Cartal, André

Biographie


Né le 4 mai 1796 à Saint-Pierre-d’Allevard (Isère). Ancien militaire au 6e régiment de la garde, ayant participé à la campagne d’Espagne en 1823 et participé à la prise de Cadix et du Trocadéro, congédié en décembre 1826. Scieur de long. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Le lieutenant-colonel commandant militaire du Louvre certifie que pendant les dernières journées de juillet et les premiers d’août il eut sous son commandement aux Tuileries le sieur Cartal, André, scieur de long, demeurant rue Verderet n° 13, lequel s’est conduit avec bravoure et distinction. » Signé, le 25 avril 1831 : Carel. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés Frédéric Amory, commis marchand de bois, demeurant rue des Grès n° 7, Casse, Ferdinand (voir ce nom), cordonnier, demeurant 167 bis, rue Saint-Jacques (sic), Rambaud, sapeur-pompier à la 2e compagnie, et Jean Delaunay, voiturier, rue des Grès n° 9, certifions que le nommé Cartal, scieur de long, le 29, venant d’escorter un baril de poudre des Gobelins à la place de l’Odéon, a parti avec nous, en qualité de sergent du peloton dont nous faisions partie, pour la caserne de Babylone, assurons que c’est lui, un des premiers, qui a crié de mettre le feu aux portes du côté de la rue de Babylone en prenant une table chez les bourgeois de la seconde maison à côté de la caserne près la petite rue Mademoiselle, l’apportant à travers une grêle de balles que les Suisses nous envoyaient. Cela ne l’a pas empêché d’arracher des palissades en face, en encourageant ses camarades en les plaçant en embuscade sur différents points et assurons aussi l’avoir vu entrer dans la caserne un des premiers, en passant par un panneau que l’on était parvenu à casser, en traversant un énorme brasier, dans lequel il a eu ses souliers et son pantalon tout abîmés. » Signé : Amory, Frédéric, commis marchand de bois, demeurant 7, rue des Grès ; Casse, cordonnier, demeurant 167 bis, rue Saint-Jacques (sic) ; Rambaud, sapeur-pompier à la 2e compagnie ; Jean Delaunay, voiturier, demeurant 9, rue des Grès ; Thureau, scieur de long, demeurant 5, rue Neuve-des-Poirées. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que le sieur Cartal, André, scieur de long, demeurant rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur n° 4, s’est dévoué au nombre des défenseurs de la liberté dans les mémorables journées de Juillet et qu’il n’a quitté les armes qu’au retour de Rambouillet. J’assure que le susdit nommé s’est dignement et principalement distingué à la prise de la caserne de Babylone, dont j’affirme qu’il est porteur d’un certificat qui lui fut délivré par M. Henriot (voir ce nom), élève de l’Ecole polytechnique, chef d’un poste alors au château des Tuileries, dont il atteste que ledit sieur Cartal a combattu vaillamment dans les trois mémorables journées et qu’il avait resté sans interruption depuis le jour de la prise de la caserne jusqu’au 3 août et que par sa fidélité et son zèle, il a constamment contribué au maintien du bon ordre et de la tranquillité. Ledit certificat fut joint à une pétition, qui fut apostillé par le colonel de la Ve légion de la garde nationale et par moi, Boisselle (sic), chef de bataillon en retraite, qui fut envoyé à Sa Majesté le roi des Français, dont le susdit n’a pas encore reçu de réponse, c’est pourquoi je lui ai délivré le présent certificat pour lui servir et valoir ce qui est de raison. » Signé, le 28 octobre 1830 : Boissel, chef de bataillon, retraité, adjudant-major de la Ve légion. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, Guillaume Guinard, principal locataire et dame Marguerite Voisse, mon épouse, demeurant ensemble à Paris, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur n° 3 (sic) ; Joseph François, praticien, demeurant à Paris, rue d’Amboise n° 7, Louis Bajat, chef de cuisine, demeurant à Paris, rue Mandar n° 2, et Pierre Petit, tailleur d’habits, demeurant aussi à Paris, susdite rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur n° 4, déclarons pour rendre hommage à la vérité ce qui suit. Monsieur et dame Guinard, que le sieur Cartal, André, natif de Saint-Pierre-d’Allevard, département de l’Isère, ex-caporal au 6e régiment de la garde royale, congédié en décembre 1826, actuellement scieur de long, a, dans les événements mémorables de juillet dernier, pris une part très active dans le combat qui s’engagea entre les habitants de Paris et la force armée ; qu’aussitôt le signal du combat donné, il se rangea au nombre des nobles défenseurs de la patrie et ne quitta les armes que longtemps après la victoire remportée et l’ordre entièrement rétabli ; que par suite des fatigues par lui éprouvées dans les jours du combat il se trouva gravement atteint d’une fluxion de poitrine, qui l’a retenu au lit et mis hors d’état de travailler pendant quinze jours ; que c’est aux soins assidus que nous lui avons prodigués pendant sa maladie qu’il doit de ne pas avoir eu recours à un médecin. Et nous, Françon, Bajat et Petit, ci-dessus-dénommés, déclarons avoir vu le sieur André Cartal, en notre qualité de combattants et avec qui nous étions à la prise du château des Tuileries, se battre pendant les trois immortelles journées de juillet et se porter toujours des premiers où il avait le plus de dangers à courir. Nous certifions en outre l’avoir vu, comme étant avec lui, à la prise de la caserne de Babylone et à celle de l’Hôtel de ville. Nous sieur et dame Guinard déclarons que ledit sieur Cartal, qui loge chez nous depuis longtemps, est un citoyen