Catelin, Henry, Louis

Biographie


Il déposa, le 11 juillet 1831, un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement). Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le sieur Henry Catelin s’est conduit en digne et brave patriote les 27, 28 et 29 juillet. Que dès le 27, à la tête de quelques amis de la liberté, il enfonça plusieurs boutiques d’armuriers dans divers quartiers, que le soir même il excita le peuple rassemblé place de Bourse en leur montrant une victime frappée par le parti déchu. Puis il fit, avec un de ses amis, fermer le théâtre des Nouveautés, provoqua pour le lendemain un rassemblement général place de la Bourse, d’où il partit prendre au journal le Temps cette feuille et des proclamations, qu’il afficha. Dès le 28, les couleurs nationales brillaient à son chapeau et, armé d’un fusil et d’un damas, il criait aux armes, en arborant au théâtre des Variétés les belles couleurs françaises. Le sieur Henry Catelin sauva la vie au sieur Sanlot-Baguenault, qui eut l’imprudence de sortir de sa voiture et de se nommer. Sa voiture fut saisie et servit à la fondation de la fameuse barricade du boulevard Montmartre, où il passa quelques heures à dépaver et scier les premiers arbres. MM. Millet, Colson, Lemadre et autres, qui comme lui travaillaient, s’empresseront de rendre hommage à la vérité. Une fois ce travail à peu près terminé, il partit en tirailleur porte Saint-Denis et s’acquitta, en patriote heureux, de la tâche qu’il entreprenait. Ne pouvant résister au feu nourri qu’il essuyait, il fut forcé de se diriger sur un autre point. Comme il allait à la rue de Rohan, il fit partie de l’escorte qui ramena, place de la Bourse, la pièce de canon. Les patriotes Boieldieu (voir Boeildieu, Jean, Alexis, Germain ?), Lherie (voir plutôt Lhéric, Brunswick ?), Blaise, sont les témoins de ce que nous nous plaisons à confirmer. Désigné par un officier supérieur pour établir un poste à la barrière de la rue Feydeau, il tint jusqu’au soir, où l’on vint le relever. Il alla de là passer la nuit à celui qu’il forma porte Montmartre, au coin du faubourg. Le lendemain, il accompagna M. Leféburier, officier du génie, et son frère Adolphe, porteur d’un ordre du gouvernement provisoire pour établir aux barrières des barricades. Il fut ainsi que les personnes désignées ci-dessus et le brave et jeune baron de Belfond, aujourd’hui officier des carabiniers, arrêtés illégalement par le colonel Bro (voir Bro, Louis), qui les fit désarmer et garder au secret pendant six heures. Ce n’est qu’après ce temps que le sieur Henry Catelin et ses dignes compagnons de courage et d’infortune obtinrent l’élargissement de leur cachot. MM. Tulon, Pleyel, Coche, Radot et d’autres étaient présents à cette lâche et scandaleuse arrestation. La fatigue qu’éprouva le sieur Catelin lui occasionna, jointe à une chute qu’il fit en traversant une barricade, une hernie, que des certificats attesteront ainsi que le docteur Dufour (voir Dufour, François, Etienne), commissaire et médecin de charité, le même qui soigna trente-sept blessés, Hermé, Ducellier, désignés par la Commission des récompenses nationales pour les services rendus à l’humanité. » Signé : Coche, employé au journal le Temps, demeurant 11 bis, rue Montholon, qui ajoutait : « Je certifie que le sieur Henry Catelin a été arrêté illégalement par le colonel Bro et que malgré le témoignage de plusieurs citoyens il est resté six heures au secret. » Vaillant, qui ajoutait : « Je certifie que M. Henry Catelin a tenu la conduite que les signataires ci-contre ainsi que moi attestent le patriotisme. » Dufour, qui ajoutait : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, médecin et commissaire du bureau de charité du (ancien) IIe arrondissement, demeurant rue Coquenard n° 54, certifie que M. Henry Catelin porte une hernie inguinale du côté droit, du volume d’un œuf, hernie prise et gagnée dans les fatigues de juillet 1830 par une chute violente. Ces faits sont à ma connaissance et les certifie avec plaisir. Signé, le 9 juillet 1831 : Dufour ; Ducellier, commissaire du bureau de charité ; Hermé, pharmacien, décoré de Juillet, demeurant 11, rue des Martyrs ; Lange, demeurant 19, rue Chantereine ; Grandjean, chevalier ; Saly, inspecteur général du théâtre des Variétés, qui ajoutait, le 8 juillet 1831 : « Je certifie que c’est le sieur Catelin qui arbora les couleurs nationales sur le sommet du théâtre des Variétés, dans la matinée du 28, à la tête d’un rassemblement nombreux, qui avait reconnu cet intrépide patriote pour son chef. » Par …erdinand fils, qui ajoutait : « Je certifie avoir vu le sieur Henry Catelin se battre contre les Suisses dans la rue de Rohan lors des événements de juillet 1830. » Dans le récit que fait Opigez, Pierre, Joseph de sa conduite pendant les événements de Juillet, il y a les faits suivants qui se rapportent à Catelin : « […] Le 28, il fut assez heureux pour arborer le premier le drapeau national sur le Théâtre des variétés, il était seulement accompagné du sieur Catelin […]. » Catelin demeurait 19, passage Saulnier en 1831. Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Opigez, Pierre, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 376. Quel rapport avec l’autre même adresse ?

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