Cauchois-Lemaire, Louis, Auguste, François
Biographie
Né le 28 août 1789 à Paris. Rédacteur au Constitutionnel. Il était connu pour son opposition à la Restauration. Il fut un des trois rédacteurs avec Chatelain et Thiers, et un des quarante-quatre signataires (voir la liste complète à Dumas, Alexandre), « sans pouvoir répondre de la résolution que prendraient les actionnaires », de la protestation des journalistes, ainsi rédigée : « On a souvent annoncé depuis six mois, que les lois seraient violées, qu’un coup d’Etat serait frappé. Le bon sens public se refusait à le croire. Le ministère repoussait cette supposition comme une calomnie. Cependant le Moniteur a publié enfin ces mémorables ordonnances, qui sont la plus éclatante violation des lois. Le régime légal est donc interrompu ; celui de la force est commencé. Dans la situation où nous sommes placés, l’obéissance cesse d’être un devoir. Les citoyens appelés les premiers à obéir sont les écrivains des journaux, ils doivent donner les premiers l’exemple de la résistance à l’autorité, qui s’est dépouillée du caractère de la loi. Les raisons sur lesquelles ils s’appuient sont telles qu’il suffit de les énoncer. La charte, article 8, dit que les Français, en matière de presse, sont tenus de se conformer aux lois ; elle ne dit pas aux ordonnances. La charte, article 35, dit que l’organisation des collèges électoraux sera réglée par les lois ; elle ne dit pas par les ordonnances. La couronne elle-même avait reconnu jusqu’ici ces articles. Toutes les fois, en effet, que des circonstances prétendues graves lui ont paru exiger une modification, soit au régime de la presse, soit au régime électoral, elle a eu recours aux deux Chambres ; elle ne s’est arrogé, à l’égard des articles 8 et 35, ni une autorité constituante, ni une autorité dictatoriale qui n’existent nulle part. Les tribunaux, qui ont droit d’interprétation, ont solennellement reconnu ces mêmes principes. Leurs décisions établissent qu’en matière de presse et d’organisation électorale, les lois, c’est-à-dire le roi et les Chambres, peuvent seuls statuer. Aujourd’hui donc le gouvernement a violé la légalité. Nous sommes dispensés d’obéir. Nous essayons de publier nos feuilles, sans demander l’autorisation qui nous est imposée. Nous ferons nos efforts pour qu’aujourd’hui au moins elles puissent arriver à toute la France. Voilà ce que notre devoir de citoyens nous impose, et nous le remplissons. Nous n’avons pas à tracer ses devoirs à la Chambre illégalement dissoute ; mais nous pouvons la supplier, au nom de la France, de s’appuyer sur son droit évident, et de résister autant qu’il sera en elle à la violation des lois. Ce droit est aussi certain que celui sur lequel nous nous appuyons. La Charte dit, article 50, que le roi peut dissoudre la Chambre des députés ; mais il faut pour cela qu’elle ait été réunie, constituée en Chambre ; avant la réunion et la constitution de la Chambre, il n’y a que des élections faites. Or, nulle part la Charte ne dit que le roi peut casser les élections. Les ordonnances publiées aujourd’hui ne font que casser des élections, elles sont donc illégales, car elles font une chose que la Charte n’autorise pas. Les députés élus, convoqués pour le 3 août, sont donc bien et dûment élus et convoqués. Leur droit est le même aujourd’hui qu’hier. La France les supplie de ne pas l’oublier. Tout ce qu’ils pourront pour faire prévaloir ce droit, ils le doivent. Le gouvernement a perdu aujourd’hui le caractère de légalité qui commande l’obéissance. Nous lui résistons pour ce qui nous concerne ; c’est à la France à juger jusqu’où doit s’étendre sa propre résistance. » Alexandre Dumas un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet, et qui en laissa un récit impartial et bien renseigné, donnait sur une réunion qui eut lieu le 27 juillet, pour organiser la résistance, les précisions suivantes : « L’une [des réunions, N.D.A.], libérale pure, presque républicaine, se tenait rue Saint-Honoré, dans la maison du pharmacien Cadet de Gassicourt (voir Cadet de Gassicourt, Charles, Louis, Félix). Les membres principaux de celle-là étaient Thiers (voir Thiers, Adolphe), Charles Teste (voir Teste, Charles, Antoine), Anfous, Chevalier, Bastide, Cauchois-Lemaire et Dupont (voir Dupont, Jacques, François) ; on y débattait cette motion, de créer dans chaque arrondissement un comité de résistance chargé de se mettre en communication avec les députés. