Cazenave-Suhit, Louis, Charles, Florentin

Biographie


Né à Tarbes. Voyageur de commerce. Il était de passage à Grandville en août 1830 et contribua à l’arrestation du duc de Polignac. Il sollicita, pour ce fait, la médaille de Juillet, par une lettre en date du 7 décembre 1831, adressée au ministre de l’Intérieur et ainsi rédigée : « Voyageur de commerce pour la maison Thibaud à Paris, rue de la Verrerie, je me trouvai le 15 août à Grandville, logé hôtel des Trois-Couronnes. Le soir, je me rendis au café Stéphany, croyant être mieux éclairé sur les soupçons qui planaient sur la marquise de Saint-Fargeau qui était arrivé à Granville avec un homme soi-disant domestique et qui au lieu de descendre hôtel des Trois-Couronnes, son hôtel habituel, s’était réfugiée dans un petit cabaret près du port. Ce fait me fut confirmé. Alors persuadé que la marquise n’était allée dans ce cabaret que pour se dérober aux regards et que ce domestique, qui n’était pas son domestique ordinaire, ne pouvait être qu’un homme déguisé, je me rendis avec quelques jeunes gens de la ville sur le port, pensant que c’était M. de Polignac. Un d’entre eux s’arma d’un pistolet. Il était environ 11 heures de la nuit. Nous entrâmes dans le cabaret et nous vîmes le personnage, avec la marquise qui était assise auprès d’une table. Nous le sommâmes de nous suivre chez M. le maire pour subir un interrogatoire. A ses réponses équivoques, nous fûmes bien assurés que c’était celui que nous soupçonnions. Comme nous voulions le faire enfermer dans la prison de Granville un capitaine de la garde nationale proposa de le garder chez lui, disant que la prison de Granville n’était pas propre à recevoir un prisonnier. Je passais la nuit devant la maison, montant une espèce de garde. Le lendemain matin à 6 heures, nous lui fîmes subir un second interrogatoire ; et ses réponses étant encore plus équivoques que la veille, nous nommâmes deux commissaires à l’effet de le conduire à la prison de Saint-Lô, chef-lieu du département de la Manche. Ce fut le premier capitaine Cité et un autre capitaine de la garde nationale qui furent chargés de cette mission. Ils le transportèrent à Saint-Lô par la voiture venant d’Avranches vers 7 heures du matin. Tels sont les titres que j’offre pour appuyer ma demande. J’ose espérer, M. le ministre que vous daignerez y prendre intérêt. » Il lui fut répondu que la Croix de Juillet ne pouvait être « décernée qu’aux citoyens qui, dans la révolution de 1830, avaient opposé une résistance active aux actes arbitraires du gouvernement déchu ». Archives nationales F/1dIII/81, dossier Hautes-Pyrénées.

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