Chaboussy, Charles

Biographie


Né le 24 septembre 1807 à Angoulême (Charente), petit-fils d’un capitaine sous la république et fils d’un militaire. Cordonnier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il fut en effet blessé, le 24 février, rue Saint-Thomas-du-Louvre, près le Château d’eau. S’il pensait, peu après avoir reçu sa blessure, que cette dernière ne l’empêcherait pas de travailler, il s’aperçut qu’en fait il lui était difficile de retravailler de son état et sollicita une place de garçon de bureau ou de concierge. Dans sa demande, il expliquait ainsi sa participation aux combats de Juillet : « 1830 m’a vu aux barricades. Ensuite j’ai pris du service comme volontaire dans le 5e léger […]. » Sa demande était apostillée par Chanousse, membre de la commission établie pour le (ancien) IIIe ou Ve (illisible) arrondissement pour la distribution de secours provisoires aux combattants blessés dans les journées de Février. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, chirurgien aide-major au 3e bataillon de la IIIe légion, atteste que le nommé Chabouski (sic) a été atteint d’une hernie inguinale du côté gauche à la suite d’efforts qu’il a faits pour transporter à l’hôpital les blessés des journées de Février ; que cette affection le gêne dans l’exercice de son état, qu’il a besoin de porter immédiatement un bandage contentif et qu’enfin le citoyen Chabouski (resic), dont la position est très précaire, mérite qu’on ait égard aux services qu’il a rendus. » Signé, le 20 mars 1848 : Claira... partie du manuscrit brûlée. Il était porteur de plusieurs autres certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, [certifions] que le nommé Chaboussy, Charles, après la reddition du poste du poste du Château d’Eau, a porté les plus grands secours aux blessés en les faisant transporter et en les transportant lui-même à l’hôpital de La Charité, enfin que nous avons été très heureux de le rencontrer dans un moment si difficile, où il y avait tant de malheurs à déplorer. » Signé, le 24 février 1848 : Marcot ; Bourgoin ; Lombard ; Stassart, sans doute tous employés aux écuries de la rue Saint-Thomas-du-Louvre. Le deuxième certificat, signé par des gardes nationaux de la IVe légion : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Chaboussy, Charles, demeurant à Paris, rue Montmartre n° 60, après avoir fait des barricades et s’être battu, est revenu au poste provisoire de la rue Saint-Denis, n° 91, est resté avec nous pendant huit jours consécutifs et nous a été d’une grande utilité, en faisant un service des plus actifs, surtout dans le moment de la plus grande effervescence populaire. » Signé, le 4 mars 1848 : Lefevre-Mahon, fourrier ; Maneval illisible, sergent-major ; Raine, caporal ; Monnier, G., D. capitaine, commandant la compagnie ; Colas, capitaine de la 2e compagnie du 3e bataillon de la IVe légion ; Liegant, sergent. Bruel, le propriétaire de la maison où il était locataire, lui délivra, en date du 24 avril 1848, un certificat comme quoi « locataire dans ses meubles » il s’était toujours très bien comporté. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il demeurait 60, rue Montmartre en 1848 ; à Saint-Louis (province d’Oran en Algérie) en 1848. Archives de la préfecture de police AA 377.

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