Cataigne, Pierre, Adolphe
Biographie
Né vers 1804 à Amiens (Somme). Tourneur en cuivre. Le 5 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Goblot, Nicolas, Victor, né vers 1800, maçon, demeurant 84, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Remy, Joseph, né vers 1805, maçon, demeurant 25, barrière de Clichy ; Guerrier, Jean, né vers 1809, maçon, demeurant 3, rue Thiroux. Ils affirmèrent avoir parfaitement connu Cataigne et savoir qu’il avait « pris une part active à la gloire des trois célèbres journées de juillet 1830, qu’ils l’ont vu notamment le 28 dudit mois, armé et combattant pour la liberté, près de la porte Saint-Martin et que l’ayant entendu annoncer qu’il était blessé ils l’ont, en effet, vu chanceler et ont vu couler son sang, qu’il exprima néanmoins l’intention de combattre encore et de se porter au Louvre, qu’ils le perdirent de vue dans ces circonstances, vers le milieu du jour et que, dès lors, ils ne l’ont plus revu et n’ont eu aucune connaissance de son sort ». Le décès de Cataigne fut reconnu par jugement du 7 juillet 1831. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Sa concubine, Eloy, gazière (c’est-à-dire ouvrière en gaze) ou ouvrière en cachemire de son état, née vers 1808, reçut (sous le nom de Cateigne) un secours de trois cent trente francs auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, présenta une demande de pension pour elle et pour ses deux enfants, Jean-Baptiste, né le 13 décembre 1827 à Paris, et Adèle née le 13 septembre 1830 (mais le 13 août 1830 in Archives nationales F/1dIII/35 B ; mais bien le 13 septembre 1830 in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris. La demande pour elle fut refusée, la demande pour Jean-Baptiste fut aussi refusée, l’enfant n’ayant pas été reconnu par le père et se nommant Eloy. Puis la Commission rejeta la demande pour Adèle, l’enfant ayant été reconnue à sa naissance, le 13 septembre 1830 par son père, ce dernier ne pouvait pas être décédé. La Commission des récompenses nationales fit appeler la concubine et rédigea la note suivante : « On n’a jamais pu découvrir la vérité, elle a constamment mis de la lenteur à fournir les pièces qui lui ont été demandées. Elle prétend que Cataigne a disparu depuis la naissance du dernier enfant, qu’il a reconnue, et croit qu’il est mort. Elle élude toujours sur l’acte de décès ; on lui dit de faire des recherches aux douze mairies, et elle ne se donne pas la peine de le faire. » Sur l’état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées in Archives nationales F/1dIII/38 A, on trouve en face du nom de Cataigne la mention : « N’est pas mort. » Adèle Cataigne apparaît cependant sur les listes d’orphelins de Juillet parues sur le Bulletin des lois mais on trouve, en face de son nom sur les listes officielles de la Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 in Archives nationales F/1dIII/35 B, l’apostille suivante : « A rejeter, le père ayant signé l’acte de naissance de cet enfant le 14 décembre 1830. » Adèle est cependant comprise sur les listes d’orphelins pensionnés in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 26. Cataigne demeurait 82, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1830 ; sa concubine, 26, rue de la Fontaine-au-Roi en 1831, (mais 15, rue des Vinaigriers deux fois in Archives nationales F/1dIII/35 B ; mais bien 26, rue de la Fontaine-au-Roi in Archives nationales F/1dIII/38 A). Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 26 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet (seulement pour ordre, aucun droit n’étant reconnu), Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (avec l’apostille suivante en face de son nom : N’est pas admise, n’étant que concubine) et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins des victimes Juillet non pourvus de subrogés tuteurs à la date du 30 septembre 1831) ; Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien Ve arrondissement) (état dans lequel Adèle n’est comprise que pour ordre, n’ayant droit à rien).