Carrion-Nisas, André, François, Victoire, Henry

Biographie


Né le 22 janvier 1794 ou le 24 janvier 1794 à Lézignan-la-Cèbe (Hérault), fils du marquis Carrion de Nisas, Mary, François, Elisabeth, militaire, maire de Lézignan-la-Cèbe, membre du tribunat, nommé maréchal de camp pendant les Cent-Jours, destitué sous la Restauration mais rétabli après la révolution de Juillet. Homme de lettres. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin, et son brevet le 24 août 1831. En 1835, employé chez Justin, 8, place de la Bourse, il fut arrêté après l’attentat du 28 juillet 1835, sans doute parce qu’il était rédacteur du journal de Justin, dont le titre est peu clair. Il nia avoir eu connaissance des préparatifs de l’attentat. Son interrogatoire par le juge d’instruction donna lieu au dialogue suivant : « Les termes dans lesquels vous vous exprimez sur le principe du gouvernement et le peu de respect avec lequel vous parlez habituellement de la personne du roi constitue l’inculpation de provocation à commettre des crimes ou des délits et jusqu’à un certain point de complicité dans les attentats qui ont eu lieu ? – Je ne crois pas qu’aucun des fragments de ma correspondance puisse donner lieu à une pareille inculpation. Je suis des personnes qui admettent la république dans l’avenir mais qui ne croient point qu’elle puisse s’improviser et qui par conséquent ne provoqueront jamais à la révolte ou à aucun acte politique légalement incriminable [...]. » Il fut l’objet d’un non-lieu. Il fut député du 23 avril 1848 au 26 mai 1849 ; le Dictionnaire des parlementaires donne sur son compte les renseignements suivants : « Il publia, pendant la Restauration, un grand nombre de brochures de politique libérale : Bonaparte et Napoléon (1821), Coup d'œil sur l'Europe à propos du Congrès (1822), Le Forgeron, drame en 3 actes (1824), les Idées républicaines, Principes d'économie politique, Résumé de l'histoire de la République de Venise, etc. ; il collabora également à Victoires et Conquêtes. Décoré de juillet en 1830, Carrion de Nisas combattit bientôt le nouveau gouvernement, et échoua comme candidat d'opposition démocratique, le 9 juillet 1842, dans le 4e collège électoral de l'Hérault (Pézenas) avec 221 voix contre 309 accordées au candidat monarchiste, M. le marquis de Grasset, élu, et le 1er août 1846, dans le 3e collège du même département (Béziers), avec 174 voix contre 448 données au député ministériel sortant, M. Debès. Il fut plus heureux aux élections du 23 avril 1848 pour l'Assemblée constituante, et fut élu représentant du peuple, dans l'Hérault, le 6e sur 10, par 35,023 voix ; il siégea à gauche, fit partie des comités de l'agriculture et du Crédit foncier, et vota : pour le bannissement de la famille d'Orléans ; contre la proposition Proudhon ; contre les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière ; pour l'abolition de la peine de mort ; contre l'impôt progressif ; contre l'amendement Grévy sur la présidence ; contre le droit au travail ; contre le renvoi des accusés du 15 mai devant la Haute-Cour ; contre l'interdiction des clubs ; pour l'amnistie des transportés ; pour l'abolition de l'impôt des boissons. Il combattit énergiquement la politique du prince-président, et appuya la demande de mise en accusation du président et de ses ministres. Il n'a pas fait partie d'autres législatures. » Dans un article érudit sur la famille Carrion-Nisas, paru dans La Ville et Les Champs, Wladimir d’Ormesson donne ce bref aperçu biographique sur Carrion-Nisas, André : « […] Le second fils du général de Carrion-Nisas et de Souveraine s'appelait André. Il boitait et resta célibataire. C'était un romantique légèrement socialisant, qui a laissé des écrits politiques et surtout des études sur l'astronomie et la chimie. Il fut député de l'Hérault à l'Assemblée Constituante en 1848. » Il mourut le 23 novembre 1867 à Lézignan-la-Cèbe. Il demeurait 36, rue Chantereine en 1830-1831 ; 116, rue Montmartre en 1835, à l’Hôtel des Voyageurs (une chambre au 1er étage). Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales CC/678 dossier Carrion-Nissas ; Dictionnaire des parlementaires de 1789 à 1889, Robert et Cougny, Bourloton, Paris, 1891 ; La Ville et Les Champs, d’Ormesson, Wladimir, Fayard, Paris, 1958.

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