Carnet, Gaspard

Biographie


Soldat à quinze ans, fils selon lui « d’un vieux serviteur, mort à Géronne en 1812 ». Tenancier d’un hôtel garni 352, rue Saint-Honoré. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Dans une lettre adressée à la Commission, il récapitulait ainsi ses services : « En 1814, lors de la retraite de l’armée d’Espagne en Catalogne, le sieur Carnet servant dans l’armée française en qualité de caporal au 121e de ligne s’est fait remarquer par le général Lamarque à son passage sur la route de Gironne à Figuères pour avoir conservé avec huit hommes seulement une position attaquée par un bataillon entier de miquelets formant l’avant-garde de l’armée espagnole. Après la revue du duc d’Angoulême dans la plaine de Narbonne il obtint son congé et se rendit à Paris où il fit partie aussitôt de la garde nationale IIe légion, 1er bataillon 3e compagnie. Il ne craignit pas de manifester ouvertement ses opinions sur le peu de confiance qu’inspirait le nouveau gouvernement et fut un des premiers à aller recevoir Napoléon à son retour de l’île d’Elbe. En 1815, le second jour de l’entrée des étrangers, une centaine d’Anglais et de Prussiens s’occupaient à enfoncer les portes d’une maison pour y poursuivre un individu qu’ils prétendaient avoir insulté un de leurs officiers. Le sieur Carnet sortit de chez lui, habillé en garde national et parvint aidé de quelques voisins à les chasser à coups de crosses de fusil. Lors des derniers événements, il fut un des premiers à agir pour l’intérêt général. Le 28, habillé en garde national, il parcourut les rangs de la troupe de ligne en exhortant les soldats à refuser de prendre parti contre le peuple. Il insista principalement auprès du 53e auquel il fit distribuer une partie de son vin. Le 29 au matin, il s’est présenté un des premiers au ministère des Affaires étrangères où il s’est conduit de manière à appeler l’attention de MM. Perier qui lui confièrent la garde des archives, dont il connaissait seul le dépôt. Il fut même le seul qui se présenta à M. d’Hauterive pour lui offrir ses services. Enfin, MM. Perier ayant ordonné de conduire à leur hôtel vingt chevaux de gendarmes trouvés au ministère des Affaires étrangères, les braves qui se battaient sur le boulevard voulant les emmener, ce ne fut qu’avec grand-peine qu’il parvint à les faire renoncer à ce projet. Il faillit même recevoir un coup de baïonnette en s’opposant à ce qu’on désarmât le concierge de MM. Perier. » Le lieutenant-général Lamarque lui délivra effectivement un certificat dans lequel il attestait que Carnet avait servi sous ses ordres et que dans plusieurs occasions, notamment en Catalogne, il s’était « distingué par un courage très brillant ». Les capitaines Lenoir et Dupaty de la 3e compagnie du 1er bataillon de la IIe légion de la garde nationale témoignèrent que Carnet « dans toutes les circonstances, […] a manifesté les sentiments les plus patriotiques, qu’il y a joint une grande exactitude dans le service et un zèle à toute épreuve, particulièrement dans les derniers événements ». Eudeline, ancien grenadier de l’armée de Sambre et Meuse, sergent depuis 1813 à la compagnie Laffitte de la garde nationale, demeurant 348, rue Saint-Honoré, Grossin, caporal lui aussi dans la garde nationale depuis sa formation, Albin, sergent dans la garde nationale depuis sa formation, attestèrent la conduite de Carnet en 1815 contre les violations faites par l’occupant ; Bertier, son voisin, Lariotte, Roux, Ravillette et Lavalard attestèrent l’avoir vu haranguer les lanciers en juillet ; Perier certifia sa conduite ; Mignet, chef des archives au ministère des Affaires étrangères, de même ; Benjamin Constant certifia que « M. Carnet s’est conduit dans toutes les élections depuis 1823 avec le plus grand zèle et le plus grand courage, qu’il a contribué puissamment à la nomination des députés libéraux, qu’il a compromis sans balancer sa place et son existence et que tous les citoyens amis de la liberté et de l’ordre lui ont les plus grandes obligations. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Carnot, Gaspard), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Carnet demeurait 352, rue Saint-Honoré, près de la place Vendôme en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement.

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