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 25 avril 1847. Il mourut le 9 août 1861. Il est l’auteur de Histoire de la Révolution de 1830, précédée d’un résumé historique de la Restauration et d’une Esquisse préliminaire sur le mouvement démocratique, Paris, Perrotin, 1841. Nous empruntons au Bulletin de la Société de l’Histoire de France la notice nécrologique que lui consacra ce périodique et ainsi rédigée : « M. Cauchois Lemaire. A son nom se rattachent plus généralement les souvenirs de la vie ardente et agitée du journaliste, du publiciste presque pamphlétaire et des doctrines démocratiques dont la défense a occupé la première partie de sa vie, que ceux des paisibles fonctions d’archiviste dans lesquelles il a passé ses dernières années. Cependant, suivant le témoignage sincère et convaincu de plusieurs de ses meilleurs amis, de ceux qui l’ont connu le plus intimement, le polémiste qui s’était fait une réputation d’esprit acerbe et difficile, celui qu’on a même plus tard accusé d’envie, fut le plus doux, le plus honnête, le plus désintéressé des hommes, et profondément dévoué au succès des principes qu’il défendait avec tant de chaleur. Ces témoignages différents peuvent être également près de la vérité, suivant les époques et les appréciations ou les points de vue de doctrines différentes. N’ayant point connu personnellement M. Cauchois-Lemaire, je dois me borner à retracer rapidement quelques-uns des traits principaux de sa carrière littéraire et politique, en tenant compte de l’exagération des reproches et de la réalité de qualités sincèrement appréciées. M. Louis-François-Auguste Cauchois-Lemaire, né à Paris en 1789, entra d’abord dans la carrière de l’enseignement public, qu’il ne tarda pas à abandonner pour fonder un cabinet littéraire destiné surtout aux étudiants des écoles. Ce fut dès cette époque (en 1814) que commença à se manifester, de sa part, l’opposition la plus vive au gouvernement des Bourbons, qu’il ne cessa jamais d’attaquer par toutes les voies de la publicité, soit dans les feuilles périodiques qu’il fonda ou dont il fut le collaborateur, soit par des écrits isolés, la plupart sous forme de lettres. Le premier journal dont il fut l’éditeur et le principal rédacteur parut en 1814, sous le titre du Nain jaune. Il succédait au Journal des Arts et de la Littérature dont M. Cauchois-Lemaire s’était rendu propriétaire. Le Nain jaune, supprimé en 1815, fut continué sous le titre de Fantaisies, recueil dont il ne parut qu’un seul numéro et auquel succéda le Journal des Arts et de la Politique, qui n’eut aussi qu’une existence éphémère et qui fut supprimé au vingt-quatrième numéro. Les poursuites auxquelles donnèrent lieu les premières publications de M. Cauchois-Lemaire le déterminèrent à se réfugier à Bruxelles (mars 1816) pour se soustraire aux condamnations et aux mandats d’arrêt dont il craignait d’être l’objet, et aussi pour continuer en pays étranger une polémique que la censure lui interdisait en France. Il créa successivement dans cette ville deux nouvelles feuilles, le Nain jaune réfugié et le Vrai Libéral. Mais soit que les discussions de questions politiques concernant le gouvernement des Pays-Bas ne fût pas du goût de l’autorité, soit que l’intervention et les plaintes des agents du gouvernement français eussent exercé une certaine influence contre M. Cauchois-Lemaire, celui-ci, attaqué pour un article concernant l’Espagne, reçut l’ordre de ne plus séjourner à Bruxelles (mai 1817), et se retira à Hambourg. Il quitta bientôt cette ville et se retira à La Haye. Là, de concert avec un autre réfugié français, M. Guyet, il adressa aux Etats généraux une requête qui fit alors quelque bruit sous le titre : Appel à l’opinion publique et aux états généraux du royaume des Pays-Bas en faveur des patriotes français proscrits (novembre 1817). La requête fut repoussée après un débat animé, et elle n’eut pas d’autre résultat pour l’auteur que l’obligation de s’éloigner de La Haye. Il erra pendant près d’un an dans d’autres villes de la Hollande. L’ordonnance d’amnistie du 5 septembre 