Caron, Pierre, Nicolas
Biographie
Né en 1791 à Beauvais (Oise). Propriétaire. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Garde national de la compagnie des voltigeurs de la XIIe légion, dès la formation de ce corps, il était porteur d’un certificat, signé le 20 décembre 1831 par Duruy, Marie, Charles (voir ce nom), qui attestait qu’il s’était « toujours montré très exact et zélé dans son service ; enfin qu’il jouit de toute l’estime de ses chefs et de l’amitié de ses camarades ». En 1838, « dans une position bien gênée », il sollicita de participer à la distribution de gratifications accordées aux décorés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet. En 1839, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Veuf, sans enfant. Il exerce la profession de marchand colporteur de figures de plâtre dans Paris et la banlieue, industrie peu lucrative, qui le laisse, assure-t-on, dans une position très précaire et digne d’intérêt. Il n’a été donné aucun renseignement défavorable sur la conduite et sur la moralité du pétitionnaire. » Il reçut un secours de vingt francs en 1839, un secours de vingt-cinq francs en 1840, un secours de quarante francs en 1841. En 1842, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Cet individu, ruiné dit-on par une faillite, n’a plus d’autre ressource que le produit de son travail. Il est très favorablement représenté sous tous les rapports. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842, un secours de quarante francs en 1843, un secours de quarante francs en 1844, un secours de quarante francs en 1845, un secours de vingt-cinq francs en 1846. En 1847, arriéré dans le paiement de son loyer et « gagnant à peine de quoi avoir du pain », il sollicita un secours et obtint quarante francs. Le 10 mai 1848, il était signalé par la préfecture comme sans ouvrage et dans une position nécessiteuse. Il fit partie des vingt-neuf personnes du poste du Carrousel à qui Boutevillain dit Grandpré, Victor, Jean-Francois (voir ce nom) donna, sur ordre du général Guinard, un fusil et des cartouches pendant la Révolution de Février (soit pendant les journées des 15 et 16 mai soit pendant les journées de Février). Il reçut un secours de quarante francs en 1849. En 1850, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marchand colporteur d’encriers et de médaillons. […] Il est veuf depuis vingt-cinq ans, sans enfant, et gagne environ vingt-cinq sous par jour. Sa position n’est pas heureuse. Il est fort bien représenté sous tous les rapports. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, à titre de médaillé de Juillet, deux secours de soixante francs en 1851. En 1852, la même administration donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Mouleur en plâtre. […] Il gagne environ un franc vingt-cinq centimes par jour, lorsqu’il a de l’ouvrage ; il n’a aucune ressource particulière et personne dans sa famille ne peut lui prêter assistance. Il est arriéré de plusieurs termes de loyer envers son propriétaire et se trouve dans une position vraiment nécessiteuse. C’est un brave homme, sobre et tranquille. Tous ses voisins s’accordent à le représenter comme digne d’intérêt. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, un secours de cinquante francs en 1853, un secours de cinquante francs en 1854. En 1855, les renseignements suivants étaient rapportés sur son compte : « […] Le sieur Caron fait des figures en plâtre, qu’il vend, le soir, dans les rues et sur les places, à dix centimes la pièce ; ce petit commerce lui rapporte un franc vingt-cinq à un franc cinquante par jour. Le sieur Caron n’a pas d’enfant. Sa femme l’a quitté, voilà vingt-cinq ans, pour suivre un autre homme. Il ne sait pas ce qu’elle est devenue depuis cette époque. Le sieur Caron ne doit rien à son propriétaire et est bien considéré dans son quartier. Sa position ne paraît pas heureuse. Cet homme paraît dans la gêne. » Il reçut un secours de trente francs en 1855. En 1856, il était toujours colporteur mais avait bien du mal à gagner sa vie, à cause de ses jambes malades. Il reçut un secours de quarante francs en 1856, un secours de quarante francs en 1857. En 1858, il se disait être entré dans sa soixante-douzième année, relevant d’un mal de reins qui l’avait empêché de travailler durant un mois et inquiet pour le paiement de son prochain terme. Il reçut, cette année-là, un secours de trente francs. En 1859, ne pouvant à peine subvenir à son existence par son travail, arriéré dans le paiement de son loyer, mais, expliquait-il : « […] Comme j’habite la même maison depuis vingt-cinq ans, on a un peu d’égard à mon malheur. » Il reçut, pour cette année-là, un secours de quarante francs. En 1860, les forces lui manquant pour gagner sa vie, arriéré dans son loyer, dans une « position malheureuse », il sollicita un secours et obtint quarante francs, un secours de quarante francs en 1861. En 1862, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Ne peut plus, en raison de son âge avancé, se livrer au travail et se trouve, par suite, dans un état voisin de la misère. Il est inscrit au bureau de bienfaisance de son arrondissement. On rend un témoignage favorable de sa conduite et de sa moralité. » Il reçut un secours de quarante francs en 1862, un secours de quarante francs en 1863, un secours de quarante francs en 1864. En 1865, il était à l’hospice de Bicêtre et sollicitait un secours pour pouvoir acheter du tabac, grande privation, et « certaines choses qu’un vieillard peut avoir besoin dans le courant de l’année » et reçut un secours de trente francs. Il demeurait 2, rue de la Glacière en 1831 ; 16, rue Beaujolais en 1836 ; 133, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1837 ; 4, impasse Saint-Pierre au Marais, un logement au loyer annuel de cent dix francs, en 1834-1863 ; à l’hospice de Bicêtre en 1865. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille XIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/3784 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Boutevillain, dit Grandpré, Victor, Jean-Francois ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852. Il y a bien deux Caron au (ancien) XIIe arrondissement : un sous le seul nom de Caron et un second Caron, Pierre, Nicolas.