Carillet, Pierre, Charles
Biographie
Né le 21 octobre 1769 à Dinan (Côtes-du-Nord), fils de Carillet, Pierre et de Cholet, Geneviève, son épouse. Ancien chirurgien-major dans la division du général Rochambeau, ancien chirurgien en chef de l’hospice civil d’Etampes, docteur en médecine à Fontenay-lès-Briis, médecin du gouvernement pour la propagation gratuite de la vaccine dans l’arrondissement de Rambouillet, membre de plusieurs sociétés académiques. Il servit de 1778 à 1779 sur L’Intrépide, en 1780 et 1781 sur La Magicienne, en 1781 sur La Cybèle, en 1781 et 1782 sur L’Astrée, en 1793 et 1794 sur Le Juste, dans les années II et III sur Le Bon Père, dans les années III et IV, V, VI et VII sur La Surveillante, totalisant cent six mois de services. Il adressa une première demande de décoration honorifique auprès de Louis-Philippe, ainsi rédigée : « Le 2 août 1830, il arbora le premier drapeau tricolore qui ait été vu dans son canton, sur son domicile et qu’il le plaça en présence du régiment des hussards de la garde arrivant de Provins pour se rendre à Rambouillet ; qu’il eut avec ce régiment et le colonel Muller des explications vives et sérieuses même avec quelques dangers, qui cédèrent néanmoins à la lecture que l’exposant fit à ses braves des proclamations du gouvernement provisoire de l’Hôtel de ville et de la connaissance qu’il leur donna que le prince, leur véritable colonel, le duc d’Orléans, était lieutenant-général du royaume. Bientôt la fraternité la plus grande régna, une très grande partie de ce régiment fut accueillie chez l’exposant et plus de deux cents de ces hussards partirent la même nuit, se rendirent à Paris, aux ordres du gouvernement provisoire. Un capitaine commentant le 2e escadron, resta malade plusieurs jours pour se rétablir. L’exposant oserait-il espérer de Sa Majesté, par les causes ci-dessus, qu’elle voulût lui faire la faveur de le mettre au nombre de ceux qui ont quelque droit à la décoration de Juillet ? Ce serait son vœu, puisse Sa Majesté l’exaucer. Il est avec respect etc. » Le 11 novembre 1831, dans une lettre au roi Louis-Philippe, il exposa « que le 6 juillet 1831, il adressa à Sa Majesté Louis-Philippe Ier, roi des Français, les pièces probantes comme quoi le 2 août 1830, il arbora sur son domicile à Fontenay-lès-Briis, canton de Limours, arrondissement de Rambouillet, département de Seine-et-Oise, le premier drapeau tricolore qui a paru en son canton et cela en présence des hussards de la garde, qui se rendaient à Rambouillet y rejoindre Charles X, ce qui fit courir à l’exposant des risques et même quelques dangers, qui cédèrent aux instructions que donna l’exposant à ce régiment assemblé dont plus d’un quart fut reçu et accueilli très fraternellement chez l’exposant et ce qui eut pour résultat que la moitié de ce régiment se rendit sur les minuit aux ordres du gouvernement provisoire à Paris. Il expose qu’en vertu de ses causes il sollicita de Sa Majesté, au mois de juillet dernier, la faveur d’être porté sur la liste de ceux qui avaient droit aux récompenses de Juillet 1830. Il obtint de Sa Majesté une réponse flatteuse, qui lui donna l’avis que sa demande octroyée était renvoyée au ministère de l’Intérieur. L’exposant s’adressa au mois d’août au ministre pour connaître le sort qu’aurait éprouvé sa demande. Il lui fut répondu, le 2 septembre par le 2e bureau, division des gardes nationales et affaires militaires, que c’était à regret qu’on lui annonçait que le travail de la Commission était achevé et que le gouvernement n’y pouvait rien changer. L’exposant, vu l’ordonnance de Sa Majesté du 10 novembre 1831 portant que les réclamations faites par des citoyens pour des faits relatifs aux événements de juillet 1830 qui se seraient passés ailleurs que dans le département de la Seine seront reçues jusqu’au 10 décembre 1831, l’exposant vient de nouveau auprès de M. le président du Conseil, ministre secrétaire de l’Intérieur, le supplier de prendre en considération la demande qu’il a faite à Sa Majesté Louis-Philippe roi des Français et que sa bonté avait favorablement accueillie. Ce sera justice. Il est avec respect, le plus profond, etc. » Il joignait à sa demande plusieurs pièces justificatives. La première, ainsi rédigée : « Nous, maire de la commune de Fontenay-lès-Briis, canton de Limours, arrondissement de Rambouillet, Seine-et-Oise, attestons à qui de droit qu’il est de notoriété publique et au su de nous, que le sieur Carillet, Pierre, Charles, docteur en médecine, chevalier de la Légion d’honneur, chirurgien-major en retraite, domicilié dans cette commune, l’un des médecins du gouvernement pour la propagation de la vaccine dans notre arrondissement, porté sur la liste du jury, a fait flotter, le premier dans cette contrée, sur sa maison, le 2 août 1830, le drapeau tricolore, et cela en présence des hussards de la garde, avec lequel régiment il eut altercations et de vives explications. Attestons qu’il a reçu et accueilli chez lui grande quantité de ces hussards, qu’il garda plusieurs jours chez lui le commandant le 2e escadron et des hussards qui était malades. Déclarons aussi que, sur sa demande, il fut célébré dans notre église communale un service funèbre pour le repos des victimes des journées de Juillet, que dans cette cérémonie, où nous assistâmes, il fut fait par le sieur Carrillet différentes quêtes pour venir au secours des blessés, veuves et orphelins. Le produit de ces quêtes et offrandes fut déposé au bureau du Constitutionnel par le sieur Laîné, capitaine en retraite, avec la mention au Constitutionnel. En foi de quoi, nous délivrons le présent, le 24 juin 1831. Signé Langlois, maire. La deuxième, ainsi rédigée depuis la préfecture de Seine-et-Oise : « Monsieur, je viens de recevoir de M. Vazoux, capitaine commandant le 6e escadron des hussards de la garde, une lettre dans laquelle il exprime sa reconnaissance des soins qu’il a reçus de vous et de l’accueil que vous avez fait aux militaires de ce régiment qui ont passé à Fontenay. Je vous félicite, monsieur, d’avoir, par votre conduite et vos sentiments patriotiques, mériter un semblable témoignage de la part de cet officier et de ces militaires. Agréez, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée. » Signé : le préfet de Seine-et-Oise : Aubernon. Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur la Croix de Juillet que demandait Carillet : « La Commission estime que rien dans la conduite de M. Carillet ne motive la distinction qu’il sollicite. » Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 25 septembre 1813. Il mourut le 20 décembre 1840 à Thiais (Seine-et-Oise), sans laisser aucun héritier connu. Il était veuf en secondes noces de Lepeigne d’Orsenne, Suzanne ou Marguerite, Madeleine selon un autre certificat (lire sans doute Le Paige Dorsenne, général d’Empire), Il demeurait à Fontenay- lès-Briis en 1830 ; rue du Pont-Colbert à Versailles (Seiine-et-Oie) en 1831. Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH//427/61.