1819, rendue sous le ministère de M. Decazes, permit à M. Cauchois de rentrer en France, où la publication d’autres mémoires politiques ne tarda pas à lui susciter de nouveaux embarras et plusieurs procès. Ses principaux écrits furent : Lettre sur les Cent-Jours (1819); — Sur le gouvernement occulte (1820) ; sur Naples et la déclaration de Laybach (1821), et surtout le recueil d’articles politiques qu’il réunit en 1821 sous le titre d’Opuscules. Parmi les plus vifs, on peut citer les suivants : Les Persécutions, la Fuite et les Projets du Nain jaune (Bruxelles, mars 1816). – Chacun pour soi. – Extradition. – Cour spéciale extraordinaire. – Nos adieux. – Procès avec le roi d’Espagne. – Appel à l’opinion publique et aux Etats généraux (nov. 1817). – Je suis Francais (1819). – Aperçu de la situation politique de la France ; De l’influence étrangère (août 1819). – Histoire secrète de la Vendée (sept. 1819). – L’Optimiste (1820). Ce volume d’Opuscules fut poursuivi, l’auteur condamné, malgré un habile plaidoyer de Me Chaix-d’Est-Ange, à un an de prison et à la saisie d’une caution de 20.000 francs fournie par ses amis pour obtenir sa liberté provisoire. Ce qui n’empêcha pas l’auteur de continuer ses attaques violentes contre la Restauration. M. Cauchois-Lemaire était devenu dès 1820 collaborateur de plusieurs revues ou journaux politiques des plus ardents dans la défense des doctrines qu’on nommait alors libérales et des idées démocratiques de la Révolution contre les traditions de l’Ancien Régime. Ce fut surtout dans la Bibliothèque historique et dans le Constitutionnel qu’il se fit remarquer par une malice piquante, un esprit frondeur, un style mordant qu’on a comparé à celui de Paul-Louis Courier, mais auquel il était bien inférieur. Cette active participation de M. Cauchois à la lutte de la presse contre le gouvernement des Bourbons de la branche aînée et contre les opinions religieuses qu’on se plaisait trop à confondre sous le nom de jésuites, se manifeste en tout son jour dans le recueil de Lettres politiques, religieuses et historiques qu’il publia de 1828 à 1832, et qui reproduit plusieurs de ses écrits les plus remarqués publiés la plupart antérieurement, sous forme de lettres. Telles sont celles adressées à M. Delavau, président des assises, et à M. de Ravignan, avocat général, à l’occasion de poursuites dont il avait été l’objet (1821) ; à M. Bellart, sur son réquisitoire dans le procès de la conspiration des sergents de la Rochelle (1822) ; à un catholique romain sur une instruction pastorale de l’archevêque de Rouen et de quelques actes du clergé romain (1825) ; à M. de Peyronnet, ministre de la justice (1829). La plus remarquable et la plus remarquée fut la Lettre au duc d’Orléans sur la crise actuelle (1827). Cette lettre donna lieu à un procès et à la condamnation de l’auteur à quinze jours de prison et 3.000 francs d’amende, et lui fournit le sujet de plusieurs autres écrits non moins violents (en note : M. Cauchois-Lemaire avait aussi publié, avant 1830, les ouvrages suivants : La Constitution de 1791, La Constitution des Cortes et la Charte comparées, 1 vol. in-18. – Des Jésuites, par d’Alembert, précédé d’un Précis des doctrines et de l’état de cette société, 1 vol. in-4 8, 1824. – Les Quatre Evangiles, précédés du Discours de Marcel, curé de village, 1824, in-18). Le but de la lettre incriminée était, par l’invitation publique au duc d’Orléans de jouer le rôle de Guillaume d’Orange, le renversement de la branche aînée des Bourbons. Aussi, obéissant à la sincérité de ses convictions politiques, ne manqua-t-il pas de signer la fameuse protestation des journalistes contre les ordonnances de Juillet, et se fit-il un devoir, comme il aimait à le rappeler, de ne pas quitter, ainsi que deux de ses collègues, au moment du danger, pendant les trois journées, le bureau du journal où était déposée la protestation et où les rédacteurs pouvaient être arrêtés d’un instant à l’autre. La révolution de 1830, en faisant triompher les opinions que M. Cauchois avait défendues avec tant de persévérance, semblait devoir mettre un terme à sa longue polémique. Il en fut autrement. Ses anciens amis, parvenus au pouvoir, l’oublièrent-ils ? ne lui offrirent-ils point une part à son gré dans la