César, Louis, Bienvenu
Biographie
Né vers 1796 à Bagnoles (Gard). Distillateur. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Prit, le 28, l’habit de garde national, assista au désarmement des postes de la rue Clovis, de la place Maubert et de la rue des Carmes, où il prit un fusil. Se fit livrer à la rue Saint-Jacques un drapeau tricolore, avec lequel il fut au pont Notre-Dame, où il se battit contre les Suisses puis au pont d’Arcole dans le chantier de pierres, qu’il quitta pour se mettre en embuscade contre les parapets jusqu’à 4 heures. Plus tard, au quai au Blé, où il tua un officier suisse, dont il prit l’épée. Le 29 à 3 heures du matin, il entra à l’Hôtel de ville. Il se rendit de là à 11 heures à l’Archevêché, d’où il fit porter à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement la chasse de saint Colomb. M. César est resté longtemps employé à un service public sous les ordres du général Lafayette. » On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : (le récit est daté du mardi 27 juillet mais il s’agit sans doute du mercredi 28 ; de toute façon l’auteur n’a pas été témoin des faits et ne fait que rapporter) « Un ancien sous-officier des tirailleurs de la vieille garde réunit quarante à cinquante jeunes gens et se dirigea à leur tête, vers les 3 heures du matin, dans le quartier Saint-Honoré. Cette petite troupe, qui se grossissait avec rapidité, était à 7 heures forte de cinq à six cents hommes. Elle enleva les écussons aux armes du roi ou des membres de sa famille ; elle arracha et foula aux pieds les enseignes des fournisseurs brevetés par la cour ; en un mot, elle mit en pièces les lys et autres emblèmes de la royauté. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales ne contient pas de faits nouveaux autres que le fait qu’il arrêta aussi l’incendie à l’archevêché. On trouve dans la mention de Duguet, Philippe, Victor, les indications suivantes concernant César : « Le 28, a fait partie du détachement de M. César au quai de la Cité à 4 heures après-midi ; n’a pas quitté M. César jusqu’à 4 heures du matin, a constamment combattu dans la rue Basse. Vers 9 heures du soir, sont allés jusqu’au milieu du pont d’Arcole avec M. César, sans que l’un ni l’autre allât plus loin. A vu le Suisse tué sur le pont du côté de la Cité, ayant la tête du côté de la Grève. M. César n’avait pas de fusil. Le 29 à Babylone. » On trouve dans la mention de Bienloin, Emile, Adrien, les indications suivantes concernant César : « […] Vers midi, a vu M. César au chantier de pierres, en casquette et habit bourgeois […]. M. César était dans le bateau de charbon. Il y avait à la Grève des Suisses en habits rouges et la garde royale en pantalons gris et en habits. Le lendemain matin, M. César lui a montré sa casquette, percée d’une balle. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 31 décembre 1830, à six voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Dans sa séance du 13 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait l’ajournement de toute décision à son égard sous le motif suivant (sans qu’on sache quelle importance on doit y attacher) : « Soupçonné d’appartenir à la police. A abandonné son établissement à ses créanciers. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Après la publication de la première liste des décorés de la Croix de Juillet – sur laquelle ne figurait pas le nom de César – Condorcet, O’Connor, Daniel (voir ce nom) écrivait à Delannoy, membre de la Commission des récompenses nationales : « […] J’ai vu avec peine qu’un brave distillateur qui a conduit des ouvriers de Saint-Marceau (Cézar) ne fut point indiqué sur la liste […]. » Sur la recommandation de la Commission des récompenses nationales, il fut nommé inspecteur de la salubrité, au traitement annuel de mille cinq cents francs. Il signa (sous le nom de Cezar), le 15 août 1830, le certificat suivant en faveur de Benoist, Antoine, Auguste : « Je certifie que le nommé Benoist, Antoine, Auguste, demeurant rue des Mauvais-Garçons, faubourg Saint-Germain n° 13, s’est battu sous mes ordres à la place de Grève le 28 juillet, où il a reçu une balle dans le bras et une dans la main. » Il signa un certificat en faveur de Bassoy, Louis, Auguste, comme quoi ce dernier avait combattu avec lui et Moisson « le 28 sur le quai faisant face à la Grève et le 29 au Louvre et aux Tuileries » Brunot de Rouvres, dans l’exposé qu’il fit de sa propre conduite, parlait de César en ces termes : « […] [Le 29 juillet, vers 11 heures du soir, Brunot de Rouvres se rendit à l’Hôtel de ville et] fut introduit par M. César auprès de ces officiers généraux, dont il était connu honorablement. Ils lui donnèrent des ordres verbaux qu’il croit avoir bien compris. […] A la grande revue du roi, c’est le même M. César qui y commandait les blessés et qui, l’ayant reconnu ainsi que plusieurs d’entre eux pour avoir été témoin, au milieu du feu, de leurs belles et courageuses conduites, le pria de prendre le commandement de cette troupe si digne d’intérêt et fière d’avoir versé son sang pour la patrie, et vous le savez messieurs, c’est au cri mille fois répétés de Vive le roi des Français ! qu’elle a eu l’honneur de défiler devant Sa Majesté. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 153, rue Saint-Victor (mais 53, rue Saint-Victor in Archives nationales F/1dIII/33 ; bien 153, rue Saint-Victor deux fois in Archives de Paris VK3 33 et in Archives de Paris VK3 34) en 1830-1831. Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 185-186 ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Condorcet, O’Connor, Daniel ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK3 29, séance du 13 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 31 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), idem mention Bienloin, Emile, Adrien en date du 12 février 1831, idem mention Gateau, en date du 12 février 1831, idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants, idem la mention de Duguet, Philippe, Victor ; Archives de Paris VK3 41 dossier Bassoy, Louis, Auguste (sous le nom de Cezar, demeurant rue Saint-Victor) ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Brunot de Rouvres ; Archives de Paris VK3 46 in dossier Herfort, François, Joseph; Archives nationales F/1dIII/33, lettre de la Commission des récompenses nationales, en date du 26 juin 1831, adressée au ministère de l’Intérieur (lettre qui rétabli la présence de Cesard (sic), Louis, Bienvenu sur les listes des décorés), aussi état des personnes désignées par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois dans l’administration, aussi état, en date du 31 mai 1831, des personnes présentées par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois ou commissions à la préfecture de police aussi dossier indemnités et récompenses, envoi du 10 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationale ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/44 in dossier Benoist, Antoine, Auguste.