Cassin, Eugène
Biographie
Né le 25 décembre 1796 à Sens (Yonne). Entré en 1811 commis surnuméraire à l’hospice civil et militaire de Sens, nommé premier commis par arrêté du préfet de l’Yonne du 30 août 1814, resté à l’hôpital jusqu’en 1816 ; il devait relater ainsi les conditions dans lesquelles il avait exercé ces fonctions : « En 1814, lors des trois sièges soutenus par la ville, l’hospice a été abandonné par les directeurs et même jusqu’aux sœurs. M. Cassin est resté seul avec les infirmiers, au milieu de plus de huit cents malades et d’une horrible contagion. Son dévouement, l’ordre qu’il a fait régner et les soins égaux qui ont été donnés aux Français restés parmi les Alliés lui ont valu les plus grands éloges de l’administration civile et militaire. » En juillet 1830, il était agent général de plusieurs sociétés philanthropiques. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il comparut, le 5 mars 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, pour attester Mignot, François, Etienne « n’a point reparu depuis les journées de Juillet ; qu’il était à l’attaque du Louvre le 29 et qu’il y est mort glorieusement pour la cause nationale ; et que sa mère, Marie-Louise Mignot, veuve Petit, n’a plus aucun moyen d’existence depuis qu’elle est privée de l’assistance de son fils ». Il comparut, le 19 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, pour attester savoir que Tessier, Charles, Hippolyte avait « été blessé, en combattant, le 29 juillet 1830, faubourg Saint-Honoré, près de la Madeleine ». Son nom est, comme décoré de la Croix de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la Croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 16 mai 1831 à la mairie du (ancien) Xe arrondissement, reçut sa croix le 21 juin et son brevet le 18 août 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En avril 1832, il sollicita la décoration de la Légion d’honneur, énumérant les titres qu’il avait acquis : « […] Mon nom a été associé à toutes les fondations d’utilité publique et de bienfaisance qui ont été créées depuis dix-huit ans. Mes services ont été gratuits pour la plupart et ceux qui ont été rétribués l’ont été seulement pour à peine couvrir mes déboursés. J’ai commencé ma carrière en 1813 et en 1814, à l’âge de dix-huit ans, dirigé, seul, un hôpital de neuf cents malades, au milieu du typhus, qui avait fait mourir en juin toute l’administration, ainsi que le constatent les attestations des autorités civiles et militaires. J’ai vingt et un ans de services publics, tous de dévouement. J’ai dix ans de service, comme commissaire et administrateur de bienfaisance. En 1830, j’ai donné six mois au service des blessés du (ancien) Xe arrondissement et à l’hospice de la Charité, dont j’avais la surveillance. Depuis lors, j’ai été de toutes les commissions, secours, écoles, conseils de recensement, etc. Mes services actuels au bureau de secours et comme commissaire pour le choléra sont trop connus dans le quartier Saint-Thomas pour que je m’en targue, ils trouveront seuls leur récompense dans ma conscience […]. » Il énumérait ainsi les différentes fonctions qu’il avait occupées : depuis 1817, agent général des Sociétés d’instruction élémentaire de la morale chrétienne à l’horticulture asiatique, et dont les travaux étaient « si peu rétribués qu’ils pourraient être considérés comme gratuits », membre du Comité grec pendant quatre ans, de sociétés de méthodes d’enseignement pendant onze ans, de sociétés d’économie domestique pendant cinq ans, du Comité polonais pendant deux ans, commissaire et administrateur de bienfaisance depuis 1823, commissaire des blessés de Juillet depuis 1830 jusqu’en mai 1831, commissaire de la mairie durant cinq mois à l’hospice de la Charité, membre du jury des récompenses nationales, membre du comité des écoles primaires, membre du conseil de recensement de la garde nationale, commissaire organisateur des surveillants du bureau de secours du choléra du quartier Saint-Thomas-d’Aquin et médaillés par la Ville de Paris pour sa conduite pendant l’épidémie, un des initiateurs de l’Ecole orthomatique. Sa demande était appuyée par Ternaux, Delessert, Saint-Aulaire pair de France, Girod de l’Ain, Lameth, le préfet Laborde. Le 28 mai 1832, le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Le sieur Cassin […] a été pendant longtemps administrateur du bureau de bienfaisance du (ancien) XIe arrondissement et qu’il remplit aujourd’hui les mêmes fonctions dans le (ancien) Xe. Il jouit, sous tous les rapports d’une réputation honorable ; on le dit membre de plusieurs sociétés savantes et philanthropiques et auteur d’un grand nombre d’ouvrages élémentaires fort estimés. On fait, en outre, l’éloge de sa bienfaisance et il passe pour être très attaché au gouvernement actuel. » En 1832, il était marié. Cassin demeurait 12, rue Taranne en 1830-1837. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/67 in dossier Mignot, François, Etienne ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Tessier, Charles, Hippolyte ; Archives nationales F/1dIV/C/4.