la représente favorablement sous tous les rapports. » Elle reçut quarante francs de secours en 1847, 1849, cinquante en 1850, de nouveau quarante en 1851, puis cinquante francs chaque année de 1852 à 1871. Caravet demeurait 44, rue de Ménilmontant en 1830-1831 (mais 21, rue des Amandiers en 1831 in Archives nationales F/1dIII/36 ; bien 44, rue de Ménilmontant in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; 21, rue des Amandiers dans le passage Touzel in Archives de Paris VD3 1-) ; sa veuve, 34, rue de la Grange-aux-Belles en 1846 et 1847 ; 81, rue Saint-Maur-Saint-Martin de 1848 à 1850 ; 217, rue Saint-Maur en 1851-1852 ; 22, rue des Vinaigriers en 1853 ; 3, rue Claude-Vellefaux de 1855 à 1859 ; 6, rue de la Butte-Chaumont de 1860 à 1868 (un loyer de cent francs par an) ; 12, passage Puebla (un loyer annuel de deux cents francs) en 1869 et 1870. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 55 ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 105 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 24 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 6e classe) ; Archives de Paris VK3 43 (couverture du dossier Diguet, Victor) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 6e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104., idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220.