Chabert, Charles, Claude

Biographie


Coiffeur. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier était ainsi rédigé : « Je, soussigné, locataire dans la maison de M. Marc, sise rue Saint-Honoré, n° 221, certifie que le jeudi 29 juillet dernier à 1 heure de relevée (13 heures, N.D.A.), me trouvant à la porte de la maison, pour la tenir à la disposition de nos braves défenseurs, au moment où ils se disposaient à faire une nouvelle irruption sur le dernier poste des gardes royaux établis en face de la rue de Rohan, Charles, Claude Chabert, coiffeur, alors établi rue Froidmanteau, n° 1, et actuellement rue Saint-Nicolas, n° 36, déboucha du coin de la place, en face de la rue du Lycée et vint s’écrier en gesticulant avec vivacité aux soldats de la Charte Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! Il y a une suspension d’armes ! Ne tirez plus !... Entouré aussitôt par plusieurs des assaillants, l’un d’eux déjà avancé en âge, furieux d’avoir déjà figuré dans une occasion simulée comme cette dernière Attends, attends, dit-il, je vais te donner une suspension d’armes et joignant aussitôt l’action à la menace, il mettait en joue le sieur Chabert, si près de moi que son fusil touchait presque mon épaule. Relever brusquement cette arme et lui dire que je connaissais cet homme, qu’il était mon perruquier fut pour moi l’affaire d’un moment et malgré l’humeur de ce brave furieux, je réussis à l’empêcher de commettre un misérable assassinat sur la personne du sieur Chabert qui, ayant le dos tourné, n’apprit que de moi-même et des voisins le danger qu’il venait de courir, emporté qu’il était par son courage et par le désir d’arrêter l’effusion déjà forte à cette place du sang de nos braves libérateurs. » Signé, le 5 octobre 1830 : Bellaguet (voir Bellaguet, Edme), littérateur. Ce dernier signa un deuxième certificat en sa faveur et ainsi rédigé : « Je, soussigné, locataire dans la maison de M. Marc, rue Saint-Honoré, n° 221, certifie avoir parfaite connaissance que le sieur Charles, Claude Chabert, coiffeur, demeurant alors rue Fromenteau, a contribué pour beaucoup à l’évacuation du Palais-Royal dans la matinée du 29 juillet dernier, par son courage et sa présence d’esprit ainsi que je l’ai déjà certifié ailleurs. Je certifie en outre que pendant que le sieur Chabert donnait dans la rue des preuves de son courage sa femme et lui procuraient aux nombreux blessés de ce quartier des soins et des secours en linge et médicaments, qui leur ont occasionné des dépenses et des pertes au-dessus de leurs moyens. » Signé, le 18 janvier 1831 : Bellaguet, littérateur. Le président de la commission des réparations des dommages suite à la révolution, donnait, le 19 janvier 1831, l’appréciation suivante sur les dommages qu’avait subis Chabert : « Le sieur Chabert, Claude, demeurait à la fin de juillet 1830 rue Fromenteau n° 1. Il a éprouvé quelques dommages, une réclamation a été faite par lui. La commission d’examen du (ancien) Ier arrondissement s’est occupé de cette demande. Elle a cru devoir en réduire le montant mais les renseignements recueillis ont fait connaître que le sieur Chabert avait pris part active aux événements de Juillet, que pendant qu’il se battait, sa boutique avait été la seule de la rue qui eût été ouverte pour recevoir les blessés et que sa femme avait donné des secours à un petit nombre, jusqu’au moment où un compositeur d’imprimerie appelé M. Alexandre Desprez (voir sans doute Desprez, Louis, Auguste ?), blessé très grièvement, avait été porté dans la boutique. A ce moment, la femme Chabert s’est trouvée mal et on l’a transportée elle-même dans la chambre du sieur Pouillot, principal locataire de ladite maison, rue Fromanteau n° 1, attendu que le sieur Chabert n’avait en location qu’une boutique et arrière-boutique, point de chambre au-dessus. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il apostilla la réclamation de Nicolle, qui, non compris sur les listes des décorés parues au Moniteur, réclamait, en date du 11 septembre 1831 dans une lettre adressée au roi, la Croix de Juillet. Nicolle (voir ce nom), demeurant 15, rue Fleurus et Dubeaud, demeurant 13, rue des Martyrs attestèrent que Chabert avait « donné des secours aux blessés du 28 juillet 1830 ». Il demeurait 1, rue Fromanteau en 1830 ; 36, rue Saint-Nicolas-d’Antin en 1831. Archives de Paris VK3 42 ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Nicolle.

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