Cauzet Demarest, Joseph
Biographie
Né le 19 janvier 1797 à Bordeaux (Gironde). Ancien militaire, il avait « à l’âge de seize ans, participé à quatre grandes batailles », devenu employé de commerce. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Cauzet Demarêt in Archives nationales F/1dIII/39 faire le changement ? et sous celui de Cauzet Desmarets sur les listes du Bulletin des lois et sur celle du Moniteur universel). Désappointé de ne pas voir son nom dans la liste des décorés de la Croix de Juillet, il sollicita, en mai 1831, la réparation de ce qu’il considérait comme une simple erreur ou omission. Il était le beau-frère de Fretigny, Romain (voir ce nom), qui ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales, cette dernière ayant perdu les pièces qu’il lui avait confiées. Lelièvre, Nicolas, Victorin (voir ce nom), dans le certificat qu’il signa en faveur de Frétigny, donnait les indications suivantes sur la participation de Cauzet Demarest : « Je, soussigné, Nicolas, Victorin Lelièvre, avocat, certifie que M. Cauzet-Demarest (voir ce nom) et Frétigny, Romain, chevalier de la Légion d’honneur, se trouvèrent avec moi à la prise des Tuileries, que, de là, nous les retrouvâmes à l’action meurtrière, rue de Rohan et rue Saint-Honoré, qu’ils nous ont aidés dans le pansement et le transport de nos blessés et qu’il est à notre connaissance qu’ils ont donné des preuves constantes d’intrépidité et de bravoure. » Il déposa un dossier devant la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « Plusieurs certificats légalisés, signés de M. le colonel Poque, Baduel élève de l’Ecole polytechnique, Valmier, rue Vivienne n° 13, Leroux place du Louvre n° 20, Lelièvre décoré de Juillet, Edme Lebœuf élève de l’Ecole polytechnique, et plusieurs autres constatant que M. Cauzet-Desmarest s’est vaillamment battu à la Bourse, au Louvre, rue de Rohan et rues adjacentes. Lettre de M. Carly, membre de la Commission des récompenses nationales à M. Guinard aussi membre de la Commission, ainsi conçue : “M. Cauzet Desmaret qui a eu le malheur d’être examiné au jury du (ancien) IIe arrondissement sans pouvoir y présenter son dossier, qui se trouve égaré, s’est trouvé placé parmi les hommes qui doivent avoir la médaille tandis qu’il paraît être un des combattants les plus méritants. Si les pièces nous eussent été présentées, nul doute qu’il n’eût obtenu la croix spéciale. Vois donc dans ta sagesse et ta justice si tu peux réparer ce malheur ou le présenter pour la Légion d’honneur. Deux ou trois de ses pièces sont encore égarées.” Paris, le 11 mai 1831 : Carly. Lettre de M. Guinard à M. Cauzet Desmarets : “Il a été impossible d’infirmer la décision du jury sans autorisation de sa part. Mais pour réparer autant que possible une erreur qui aurait pu être commise à votre égard, j’ai l’honneur de vous prévenir que, sur ma proposition, la Commission des récompenses vous recommande à M. le ministre de l’intérieur pour que la décoration de la Légion d’honneur vous soit accordée.” Signé le 10 mai 1831 : Guinard. Ainsi lorsque la Commission a eu égaré des titres, elle a pu juger sérieusement que M. Cauzet Desmarets méritait plutôt la médaille que la décoration spéciale ! Quelle erreur ! » Une apostille de la Commission des récompenses nationales, en marge de la lettre de la Commission des réclamations, faisait l’observation suivante : « Médaille. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Cauzet Desmaret, Joseph), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1833, il reçut un secours de vingt-cinq francs. En 1834, père de famille, sans ouvrage, ne pouvant payer les mois de nourrice, tombé malade et obligé d’aller à l’hôpital de la Charité, dans une « situation excessivement pénible », il sollicita un secours. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Ne demeure point au domicile indiqué, rue Saint-Antoine, n° 171 ; il y est venu quelquefois chez un sieur Baron, mais ce dernier le connaît très peu et ne peut indiquer son domicile. D’après sa déclaration, le sieur Cauzet est un homme de quarante ans, très malheureux et qui travaille chez un parfumeur, dont on ignore l’adresse. » Il reçut, en 1835, un secours de soixante-quinze francs. Il reçut une allocation de quarante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet. Il était marié, sans enfant en 1848. Il fit valoir ses titres de combattant de 1832, 1834 et 1839 auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, à tire de médaillé de Juillet. Il demeurait 8, rue du Port-Mahon (mais 3, rue du Port-Mahon in Archives nationales F/1dIII/34 ; bien 8, rue du Port-Mahon in F/1dIII/88 dossier Fretigny, Romain, dans la lettre que ce dernier fait parvenir à la Commission des réclamants de Juillet) en 1831 ; 195, rue Saint-Antoine, chez madame Adam, en 1833 ; 171, rue Saint-Antoine, chez Lebaron (ou Baron in F/9/1154), ébéniste en 1835 ; 18, rue des Ecrivains en 1848 ; 8, rue Quincampoix ou 1, rue Quincampoix en 1849 ; 3, rue de Marivaux en 1850 ; 3, rue Nicolas-Flamel en 1851 ; 94, rue Saint-Martin en 1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 11 octobre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/48 ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Fretigny, Romain ; Archives nationales F/9/1155 ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 2e catégorie, pensions ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 88, 89, idem Etat de répartition de secours imputables sue le chapitre 25 bis du budget de 1850 (secours à divers titres), minutes 148-149, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852.