nouvelle distribution des fonctions publiques ? Son caractère indépendant, une méfiance de lui-même, une certaine timidité naturelle, sous les apparences de la sauvagerie, et qu’on a toutefois quelque peine à concilier avec la vivacité de son opposition, la crainte de ne voir assuré qu’incomplètement le succès des idées libérales qu’il avait défendues, contribuèrent-ils à le faire rester à l’écart du nouveau gouvernement de Louis-Philippe ? C’est ce qu’il est bien difficile d’apprécier dans une juste mesure et ce qui a été diversement jugé. Il paraît qu’il avait refusé certaines places administratives et politiques et une pension de 6.000 f sur la cassette du roi Louis-Philippe. Mais, en réalité, M. Cauchois-Lemaire n’interrompit point contre le gouvernement de Juillet l’opposition qu’il avait faite à celui de la Restauration. Il continua jusqu’en 1832 d’écrire dans le Constitutionnel ; mais il s’en sépara en 1832, et ce fut surtout dans les journaux le Bon Sens, la Nouvelle Minerve politique et les Tablettes universelles ; qu’il continua la polémique des quinze années précédentes (M. C. L.... contribua plus tard à la fondation du Siècle). La première de ces feuilles, dont il fut le principal rédacteur dès 1832, était le journal populaire de l’opposition constitutionnelle ; elle paraissait le dimanche (format in-folio). Durant cette nouvelle campagne politique, il fut encore poursuivi devant la cour d’assises (1835), et eut, la même année, avec M. Raspail, rédacteur du Réformateur, dont les opinions démocratiques étaient plus avancées que les siennes, un duel dans lequel il fut légèrement blessé. L’occasion de ce duel avait été une lettre adressée par M. Cauchois-Lemaire à M. Raspail, avec le Tartuffe, apôtre de M. Rodde. M. Cauchois-Lemaire se fatigua enfin d’une lutte dans laquelle il n’était plus soutenu par le plus grand nombre de ses anciens amis, où plusieurs de ses collaborateurs nouveaux avaient un but différent du sien, et dont il ne reconnaissait peut-être plus autant l’utilité et le succès probable. Il avait dépensé les derniers débris de sa fortune dans l’exécution d’un projet qu’il espérait pouvoir doter le pays d’une presse honnêtement et loyalement populaire et démocratique, la fondation du journal le Bon Sens. Aussi finit-il par accepter, en 1840, dans l’administration centrale des Archives, sous le ministère de MM. Thiers et de Rémusat, ses anciens compagnons d’armes dans la campagne libérale de 1820 à 1830, au poste inférieur peut-être à ce que dix ans auparavant sa réputation et ses longues relations d’amitiés politiques lui permettaient de demander. Il fut nommé chef de la première des quatre sections des Archives, de la section législative et judiciaire, qui comprend les actes de toutes les grandes assemblées nationales et ceux de tous les corps judiciaires qui se sont succédé en France : chancellerie, conseils, parlements, Châtelet, cour des aides, cour des monnaies, bureaux des finances, officialités, justices seigneuriales, etc. M. Cauchois-Lemaire s’est fait aimer dans ces fonctions par son caractère doux, équitable, conciliant. Des combinaisons administratives et financières dont nous ignorons les causes réduisirent, sous la direction de M. de Chabrier, qui était cependant son camarade de collège et son ami, le titre de M. Cauchois-Lemaire à celui de chef adjoint, qu’il portait officiellement au moment de sa mort, quoiqu’il eût exercé loyalement pendant dix ou douze années les fonctions de chef. M. Cauchois-Lemaire, depuis qu’il avait renoncé à la vie active et militante de réformateur, jugeait avec un grand calme, une grande impartialité les événements politiques auxquels il avait pris part. Il parlait aussi des hommes avec beaucoup de modération, reconnaissant les efforts louables qu’on avait faits et rendant justice aux bonnes intentions. La vigueur qu’avait mise Charles X à déterminer l’expédition d’Alger, malgré l’opposition de l’Angleterre, plaisait beaucoup à son patriotisme. Il n’était pas moins impartial à l’égard des hommes politiques avec lesquels il avait combattu, et dont les grandes fortunes ou la brillante renommée ne semblaient aucunement exciter sa jalousie. Il s’entretenait plus volontiers de la période de la Restauration, qui avait été le