dont la conduite exemplaire est au-dessus de tout éloge. » Signé, le 25 novembre 1830 : Guinard, Guillaume, principal locataire et dame Voisse, Marguerite, demeurant 3, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur ; Françon, Joseph, praticien, demeurant 7, rue d’Amboise ; Bajat, Louis, chef de cuisine, demeurant 2, rue Mandar ; Petit, Pierre, tailleur d’habits, demeurant 4, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il signa un certificat en faveur de Rémy, Louis, pour attester que ce dernier s’était battu « dans les journées des 27 et 28 juillet 1830 sur les boulevards, à la rue Saint-Honoré, à la Halle et à la Grève. En passant dans la rue des Arcis, après avoir fait plusieurs décharges sur les gardes royaux, son chapeau fut enlevé. Ne s’étant pas rebuté à continuer le feu jusqu’à 7 heures et demie du soir, lorsqu’il fut blessé d’une balle au bras droit. » Il signa, le 3 octobre 1831, comme « décoré de Juillet », le certificat suivant en faveur de Foissard, Raymond : « Les soussignés certifient que le sieur Foissard, couvreur, a combattu avec eux dans la soirée du 28 juillet 1830, contre les troupes royales, sur le pont nommé aujourd’hui d’Arcole ; que le lendemain, 29, ayant été forcés d’évacuer le poste du palais des Beaux-Arts, par suite des coups de canon et de la fusillade qui y dirigeaient les susdites troupes ledit sieur Foissard, avec ses compagnons d’armes se sont dirigés par le Pont-Neuf sur la place de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois et ont contribué à la prise du Louvre ainsi qu’à celle des Tuileries et que de là ils se sont rendus sur la place du Palais-Royal, toujours sous les ordres de M. Jacquin, commandant les corps francs. Attestent aussi les soussignés que ledit sieur Foissard a, sur la place du Carrousel, tué un sergent-major de la garde royale, qui n’avait pas voulu se rendre et qu’il s’est emparé de sa caisse pour s’en servir lui-même à battre le pas de charge. » Il signa, le 5 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Souillot, Charles, Nicolas, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous certifions avoir vu le sieur Souillot, Charles, Nicolas combattre dans le peloton dont nous faisions partie le 29 juillet 1830 à la prise de la caserne Babylone. » Il reçut sa médaille et son brevet le 3 octobre 1831. En 1831, il sollicita le renvoi des pièces qu’il avait jointes à une pétition qu’il avait adressée au roi. Il mourut en 1849 à Oran, où il était colon, laissant une veuve, née Girardin, Louise, Adèle, originaire d’Argenteuil, et deux enfants. La veuve quitta l’Algérie avec ses deux enfants, malades et dont l’un mourut en arrivant en France. En septembre 1851, elle sollicita des secours. En 1852, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Est une brave femme, sage et tranquille, qui n’a d’autres moyens d’existence que le fruit de son travail et quelques secours qu’elle reçoit de son beau-frère, dont la position n’est pas des plus heureuses. Elle va en journée de temps à autre mais elle gagne fort peu de choses. Elle est d’ailleurs affectée de douleurs rhumatismales, qui la réduisent souvent au repos. Elle mérite, sous tous les rapports, la bienveillance de l’administration. » Elle reçut un secours de cinquante francs en 1852, en 1853, un secours de quarante francs chaque année entre 1854 et 1862. En 1863, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Ouvrière fleuriste, elle gagne deux francs par jour, qui constituent ses seules ressources. On la représente favorablement sous le double rapport de la conduite et de la moralité. En résumé, elle paraît digne d’intérêt. » Elle reçut un secours de quarante francs en 1863, et toujours de cette même somme chaque année jusqu’en 1870. Cartal demeurait 13, rue du Verderet en 1830 ; 3, rue des Portes-Saint-Sauveur en 1831 (mais 5, rue Neuve-des-Poirées en 1831 in Archives nationales F/1dIII/48, aussi in Archives de Paris VK3 24 dans le registre qu’il signe et in Archives de la préfecture de police AA 376, aussi in Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Souillot, Charles, Nicolas ; mais 4, rue des Portes-Saint-Sauveur in Archives de Paris VD6 281 n° 1 et dans un certificat in Archives de la préfecture de police AA 376) ; sa veuve, 14, rue du Port, chez M. Colas, à Argenteuil en 1851-1852 ; 9, rue de Paris à Belleville en 1854-1856 ; 56, rue de la Villette à Belleville en 1857-1860 ; 119, rue de Paris à Belleville, un logement au loyer annuel de deux cents francs, en 1861-1863 ; 98, rue de Paris à Belleville en 1863 ; 199, rue du Faubourg-du-Temple en 1865 ; 50, rue du Faubourg-du-Temple en 1866-1869. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Rémy, Louis ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement et aussi même référence une liste de remise des brevets accompagnant la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 42 (à l’adresse rue des Portes-Saint-Honoré, mais le courrier est renvoyé, cette adresse n’existant pas) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Foissard, Raymond (sous le seul nom de Cartal) ; Archives nationales F/15/3784 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852, idem Proposition d’accorder à vingt-six décorés et veuves de décorés ou blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.490 francs, minutes 257-259, en date du 12 janvier 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 376 ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Souillot, Charles, Nicolas.

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