Causin, Adolphe
Biographie
Né vers 1801 à Gênes (Italie), fils d’un inspecteur principal chef du personnel des armées d’Aragon et de Catalogne, licencié en 1814 et admis en 1816 au traitement de non-activité. Lui-même ancien militaire, ayant servi comme maréchal des logis au 2e régiment des hussards, sous les ordres du colonel de Rigny. En 1830, il était établi marchand de bois, tenant le chantier du Grenadier, boulevard du Temple au coin de la rue de Crussol. Le 29 juillet, à la mairie de la rue Saint-Martin, il prit le commandement d’un détachement de la Ve ou de la VIe légion, qui venait de recevoir des armes, et le dirigea vers le Palais-Royal. Arrivé rue Saint-Honoré, le petit groupe combattit la garde royale, avec Causin à sa tête. Vers 16 heures, en face de la rue des Bons-Enfants, alors que Causin s’était embusqué devant la porte du chapelier Rouget, 213 [211 chez Rossignol et Pharaon], rue Saint-Honoré, et, après avoir dirigé une fusillade longue et bien nourrie, il reçut un coup de biscayen dans le bas-ventre. Il mourut une heure plus tard, des suites de ses blessures. La chronique de l’époque rapportait ainsi les conditions de son décès : « [Le 29], M. Causin fils, à la tête d’un détachement de sa section, fit partout des prodiges de valeur. Apprenant que la garde royale allait marcher sur le peuple dans la rue Saint-Honoré, il se mit en tirailleur dans la maison n° 211 ; mais, hélas ! il y reçut la mort d’un coup de canon à mitraille. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 21 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Rouget, Charles, Eugène, chapelier, demeurant 211, rue Saint-Honoré ; Benez, Pierre, Mussions, Cérola, menuisier, demeurant 211, rue Saint-Honoré ; Tubeuf, Justin, Victor, joaillier, demeurant 211, rue Saint-Honoré. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Causin et « qu’ils l’ont vu le 29 juillet dernier à la mairie, rue Saint-Martin, qu’il est parti de cet endroit, accompagné de plusieurs citoyens qui venaient de recevoir des armes et que ledit sieur Causin, comme ancien militaire, les dirigea vers le Palais-Royal ; qu’arrivé à la rue Saint-Honoré, il combattit à leur tête contre la garde royale et que vers 4 heures après midi il fut atteint d’un coup de biscayen dans les parties, lequel le mit hors de combat ; qu’il fut de suite transporté dans la boutique du sieur Rouget, chapelier, l’un des dénommés, où il mourut quelques instants après ». Causin laissait des parents, Etienne, Adrien, né le 29 juillet 1769 à Paris, Cosso, Marie, Thérèse, Hyéronime (parfois orthographié Huvanisme), née le 14 avril 1768 à Nice (alors royaume de Piémont, devenu département des Alpes-Maritimes), qui reçurent un secours de vingt-cinq francs, le 20 août 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 16 septembre 1831, un secours de deux cent cinquante francs, le 29 octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, qui furent pensionnés de trois cents francs et à qui fut accordée (sous les noms de Causin, Etienne, et Coste, Marie-Thérèse, Heyronime) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rente perpétuelle de cinquante francs. A titre de récompense nationale et à cause de la mort de Causin, Adolphe, un de ses frères obtint une demi-bourse dans un collège. Le père sollicita sa réintégration comme chef de service. Son nom fut oublié sur les tables de bronze du Panthéon, et son père, en 1833, sollicita que l’erreur ne se répétât pas sur la colonne de la Bastille. Il demeurait 2, rue de Crussol ; ses parents 9, rue Sainte-Catherine (ou 9, rue Neuve-Sainte-Catherine in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) en 1831. Le nom de Causin (A. Causin) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 211 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 335 ; Les Enfans de Paris ou les Petits Patriotes, scènes de courage, de présence d’esprit, de magnanimité, de grandeur d’âme et de désintéressement de la jeunesse parisienne pendant les journées des 27, 28, 29 juillet 1830, A. de Saintes, chez Nepveu libraire, et Eymery, Fruger et Cie, libraires, Paris, 1831, p. 79-80 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 335 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 101 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 26 ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (ascendants), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des ascendants ; Archives nationales F/1dIII/33 état des places et faveurs accordées par le gouvernement, à la suite de la révolution de Juillet et des événements qui s’y rattachent et en considération de la part qu’y ont prise les impétrants ou leurs familles et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (35 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.