temps de ses luttes les plus vives, que de sa polémique pendant les premières années du règne de Louis-Philippe. Il convenait, quoi qu’il ne parût pas le regretter, avoir été violent et même souvent injuste dans les controverses auxquelles il s’était si ardemment mêlé pour aider au développement des principes de la Révolution. “L’opposition ne demandait, disait-il, une concession que pour en exiger immédiatement une autre ; nous en voulions à la dynastie elle-même, et beaucoup d’entre nous à la monarchie.” La plus grande préoccupation de la dernière période de la vie de M. Cauchois-Lemaire, avait été d’écrire l’Histoire de la Révolution de juillet, dont il fut l’un des acteurs et des promoteurs principaux. Pendant dix années, de 1830 à 1840, il avait réuni tous les matériaux nécessaires à cette œuvre. Il était bien loin de s’en rapporter à ses seuls souvenirs ; il interrogea presque comme un juge tous ceux qui, en 1830, avaient pris une part importante d’action dans la bataille ; et avec un sentiment rare d’impartialité et d’exactitude, il recueillit et classa scrupuleusement dans ses cartons le résultat de ces recherches, de ses interrogatoires, de cette sorte d’instruction publique. Mais quand il fallut mettre en œuvre ces nombreux matériaux, il s’effraya. Peut être certains jugements délicats à porter sur plusieurs de ses anciens amis l’embarrassaient ; peut-être la modération du vieillard le portait-elle à condamner certaines opinions, certains actes, dont il avait été jadis l’ardent champion. Un volume d’introduction parut, en 1841, sous ce titre : Histoire de la Révolution de 1830, précédée d’un résumé historique de la Restauration et d’une Esquisse préliminaire sur le mouvement démocratique (tome Ier in-octavo, Paris, Perrotin, 1841). Ce volume fut accueilli très froidement ou plutôt n’eut aucune faveur. M. Cauchois-Lemaire n’osa plus depuis reprendre la plume ; mais, tout en se résignant à ne recueillir que des notes, il n’en poursuivit pas moins, sous cette forme plus modeste, l’étude complète et sérieuse d’événements si considérables, qu’il ne se sentait peut être plus la force de les juger. Toutefois, cette précieuse collection de documents ne sera point perdue : il l’a léguée à un jeune historien, M. Paul Boiteau, déjà fort connu par un intéressant tableau historique des institutions et de l’administration publique en France, en 1789. M. Cauchois-Lemaire ayant su, plus d’une année avant sa mort, que M. Paul Boiteau s’occupait aussi de recherches sur les événements de 1830, lui offrit et lui légua cette abondante moisson de renseignements que nul peut-être n’eût rassemblée avec un zèle plus consciencieux ; il ne mit à ce legs d’autre condition que le désir de voir associé son nom à celui du collaborateur qui mettrait en œuvre des matériaux si laborieusement recueillis. Le legs a été accepté avec reconnaissance, et M. Paul Boiteau espère qu’avant la fin de cette année, il aura publié une histoire de la révolution de Juillet, basée en très grande partie sur les travaux préparatoires de M. Cauchois-Lemaire, mis en œuvre par des mains pieuses et fidèles, sinon sous la forme que celui-ci avait méditée, du moins dans l’esprit où il aurait voulu la voir se produire. » Dans sa séance du 7 mars 1845, la Commission de répartition des secours décida l’ajournement de sa demande d’augmentation du secours de mille deux cents francs annuels qu’il touchait habituellement. Il demeurait 32, rue du Faubourg-Poissonnière en 1831. Des patriotes, des libéraux et des doctrinaires, pour servir à l’histoire de la révolution de Juillet, J. N. Poubelle, Paris, chez les libraires du Palais-Royal, 1832, p. 6 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 30-31 ; Chronique de juillet 1830, Rozet, Paris, Barrois et Duprat, 1832, tome 1, p. 105-108 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 366, séance du 7 mars 1845 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées pour le mois de janvier 1848 aux condamnés politiques de la Restauration qui résident à Paris (soit cent francs dans son cas) ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/451/7 ; Bulletin de la Société de l’Histoire de France, deuxième série, tome troisième, (années 1861-1862), Paris, Renouard, 1863, p. 296-301.