Carrier, Hugues

Biographie


Né le 15 janvier 1808 à Labrousse (Cantal). Commis en librairie. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 17 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27, rue Saint-Honoré contre les Suisses et les gendarmes, à la Bourse. Le 28, eut un fusil chez un armurier, à la rue Planche-Mibray, à la Grève jusqu’à 11 heures ; il empêcha de jeter un Suisse à l’eau. Le 29, a eu des cartouches à la caserne de la gendarmerie, a été au Louvre où il a tiré une vingtaine de coups de fusil ; est entré au Louvre, où il a fait une chute dans une espèce de retraite précipitée ; il y perdit son arme ; s’est rendu aux Tuileries. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 17 février 1831, à aucune voix pour la croix, sept voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 1007) dans la liste des demandes d’admission comme sous-officier posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 26e régiment de ligne de 1831 au 10 mars 1838. En janvier 1837, à l’occasion d’une demande de secours qu’il avait présentée, le préfet de police donnait comme renseignement sur son compte qu’il était sergent au 26e, que « ses chefs rendent un bon témoignage de sa conduite », qu’il était célibataire et qu’il demeurait au Gymnase militaire du Gros-Caillou. En 1840, les mêmes sources rapportaient : « Fait le courtage en librairie mais gagne fort peu de choses. C’est un bon sujet, qui soutient sa mère, âgée et infirme. Sa bonne conduite au régiment lui a fait obtenir un secours de quatre-vingts su roi. » Sous le règne de Louis-Philippe, mais à une date qui n’apparaît pas sur la lettre, il était un des délégués d’une députation de décorés de Juillet, qui, à l’occasion du jour de l’an, voulait être reçu par le roi pour lui présenter ses vœux. Il toucha cinquante francs de secours en 1841, soixante-cinq francs en 1842, vingt-cinq francs en 1843 (cette année-là, il ne se présenta pas pour les toucher). En 1848, il était libraire, père de cinq enfants et, en février, participa à sauver de l’incendie les bâtiments de la barrière du Roule et à préserver du pillage la caisse de l’octroi ; de la même manière, il empêcha la destruction des tableaux d’Horace Vernet qui ornaient les salons du Palais-Royal. Il fit partie des vingt-neuf personnes du poste du Carrousel à qui Boutevillain dit Grandpré, Victor, Jean-Francois (voir ce nom) donna, sur ordre du général Guinard, un fusil et des cartouches pendant la Révolution de Février (soit pendant les journées des 15 et 16 mai soit pendant les journées de Février). Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, afin d’obtenir de pouvoir reprendre du service dans l’armée. Il fut recommandé par cette Commission pour obtenir le grade de sous-lieutenant dans l’infanterie. A partir de l849, il ne cessa de solliciter des secours ; cette même année, le cabinet du préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Marié, père de quatre enfants, est sans ouvrage depuis plus d’un an et se trouve dans une grande misère. Il est fort bien représenté. » Il toucha un secours de quarante francs le 20 juin 1848, soixante francs en 1849, cinquante francs en 1850. En 1852, avec Messager et Mentin, il signa une pétition, comme combattant de Juillet et ayant relevé « le drapeau tricolore au nom de Napoléon II », afin d’obtenir une pension alimentaire et viagère de trois cents francs. Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il toucha un secours de cinquante francs en 1852, En 1855, il était père de six enfants. En 1857, les mêmes sources de police rapportaient : « Commis placeur en librairie. On évalue ses gains mensuels à soixante-dix francs et sa femme tient un asile pour les jeunes enfants. Cet individu se trouve dans une position gênée et, en raison de sa bonne conduite et de ses charges de famille, il paraît digne d’intérêt. » En 1858, il était resté veuf avec six enfants. En 1863, le cabinet du préfet de police renseignait à son sujet : « Resté veuf il y a sept ans avec six enfants, dont deux sont encore aujourd’hui en partie à sa charge. Il gagne environ mille deux cents francs par an comme courtier d’assurances et n’a pas d’autres ressources connues ; en un mot, sa position est nécessiteuse. On s’accorde à le représenter favorablement sous tous les rapports. » Il toucha un secours de soixante francs chaque année entre 1865 et 1868, trente francs en 1869, soixante francs en 1870, trente francs en 1871. Il demeurait 3, rue Planche-Mirbray en 1830-1831 ; 52, vieille route de Neuilly à une date non précisée mais durant le règne de Louis-Philippe ; 29, rue Monsieur-le-Prince en 1848 ; 12, rue Neuve-Saint-Paul en 1849-1850; 10, rue des Ursulines de 1850 à 1852; 304, rue Saint-Jacques en 1856 ; 38, rue du Géorama au Petit-Montrouge en 1857 et 1858 ; 31, rue d’Enfer en 1858 ; 27, rue Neuve-de-la-Tombe-Issoire dans un grenier du château des Alouettes de 1859 à 1864 ; 47, rue Villa-Léonie en 1865 ; 10, passage Saint-Victor ou 9, rue Sainte-Léonie de 1866 à 1870. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la seconde sous le numéro 1007) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés et liste des demandes d’admission comme sous-officier ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 17 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 17 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officier ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives nationales AB/XIX/15 papiers des Tuileries, décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Boutevillain, dit Grandpré, Victor, Jean-François.

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