Cazaubon, Simon, Prudence
Biographie
Né le 8 août 1784 (mais le 8 avril 1784 dans le Bulletin des lois en 1838 et aussi dans un certificat de bonne vie et mœurs délivré en 1831 in Archives de la préfecture de police AA 376) à Paris. Ancien capitaine d’infanterie, ayant servi au 76e régiment d’infanterie de ligne depuis le 27 mars 1809 jusqu’au 16 août 1814, date de sa mise à la demi-solde. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, propriétaire de la maison sise à Paris, quai de la Cité n° 7, certifie qu’il est à ma connaissance que M. Cazaubon, Simon, Prudence, capitaine d’infanterie, mon locataire, a pris part à la journée du 28 juillet dans les environs de l’Hôtel de ville, lui ayant moi-même, lorsqu’il rentra dans l’après-dîner, ouvert la porte principale de ladite maison, que j’avais fait fermer à clef. J’ai remarqué que cet officier était armé d’un pistolet d’arçon, qu’il tenait à la main un petit sac de toile qui paraissait avoir contenu des cartouches et qu’il rentrait chez lui pour prendre son habit et son chapeau, dont il n’était pas couvert. » Signé, le 1er février 1831 : Vergnon. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, ancien sergent-major au 37e régiment d’infanterie légère, certifie sur l’honneur avoir vu M. le capitaine Cazaubon, que je connaissais depuis 1826 pour avoir fait partie du même régiment que moi, être armé d’une paire de pistolets d’arçon et tenir à la main un petit sac de toile rempli de cartouches, dont il faisait usage contre les troupes envoyées à l’Hôtel de ville, dans les environs et particulièrement dans la rue des Arcis, vers les 2 ou 3 heures de relevée de la journée du 28 juillet 1830. » Signé, à Belleville, le 31 janvier 1831 : Pasquier, demeurant 19, bd des Amandiers. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, commissaire de police de la Ville de Paris, pour le quartier de la Cité (ancien) IXe arrondissement, certifions sur l’attestation et responsabilité personnelle des sieurs Dumont, Alphonse, négociant, demeurant quai de la Cité n° 7, et Vergnon, Pierre, propriétaire de ladite maison, y demeurant, que le sieur Cazaubon, Simon, Prudence, né à Paris, le 8 avril 1784, capitaine d’infanterie, domicilié depuis le 1er décembre 1829, quai de la Cité n° 7, est de bonnes vie et mœurs, qu’il jouit de l’estime et de la considération de tous ses voisins, sous tous les rapports. » Signé, le 10 février 1831 : Fleuriais, commissaire de police. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : Je, soussigné, ex-régisseur du passage de l’ancien Grand-Cerf, rue Saint-Denis n° 235, certifie que M. Cazaubon, capitaine au 37e régiment de ligne, a été chargé par M. le maréchal de camp Montgarde, le 20 novembre 1827, vers 10 heures et demie du soir, de s’emparer militairement dudit passage, qu’il a exécuté cet ordre promptement, sans employer la force ni la violence envers les personnes qui s’y étaient réfugiées ; qu’un des voltigeurs qui faisait partie de son peloton, envoyé par lui à la grille donnant sur la rue Marie-Stuart, reçut en y arrivant une pierre à la cuisse et vint s’en plaindre audit capitaine, en lui demandant s’il fallait faire feu sur les agresseurs, que celui-ci le lui défendit expressément, en lui disant : Cette pierre vous a-t-elle tué ? Et, enfin, qu’il est à ma connaissance que cet officier, par le sang-froid et la fermeté dont il a fait preuve en cette circonstance, a su éviter l’effusion du sang, concilier ses devoirs de militaire et de bon Français, et que sa conduite mérite des éloges. » Signé, le 16 août 1830 : Cellier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IXe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il comparut, le 10 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Monceaux, Louis et savoir « que dans la journée du 29 juillet dernier il est sorti de chez lui pour aller se battre et qu’étant rentré entre 5 et 6 heures du soir, il leur a dit qu’il s’était battu aux Tuileries et avait été blessé ; qu’en effet il leur a montré une blessure faite par une épée et qu’elle lui avait traversé la partie extérieure de la cuisse ; qu’il avait également au pied de la même cuisse une seconde blessure qu’ils ont vue et qui paraissait provenir de la même arme ; qu’il est resté chez lui plusieurs jours sans sortir ni pouvoir vaquer à ses travaux ; qu’il les a repris quelque temps après mais avec beaucoup de difficultés et d’une manière très imparfaite ; qu’enfin il est retombé malade dans les premiers jours du mois d’octobre ; qu’il est décédé le 14 du même mois, sans qu’ils puissent assurer quelle est la cause de son décès ». Il déposa, le 11 septembre 1831, un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IXe arrondissement), adressant la lettre suivante : « La Commission des récompenses nationales m’a présenté à M. le ministre de la Guerre pour reprendre dans l’armée l’activité dont j’ai été privé arbitrairement il y a deux ans et demi. Cette présentation étant restée jusqu’à ce jour sans effet et n’ayant pu parvenir, malgré tous mes efforts, à connaître les véritables motifs du refus que semble faire M. le ministre de rendre la justice qui est due à un militaire qui compte vingt-cinq ans de service, dix-huit ans de grade, dix campagnes et des blessures, permettez que je vous prie de renouveler cette présentation, en la comprenant au nombre des réclamations élevées par les combattants de Juillet dont je me glorifie de faire partie. J’ai l’honneur, etc. » Il joignait à sa demande la copie des pièces qu’il avait fournies à la Commission des récompenses nationales. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1838, alors qu’il était capitaine d’infanterie en non-activité, il lui fut accordé une pension de réforme d’un montant annuel de mille cent quatre-vingts francs. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849 et en 1853. Il demeurait 7, quai de la Cité en 1829-1831 ; 69, rue de Vanves à Plaisance en 1849 ; 91, rue de Vanves à Montrouge en 1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/67 in dossier Monceaux, Louis ; Archives nationales F/1dIII/82, état des personnes résidant dans l’étendue du (ancien) IXe arrondissement de Paris, qui ont obtenu la médaille de Juillet et auxquelles, à l’occasion des trois journées de Juillet, il a été accordé une somme de vingt-cinq francs (sous le nom de Cazambon) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 376 ; Bulletin des lois, IXe série, partie supplémentaire, tome quatorzième, ordonnances, n° 377 à 407, février 1839, p. 678.