Cavellier, Charles

Biographie


Né vers 1783 à Paris. Serrurier-mécanicien. Il reçut, le 28 juillet, un coup de lance au bras gauche et fut contusionné à l’oreille par les cuirassiers à la porte Saint-Denis. Il reçut (sous le nom de Cavelier) un secours de vingt-cinq francs le 17 octobre 1830, un secours de vingt-cinq francs le 19 octobre 1830 auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut sans doute soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud. Il était porteur de deux certificats médicaux qui attestaient les blessures qu’il avait reçues à l’oreille, l’un du docteur Macartan et l’autre du docteur Fiard illisible. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressait le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet (récit dont nous avons rendu l’orthographe et la rédaction lisibles) : « Le 28 juillet 1830, à 9 heures du matin, je me suis présenté au poste Bonne-Nouvelle, qui était désarmé, où je vis le peuple qui démolissait le poste et jetait les matériaux au milieu de la chaussée et dont une partie du peuple ramassait lesdits matériaux et formait une barricade vis-à-vis le poste attenant à l’autre côté du boulevard, où je donnais moi-même la main à porter les montants de la porte du poste qui était démolie et formais la barricade. A midi moins le quart, un canonnier de l’artillerie légère à cheval et rouge de sa chevelure vint à grande course de cheval du côté du boulevard Montmartre et montait le boulevard Poissonnière dans le peuple illisible. Je me trouvais seul et au milieu de la chaussée, proche la barricade du poste de Bonne-Nouvelle. Je ramassais un morceau de plâtras de la main droite pour lancer au canonnier, qui a franchi avec son cheval par-dessus la balustrade de la barricade. Je saisis son cheval par la bride, en le sommant de descendre mais ma trop grande vivacité me fit perdre l’équilibre et je fus obligé d’abandonner la bride de son cheval, ce qui occasionna que je tombais à terre et sur ma carabine, que j’avais en bandoulière derrière mon dos. Le canonnier piqua des deux et fut arrêté vis-à-vis la rue de la Lune au milieu de la chaussée par les bourgeois. Deux ou trois bourgeois se sauvèrent avec son porte-ordonnance en cuir illisible du côté du Théâtre du gymnase et l’on fit remonter le canonnier à cheval et retourner sur ses pas, en le forçant à crier Vive la charte ! Vive la charte ! et donc le canonnier récidiva plusieurs fois différentes Vive la charte ! en donnant ses mains à tous ceux qui l’environnaient. C’est de là où je les perdis de vue, du moment que nous avons aperçu les gardes royaux qui montaient le boulevard de Bonne-Nouvelle, venant du boulevard Montmartre avec les lanciers qui étaient derrière. Je me trouvais proche de l’escalier du boulevard Bonne-Nouvelle, ledit escalier donnant rue Basse-Saint-Denis, et tout à coup je vis la garde royale qui défendait la barricade qui était faite pour empêcher de passer. Malheureusement pour moi, je me vis couché en joue par un sergent de la garde royale. C’est donc là où je chargeais ma carabine pour faire feu mais je fus obligé de descendre les escaliers sans avoir fait feu et je regagnais la porte Saint-Denis en courant. Je me trouvais avec une assez grande quantité d’hommes armés d’armes à feu et de sabres et qui voulaient marcher sur eux en avant. Je m’étais retiré passage du Bois-de-Boulogne, où j’acceptais un verre de vin que l’on m’a offert et de là je sortis du passage du Bois-de-Boulogne avec quatre hommes armés de fusils, dont la sortie se trouve sur les boulevards et nous nous sommes placés tous les cinq derrière la fontaine de la porte Saint-Denis et nos armes chargées prêts à faire feu. Je laissais mes quatre hommes armés tels que moi en embuscade derrière la fontaine de la pompe de la porte Saint-Denis et la rue. Je fis deux pas en avant et je mis en joue et fis feu sur un lancier, que je blessais de mon coup de carabine, puisqu’il abandonna sa lance et rétrograda sur-le-champ, en remontant le boulevard du côté de la rue Bergère, je présume, ou la rue de la Lune, enfin il disparut tout à coup de mes yeux. Je rentrais à mon poste et je rechargeais ma carabine mais tout à coup un feu précipité de la bourgeoisie força la garde royale à se retirer rue Saint-Denis, dont une majeure partie était placée tenant le coin de la rue Bourbon-Villeneuve et faisait feu sur la porte Saint-Denis. Je me trouvais placé de manière à pouvoir faire feu et à ne rien craindre de leurs coups de fusils puisque j’avais le coin de la pompe qui me masquait et que moi je les avais à découvert sitôt qu’ils se présentaient au coin de la rue Bourbon-Villeneuve. J’avais donc tout avantage à faire feu sur la garde royale et puisqu’ils ne pouvaient point me découvrir et ne pouvaient qu’apercevoir le feu de ma carabine que toutes les fois que je les mettais en joue et que je faisais feu sur eux. Enfin, sur treize cartouches que j’avais, je tirais dix coups de carabine, dont le premier coup fut porté sur un lancier que je blessais, et neuf coups que je tirais sur la garde royale, dont j’en mis quatre hors de combat qui tenaient le coin de la rue Bourbonville (illisible), blessés ou tués c’est ce que je puis assurer, et cependant je les ai vus deux abandonner leurs fusils, moi les ayant mis en joue et lâchant mon coup de carabine sur eux. Je me trouvais toujours placé au même poste, au moment que les cuirassiers chargèrent sur les bourgeois qui faisaient feu du faubourg et de la porte Saint-Denis sur eux et qu’on leur jeta les moellons qui avaient été montés sur la porte Saint-Denis sur leurs têtes afin de les disperser. Mais ne pouvant plus nous sauver, puisque nous étions surpris par les cuirassiers qui nous taillaient à coups de sabre, je reçus un coup au bras gauche et je tombais sous les pieds des chevaux des cuirassiers ; je fus mutilé de la tête et du cou. C’est à la fontaine que j’ai été blessé et que je perdis connaissance et qu’après leur déroute on me releva et que l’on me fit entrer en me portant à l’ambulance, qui était établie sur le boulevard entre la porte Saint-Denis et la porte Saint-Martin, où l’on me pansa le bras et la tête. Revenu à moi et malgré que l’on persista à vouloir me faire rester, je regagnais le faubourg Saint-Martin avec un brave de Juillet qui m’accompagna jusque chez moi, rue de Laborde n° 7, où je restais alité et souffrant encore en ce moment de mes blessures. » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Charles Cavellier, serrurier, demeurant rue de Laborde n° 7, s’est battu aux affaires de juillet 1830 contre les ennemis de la charte et qu’il fut blessé, le 28 à la porte Saint-Denis. » Signé, le 9 septembre 1831 : Humbert, Claude, François, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 11, rue de Laborde ; Boileau, Jean-Claude, marchand ferrailleur, demeurant 131, rue du Faubourg-Saint-Denis, qui ajoutait certifier que Cavellier s’était blessé au bras ; Bruffer, François, horloger, demeurant 73, rue du Faubourg-Saint-Denis. Cavellier demeurait 7, rue de Laborde (autrefois rue Chabrol) en juillet 1830 ; 179, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1831. Archives de Paris VD3 1-2, 1830 Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) (sous le nom de Cavelier) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Cavelier) ; Archives de la préfecture de police AA 376 (sous le nom de Cavellier, Charles et plusieurs pièces sont au nom de Cavalier ou Cavallier) ou Cavallier ? Bizare ce nom de Cavellier… qui se prononcerait donc Cavélier ?

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